Introduction

Août 1914

Septembre 1914

Octobre 1914

Novembre 1914

Décembre 1914

janvier 1915

Février 1915

Mars 1915

Avril 1915

Mai 1915

Juin 1915

Juillet 1915

Août 1915

Septembre 1915

Octobre 1915

Novembre 1915

Décembre 1915

Janvier 1916

Février 1916

Mars 1916

Avril 1916

Mai 1916

Juin 1916

Juillet 1916

Août 1916

Septembre 1916

Octobre 1916

Novembre 1916

Décembre 1916

Janvier 1917

Février 1917

Mars 1917

Avril 1917

Mai 1917

Juin 1917

Juillet 1917

Août 1917

Septembre 1917

Octobre 1917

Novembre 1917

Décembre 1917

Janvier 1918

Février 1918

Mars 1918

Avril 1918

Mai 1918

Juin 1918

Juillet 1918

Août 1918

Septembre 1918

Octobre 1918

Novembre 1918

AVRIL 1918

Journal de Maurice Digo (16Z)


Lundi 1er avril


Mauvaise journée. Souffrance et température. Commencement de furonculose. La nourriture composée presqu’uniqment d’omelette sans aucun assaisonnement est agréable et bien préparée, mais les soins sont réduits à la plus simple expression et le linge est sale.
Visite de la comtesse de Bourbon, envoyée par la baronne Cochin. Elle m’attendra demain chez elle. J’accepte.
Une lettre de Nantes m’annonce le départ de Georges pour le Front.

Mercredi 3 avril


Consultation du Docteur Sigau, médecin-chef. Transport d’urgence dans un autre bâtiment plus sale, plus triste où plastronne un jeune bib au verbe haut, champion du themocautère.
Malgré le soin que j’apporte à les lui cacher, il découvre les deux énormes furoncles que je porte aux poignets, puis une quinzaine d’autres sur diverses parties du corps. Le tout est ouvert séance tenante à grands coups de thermo. Giclements de pus, odeur de grillade, désinfection très sommaire et pour finir syncope.

Jeudi 4 avril


Fatigué, fiévreux et la viande en marmelade, je parviens cependant à m’évader de ce couvent-hôpîtal-prison.
A travers les rues tranquilles où je commence à savoir me guider, je vais surprendre mes amis.
Les enfants me font fête. On m’offre de la musique. Et j’abuse, incapable de résister au désir d’épuiser cette joie inespérée.
[…]

Lundi 8 avril


Mauvaises nouvelles de la maison.
Mauvaises nouvelles des copains.
Chardin m’écrit qu’on réforme hâtivement le Régiment.

Mercredi 10 avril


Désigné à 11 heures pour évacuation sur Dépôt de Convalescents.
Départ 16 heures 30. Arrivée à 18 heures 30 à l’Hôpital temporaire n°5 des sœurs de S. Vincent-de-Paul, lit 80 Bourbon-l’Archambault.
[…]

Vendredi 12 avril

[…]
Comme il pleut, je ne suis pas sorti. Assis près de la fenêtre, j’écoute l’averse. Un bouquet de magnifiques acacias étend ses branches jusqu’au bord du toit. Les sœurs glissent sans bruit sur le miroir des parquets.
Je voudrais attendre ici, la fin de la guerre.

Dimanche 14 avril


Après quelques cérémonies, la Supérieure qui est une charmante vieille religieuse, au visage pâle sculpté de rides, m’accorde une permission de la journée.
Départ 7 heures pour Moulins et retour à 18 heures.
[…]

Samedi 20 avril


Je dois être évacué sur Nantes (décision ministérielle). Aucune explication.

Dimanche 21 avril


Départ à 9 heures. Passé la journée à Moulins.
Visité l’église d’Yseures. XIIe . Charmante petite place plantée de vieux arbres.
Train à 17 heures.
Après Sincaise, entassement de réfugiés dans les couloirs.
Nous sommes loin, maintenant des enthousiasmes de 1914. Poussé à hue et à dia errant sur les quais des gares, se cherchant à travers les voies ferrées ce troupeau lamentable de femmes, de gosses et de vieillards, écrasé de fatigue se laisse mener vers l’inconnu, au milieu de l’indifférence générale.

Lundi 22 avril


Arrivée à Nantes 2 heures du matin. Famille à la gare.
J’apprends que mon transfert à Nantes a été réclamé par la baronne Cochin.
Déjeuner à la maison. Entrée à Broussais à 13 heures. Chambre 62, au 1er étage au dessus du bureau des entrées.
Visite médicale à 15 heures.

Mardi 23 avril


Jour de sortie. Après midi rue Bellier.

Mercredi 24 avril


Delphine m’apporte quelques lettre du Front. Au poste de garde, on l’envoie promener, mais comme j’ai vu, par hasard la scène, j’approche de la grille. L’adjudant, furieux sort de sa boite et menace. Comme j’insiste, il place une sentinelle de chaque côté de la grille, avec mission d’éloigner tout le monde à 20 mètres.

Jeudi 25 avril


Sortie

Vendredi 26 avril


L’incident de Mercredi me vaut un avertissement et menace d’arrêt à la prochaine récidive. Les camarades sous-off me tiennent à l’écart et l’infirmier-prêtre qui s’occupe de notre service, me tient en observation.
A la visite, j’ai réclamé une consultation pour les yeux que je sens sérieusement atteints, le geôlier répond que je suis en traitement non pour les yeux, mais pour les voies respiratoires.
Ce type me devient décidément insupportable. A toute heure de la journée, il entre dans ma chambre sous le moindre prétexte, me questionne, jette un œil indiscret sur mes papiers et mes lectures. Je ne pourrai jamais tenir le coup dans cette boîte-là.

Dimanche 28 avril


Sortie. Le père me propose un transfert dans la section « blessés des yeux », que dirige Mme Bellamy, épouse du Maire. J’accepte avec empressement.

Archives de Nantes - 2018