Introduction

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AOÛT 1918

journal de M.Digo / journal de M.Bougouin / rapport des écoles

Journal de Maurice Digo (16Z)


Vendredi 2 août


Messe matinale en souvenir des mes amis Bertrand et Chardin.
L’après-midi on distribue le courrier bloqué depuis 12 jours. Plusieurs lettres de la Maison, mais aucune d’André. Je suis très inquiet.

Samedi 3 août


(…)
Une lettre de l’Epouse m’annonce qu’André, disparu depuis le 22 juillet a dû (d’après les renseignements reçus) être fait prisonnier.
Maintenant, je n’ai plus aucun espoir. Les disparus de la dernière offensive ne sont pas prisonniers.
(…)

Samedi 10 août


Départ à 11 heures. Étape de 27 kilomètres. (…)
Pendant quelques minutes, un avion survole la colonne. Émotion. N’ayant sans doute rien à lâcher, il se contente de prendre note.
Arrivé au crépuscule à Lérouville (carrières remarquables).
Passage de la Meuse, Pont-sur-Meuse. Cantonnement à Boncourt 21 heures. Fatigue.

Lundi 12 août


Réveil en sursaut par les vociférations du Colonel. On s’empresse de déguerpir.
L’Observatoire : P.O. PERCHOIR est constitué par une plate forme qui se balance sur les hautes branches d’un arbre, à 20 mètres au dessus du sol.
On y accède par une succession d’échelles dont l’amarrage laisse à désirer. Etude du secteur.
Première constatation : La Position de soutien, placée sous la surveillance spéciale du P.O. PERCHOIR est totalement invisible.
Mais le panorama est magnifique et la solitude au milieu de cet océan de verdure, propice à l’évocation des souvenirs.
Je pense à mon frère André, mon meilleur ami, que je ne reverrai plus.
Il avait fait ses débuts ici même sous les ordres d’un adjudant féroce qui l’obligeait à tirer dans un disque de la voie ferrée près des Paroches. Les sentinelles allemandes excitées demandaient le barrage et quand les premières rafales bousculaient les parapets, l’adjudant filait vers son abri, très fier d’avoir trouvé le moyen de dresser la bleusaille en secteur calme.
Je me souviens des premières lettres, donnant, au mépris des règlements divers renseignements sur la vie en 1ère ligne. (…)
Je fixe ce disque rouge, au loin, et l’un après l’autre tous les détails du paysage. Une douleur cruelle et sans espoir est tout ce qui me reste d’une si précieuse amitié PERDUE PERDUE PERDUE
A 22 heures, je suis toujours là. On m’appelle au Colonel.
Un télégramme vient confirmer cette certitude que j’avais déjà.

Mercredi 13 août


On me signe la permission de deuil.

Vendredi 16 août


Arrivée à Nantes 7 heures
Georges arrive par le train suivant.

Mercredi 21 août


Départ 21 heures 30.

Mardi 27 août


Toute la journée, seul au PERCHOIR. Croquis panoramique.

Samedi 31 août

Relève.
Départ à midi 30 par forêt des Koeurs, route de Courcelles, puis à travers champs, par maison Poincaré, Sampigny. Arrivée 16 heures à Mécrin.
A 18 heures, relève de l’équipe Ie /156. Sergent Turpin.
Le secteur du Bataillon possède 3 observatoires, situés aux sommets d’un triangle équilatéral de 4 km de côté.
(…)
En cas d’attaque ou de bombardement, chaque équipe (sacrifiée, dans l’esprit du Commandement) doit s’organiser en Petit Poste et défendre son Point d’appui. Le sergent observateur assure la liaison et transmission des renseignements.

Journal de Marie Bougouin


12 août

Le petit François Péquin est né le 3, un samedi à 17h. Geneviève a supporté l'arrivée de ce troisième enfant aussi bien que celles des deux aînés. Nous avions l'espoir, presque la certitude que Paul prévenu par le lieutenant de vaisseau Cayle qui devait lui téléphoner la nouvelle du Ministère, viendrait assister au baptême.

Mais notre offensive (admirablement réussie) de la Somme l'a empêché de réaliser ce doux projet et nous ne savons quand il connaîtra ce nouveau-né. Aujourd'hui, comme chaque jour depuis le commencement de cette offensive, les nouvelles du front sont excellentes. Les allemands sont menacés d'une catastrophe. Nous avons fait 35 000 prisonniers et pris 500 canons en trois jours. Le moral de nos soldats est magnifique. Les permissionnaires repartent en chantant et dire de ceux du front qui « volent » - disait l'un deux et ne s'arrêterait plus s'ils n'avaient des bois devant eux.

Une dépêche de Cugand arrive ce soir chez Geneviève disant ceci : « Recevons nouvelles rassurantes. Jean ». Nous attendons une lettre donnant quelques détails.


24 août

Paul Péquin est enfin arrivé causant à tous une vraie surprise. Mais il est réellement fatigué par le manque de sommeil et une vraie grippe accompagnée de fièvre.

L'offensive commencée le 18 juillet se déploie sans interruption et avec grand succès. Nos troupes réunies fraternellement aux troupes américaines avancent avec un entrain merveilleux.



 

 

Archives de Nantes - 2018