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journal de M.Digo

Journal de Maurice Digo (16Z)


Vendredi 16 mars

Reçu le télégramme m'annonçant la naissance d'un fils.
À ma demande de permission, le Colonel répond par un refus. Mais le Commandant Jacquesson ayant fait valoir mon ancienneté, blessures, etc, je crois pouvoir partir quand même.



Lundi 19 mars


Arrivée à Nantes 7 heures matin. L'après-midi Baptême de Maurice à Saint-Donatien.



Jeudi 22 mars


Ma permission expire ce soir. J'ai fait mes musettes à contre-cœur.
Des calculs approximatifs permettent d'envisager que l'offensive dont tout le monde parle avec une rassurante conviction sera déclenchée dans les premiers jours d'avril.
Les chances que j'ai d'y rester laissent peu de poids aux menaces des conseils de guerre. Ayant pris le train comme d'habitude à 9 heures, gare d'Orléans, je l'ai quitté en marche, au pont de la Moutonnerie et suis revenu à la maison.


Dimanche 25 mars


Les inquiétudes exprimées par l'entourage me poussent dehors. Seule l'épouse, que je devine, sous son calme apparent, complètement désespérée, s'abandonne avec moi aux pires éventualités.
Tout de même, ce soir, lâchement, sans une larme, je me suis livré au destin.
Train 9 heures gare d'Orléans. Escaladé les grilles et sauté en marche pour éviter le timbrage à date du contrôle.

Mercredi 28 mars


À travers un paysage monstrueux de camps, de dépôts de munitions, de parcs à matériel, d'artillerie de tout calibre depuis les 75 jusqu'aux formidables tubes d'A.L.G.P.1 repris le chemin des tranchées.
(…)
On me donne quelques tuyaux.
L'offensive doit commencer dans deux ou trois jours sous le commandement du général Nivelle sur le front Soissons-Reims avec la plaine de Laon comme premier objectif. (...)

 

Jeudi 29 mars


(…)
Arrivée vers 8 heures au Bataillon, trempé, boueux, exténué.
Appelé aussitôt au Commandant pour fournir des explications sur la durée de ma permission, je le fixe rudement, dans les yeux et me tais.
Je sais ce qui m'attend, je connais le tarif, mais pour l'instant, tout m'est indifférent et je ne pense plus à rien.
A mon grand étonnement, c'est le vieux qui baisse la tête et semble préoccupé d'autre chose.
Après une sèche et courte semonce, je reçois les instructions nécessaires au report sur les plans destinés aux commandants de compagnie, des instructions et horaires.
Et voici la sanction : Ce travail sera exécuté dans l'ancienne popote des officiers (couverture en tôle ondulée) qui a dû être évacuée depuis qu'elle se trouve sous le feu des minenwerfer allemands.
En attendant l'arrivée des documents, je regagne l'observatoire de Montfaucon, heureux de retrouver les camarades. Tout au long du chemin, on sort des guitounes pour me questionner, mais que dire, je ne sais rien.

 

 

 

 

 

Archives de Nantes - 2017