Introduction

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Février 1916

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AVRIL 1918

journal de M.Digo / journal de M.Bougouin

Journal de Maurice Digo (16Z)


Lundi 1er avril


Mauvaise journée. Souffrance et température. Commencement de furonculose. La nourriture composée presqu’uniqment d’omelette sans aucun assaisonnement est agréable et bien préparée, mais les soins sont réduits à la plus simple expression et le linge est sale.
Visite de la comtesse de Bourbon, envoyée par la baronne Cochin. Elle m’attendra demain chez elle. J’accepte.
Une lettre de Nantes m’annonce le départ de Georges pour le Front.

Mercredi 3 avril


Consultation du Docteur Sigau, médecin-chef. Transport d’urgence dans un autre bâtiment plus sale, plus triste où plastronne un jeune bib au verbe haut, champion du themocautère.
Malgré le soin que j’apporte à les lui cacher, il découvre les deux énormes furoncles que je porte aux poignets, puis une quinzaine d’autres sur diverses parties du corps. Le tout est ouvert séance tenante à grands coups de thermo. Giclements de pus, odeur de grillade, désinfection très sommaire et pour finir syncope.

Jeudi 4 avril


Fatigué, fiévreux et la viande en marmelade, je parviens cependant à m’évader de ce couvent-hôpîtal-prison.
A travers les rues tranquilles où je commence à savoir me guider, je vais surprendre mes amis.
Les enfants me font fête. On m’offre de la musique. Et j’abuse, incapable de résister au désir d’épuiser cette joie inespérée.
[…]

Lundi 8 avril


Mauvaises nouvelles de la maison.
Mauvaises nouvelles des copains.
Chardin m’écrit qu’on réforme hâtivement le Régiment.

Mercredi 10 avril


Désigné à 11 heures pour évacuation sur Dépôt de Convalescents.
Départ 16 heures 30. Arrivée à 18 heures 30 à l’Hôpital temporaire n°5 des sœurs de S. Vincent-de-Paul, lit 80 Bourbon-l’Archambault.
[…]

Vendredi 12 avril

[…]
Comme il pleut, je ne suis pas sorti. Assis près de la fenêtre, j’écoute l’averse. Un bouquet de magnifiques acacias étend ses branches jusqu’au bord du toit. Les sœurs glissent sans bruit sur le miroir des parquets.
Je voudrais attendre ici, la fin de la guerre.

Dimanche 14 avril


Après quelques cérémonies, la Supérieure qui est une charmante vieille religieuse, au visage pâle sculpté de rides, m’accorde une permission de la journée.
Départ 7 heures pour Moulins et retour à 18 heures.
[…]

Samedi 20 avril


Je dois être évacué sur Nantes (décision ministérielle). Aucune explication.

Dimanche 21 avril


Départ à 9 heures. Passé la journée à Moulins.
Visité l’église d’Yseures. XIIe . Charmante petite place plantée de vieux arbres.
Train à 17 heures.
Après Sincaise, entassement de réfugiés dans les couloirs.
Nous sommes loin, maintenant des enthousiasmes de 1914. Poussé à hue et à dia errant sur les quais des gares, se cherchant à travers les voies ferrées ce troupeau lamentable de femmes, de gosses et de vieillards, écrasé de fatigue se laisse mener vers l’inconnu, au milieu de l’indifférence générale.

Lundi 22 avril


Arrivée à Nantes 2 heures du matin. Famille à la gare.
J’apprends que mon transfert à Nantes a été réclamé par la baronne Cochin.
Déjeuner à la maison. Entrée à Broussais à 13 heures. Chambre 62, au 1er étage au dessus du bureau des entrées.
Visite médicale à 15 heures.

Mardi 23 avril


Jour de sortie. Après midi rue Bellier.

Mercredi 24 avril


Delphine m’apporte quelques lettre du Front. Au poste de garde, on l’envoie promener, mais comme j’ai vu, par hasard la scène, j’approche de la grille. L’adjudant, furieux sort de sa boite et menace. Comme j’insiste, il place une sentinelle de chaque côté de la grille, avec mission d’éloigner tout le monde à 20 mètres.

Jeudi 25 avril


Sortie

Vendredi 26 avril


L’incident de Mercredi me vaut un avertissement et menace d’arrêt à la prochaine récidive. Les camarades sous-off me tiennent à l’écart et l’infirmier-prêtre qui s’occupe de notre service, me tient en observation.
A la visite, j’ai réclamé une consultation pour les yeux que je sens sérieusement atteints, le geôlier répond que je suis en traitement non pour les yeux, mais pour les voies respiratoires.
Ce type me devient décidément insupportable. A toute heure de la journée, il entre dans ma chambre sous le moindre prétexte, me questionne, jette un œil indiscret sur mes papiers et mes lectures. Je ne pourrai jamais tenir le coup dans cette boîte-là.

Dimanche 28 avril


Sortie. Le père me propose un transfert dans la section « blessés des yeux », que dirige Mme Bellamy, épouse du Maire. J’accepte avec empressement.

Journal de Marie Bougouin


3 avril

L’offensive est toujours violente. Les alliés ont arrêté les Allemands qui avaient la promesse d’Hindenburg d’entrer à Paris le 2 avril. Les efforts ennemis pour prendre Amiens ont échoué jusqu’à ce jour. Mais on parle d’une nouvelle ruée allemande.
Le canon tire chaque jour sur Paris. Les Gothas ne peuvent plus venir jusque là, arrêtés qu’ils sont par nos tirs de barrage.

Nantes est envahi par ceux qui fuient Paris et les régions bombardées. Père a offert Ker Imper à Mme Odent et Geneviève a télégraphié aux Dury qu’en cas d’évacuation de Senlis, elles pourraient venir. Mais nous avons beau chercher, nous ne trouvons aucun logement meublé disponible et serons probablement obligés de les emmener au Pouligen.

Un tout petit mot de Paul ce soir. Il se dit très bien, demande des nouvelles à sa famille et n’a rien reçu depuis 12 jours qu’il a quitté Geneviève et les petits. C’est mal écrit au crayon, comme aux jours les plus terribles de la guerre.


9 avril

La première vraie lettre de Paul depuis le 24 mars (ce n’était que de courtes cartes) vient d’arriver.
Elle est datée du 4 avril et dit ceci : « Si mes lettres ont été si courtes et si rares, la faute en est aux évènements particulièrement graves qui viennent de se dérouler. Il faut s'attendre encore à d'autres attaques, mais je crois qu'on peut affirmer à l'heure actuelle que les Boches ont manqué leur coup. S'ils avaient eu un peu plus de culot, les choses pouvaient mal tourner pour nous, mais ils en ont totalement manqué. Quand nous sommes arrivés ici, ils avançaient très vite et nous nous attendions à voir leur cavalerie déboucher ce qui n'eu pas été rigolo. Ils n'ont pas osé la lâcher et ils ont par ce fait perdu la partie. Maintenant, s'ils attaquent à nouveau, ils trouveront à qui parler… Je suis là où j'ai rejoint le colonel Du Peury lorsque j'ai été affecté à son armée. (Moreuil croyons-nous. Or Moreuil a été pris, perdu puis repris. Les Anglo-Français se sont battu dans Moreuil-même). Le pauvre colonel vient d'être tué à la tête de son bataillon au Plémont au cours d'une contre-attaque très brillante. Ce devait arriver, il était trop brave.

Mademoiselle D'Arvang a été une des victimes du bombardement de l'église Saint-Gervais le vendredi Saint. Sa mère avait déjà perdu un fils par accident dès avant la guerre, deux autres sont tombés au champ d'honneur.


14 avril

Madame Odent accepte l'hospitalité que Père lui offre à Ker Imper.

 

 

Archives de Nantes - 2018