UNE FAMILLE ILLUSTRE : LES GODARD


La ville de Nantes a eu l’occasion d’accueillir de nombreux aéronautes plus réputés et talentueux les uns que les autres, tout au long du XIXe siècle ainsi qu’au début du XXe siècle, lorsque ce sport connaissait une forte popularité. Parmi tous ces grands noms en figurent un qui a sans aucun conteste marqué l’histoire de l’aérostation. Il s’agit de la célèbre famille Godard, dont la passion de l’aérostation s’est transmise de génération en génération pour le plus grand bonheur des villes et de leurs concitoyens. Nantes a eu la chance de faire partie des villes les plus sollicitées par ces illustres aéronautes, comme le prouve la très grande quantité de demandes de projets d’ascensions qu’ont pu recevoir les différents maires au cours de cette époque. En effet, durant une soixante d’années, aussi bien les parents que leurs fils mais également les femmes de la famille, ont proposé à plusieurs reprises leurs services à cette ville, profitant de n’importe quelle occasion festive pour exposer leurs talents aux yeux du public.

Dès les années 1850, on recense déjà des demandes émanant de cette famille. Ainsi, l’un des trois frères de la première génération, Eugène Godard (1827-1890), le plus éminent membre de la famille, a souhaité dès le début de sa carrière venir exécuter des ascensions à Nantes afin de se faire un nom et d’afficher l’étendue de ses talents. Il a notamment souhaité participer à la fête dédiée à l’Empereur Napoléon III lors de son passage à Nantes en 1858, mettant alors à contribution ses plus belles constructions. Dès l’année suivante, on peut constater que sa renommée est telle, qu’il a sa disposition un véritable équipement aérostatique à la fois varié et de belle qualité. Il ne mettra pas beaucoup de temps avant d’être reconnu par la France puis par l’étranger, en construisant des ballons et en exécutant des ascensions au-dessus de Paris se construisant ainsi une réputation universelle. C’est justement après la guerre qu’il décide de s’installer à Nantes avec son fils, cette ville étant l’une des seules en France à présenter l’avantage d’avoir une alimentation en gaz et des terrains suffisamment vastes pour effectuer des ascensions. Si aujourd’hui le nom de Godard ne nous est plus tellement familier, il peut toutefois arriver de l’entendre dans une vieille expression populaire désignant alors un ballon aérostatique, dont l’origine n’est pas bien difficile à trouver étant donné la très grande renommée de cette dynastie aérostatique au XIXe siècle.


D’autre part un des écrivains les plus fameux de l’époque, n’a pas hésité à lui consacrer quelques lignes pour vanter à juste titre la hauteur de ses talents. Ainsi, Jules Verne écrit en 1874 à propos de Eugène Godard père : « Une promenade aérienne et même un long voyage aérostatique n’offrent jamais de danger sous la direction d’Eugène Godard. Hardi, expérimenté, il sait où il va, il sait où il descendra, il choisit avec une perspicacité merveilleuse son lieu d’atterrissage. Avec ces garanties, un voyage aérien offre toute sécurité ; ce n’est plus un voyage, c’est quelque chose comme un rêve, mais un rêve toujours trop court ».


Son nom a également été mis en avant grâce à son action au sein des Grands Ateliers aérostatiques de Paris, établis sous la gare d’Orléans (aujourd’hui connue comme le Musée d’Orsay). Ses frères Louis (1839-1855) et Alfred (1838-1885) ont ensuite pris la relève, tout comme leurs enfants. Ils ont ainsi tous perpétué la tradition familiale, en réalisant notamment chacun des ascensions au-dessus de Paris. La renommée de leur nom leur permet de jouir d’une confiance venant de toutes les autorités ou autres sociétés requérant leurs services en matière aérostatique, ce qui leur a permis de vendre leurs ballons à travers le monde. A en croire leur propre publicité , leur maison fondée dès 1847, est considérée comme la plus importante et la plus connue dans le monde entier.

D’autre part, les hommes de cette illustre famille ne sont pas les seuls à prendre part à cette frénésie aérostatique, puisque la veuve Godard elle aussi, a réalisé des ascensions, notamment une à Nantes en 1880 comme en témoigne cette lettre adressée au maire. Elle s’est également illustrée en reprenant l’entreprise des Grands Ateliers Aérostatiques de Vaugirard fondée en 1875 par l’un des plus célèbres aéronautes de l’époque, Henri Lachambre. Ainsi, le maire de Nantes eut l’opportunité de recevoir des demandes faites par l’ensemble des frères de la famille Godard, aussi bien d’Eugène père, de Louis Godard, que d’Alfred, et ce parfois au cours de la même année.

Comme on peut en juger, toute la famille a su mettre en avant ses talents aérostatiques et ce dès 1847, avec la première ascension libre effectuée par les Frères Louis et Eugène Godard dans un élégant ballon montgolfière, dont l’enveloppe était garnie de rubans et de ficelles. Obtenant rapidement une réputation qui allait s’accroître à l’image de leurs succès répétés, ils exécutèrent une bonne centaine d’ascensions à l’Hippodrome de Paris ainsi qu’aux Arènes Nationales et des milliers d’autres un peu partout en Europe, emmenant avec eux de nombreux voyageurs des années 1850 à 1868 ; entre temps, ils rendirent service à l’armée française notamment lors de la Campagne d’Italie, grâce à leurs ballons observatoires.

Parmi les constructions aérostatiques les plus prestigieuses, on peut évoquer le ballon «Le Géant » en soie double, fabriqué par Louis Godard père en 1863, mesurant 6000 mètres cube, une taille particulièrement importante pour l’époque, avec lequel son créateur effectua de nombreux voyages, mais qui souleva également des personnalités tel Nadar en 1858 ; sans oublier la très grande montgolfière de 14000 mètres cube surnommée «L’Aigle», construite elle par l’éminent Eugène Godard père en 1870. D’autre part, la famille Godard se révéla très utile lors du siège de Paris en 1870, procurant alors à la capitale pas moins de 70 ballons ( de 1200 à 2000 mètres cube coûtant entre 3500 et 4000 francs) pour la sortie des représentants et des membres du gouvernement ainsi que pour la poste aérienne, contribuant alors à n’en pas douter à la vague de popularité sans précédent qui suivi cet évènement majeur de l’histoire de France.

 


La seconde génération Godard ne fut pas moins éminente que la première, bien au contraire. Louis Godard fils a su lui aussi se distinguer et faire honneur au nom prestigieux qu’il portait, en réalisant des prestations aérostatiques mémorables. Lors de sa période d’activité aérostatique, il se démarqua à de nombreuses reprises en établissant plusieurs records. Ainsi, lors d’un premier bilan de sa carrière en 1900, on peut notamment recenser parmi les 652 ascensions libres qu’il a effectué depuis 1869, le record français d’altitude ayant atteint 8558 mètres de haut le 23 septembre 1900 avec le « Saint Louis », mais encore le record du nombre de voyageurs emmenés à bord lors d’une seule et même ascension en 1889 avec 20 personnes soulevées ; il se distingua également les 19 et 20 octobre 1897 en établissant pas moins de deux records, dont celui du plus grand nombre de kilomètres parcourus à savoir 1665 et de la plus longue durée en heures sans arrêt avec 24 heures et 15 minutes ; et enfin il réussit à décrocher le record du plus grand nombre de jours d’un ballon gonflé, soit 208 jours en 1898. Au-delà de ses records, il s’est démarqué également de ses confères aéronautes en enlevant avec lui de 1869 à 1900 pas moins de 1400 personnes, dont la très célèbre Mme Sarah Bernhardt et en effectuant 652 ascensions libres, permettant à la famille Godard de totaliser un ensemble de plus de 5500 ascensions libres de 1849 à 1900. Par ailleurs, Louis Godard fils s’est également illustré en traversant 12 frontières lors de son voyage aérien du 9 et 10 octobre 1900 avec son ballon « Saint Louis », après avoir été récompensé de 11 titres dans les divers concours aérostatique de l’Exposition de 1900 pour la durée, l’altitude et la distance. C’est lors de cette même année qu’il resta dans les airs durant 27 heures et 20 minutes, montant alors à une altitude de 10500 mètres avec son ballon « Preussen ».


Connu comme l’un des plus grands fabricants de ballons à cette époque, il profita de la très grande popularité que connurent les ballons-captifs suite à l’exploit d’Henri Giffard, pour les vendre un peu partout dans le monde comme à Rome, Barcelone, Mexico, Buenos-Aires, Chicago, Copenhague, etc. Cet audacieux aéronaute a également tenu lors de sa très grande carrière à se servir du prestige de son nom pour encourager le développement de la navigation aérienne, afin de rendre son sport plus populaire et plus accessible. Pour sensibiliser la population de manière plus effective et pour rendre hommage au talent de ses confrères aéronautes, il n’hésita pas à créer une Fondation d’un Grand Prix Municipal Aéronautique pour la manifestation annuelle de Paris, tout comme il fut l’auteur du projet Aéro-Transatlantique pour la traversée de l’Océan de NEW York en Europe, à bord d’un aérostat de 11000 mètres carré pour un équipage de 10 personnes afin d’effectuer environ 7500 kilomètres ; ces deux événements avaient été conçus dans le but de donner plus de résonnance à ce sport qu’il chérissait tant.


Dans son catalogue de 1902 vantant les compétences des Grands Ateliers Aérostatiques de Paris qu’il dirige, le capitaine Louis Godard expose outre les grandes ascensions et travaux aérostatiques jalonnant sa carrière, les nombreux honneurs qui lui ont été attribués. Ainsi, il a notamment été désigné comme Officier du Mérite Militaire d’Espagne, il a obtenu la Médaille d’or du Lion décernée par S. M. le Schah de Perse en 1889 ; il était également membre, Officier d’honneur et fondateur de plusieurs Sociétés d’Aérostation, de sauvetages et Scientifiques, fondateur et ancien Président-Directeur des Ecoles d’Aérostation, telle que « La Française » et « l’Ecole Française de Navigation Aérienne ». D’autre part, en raison de la réputation universelle de son nom et grâce à ses nombreux succès et titres, son entreprise a pu disposer d’un équipement à la fois varié et complet, permettant ainsi de satisfaire toutes les demandes.


 

Eugène Godard fils, né en 1864, fit lui aussi honneur à ce nom illustre en accomplissant de nombreuses et mémorables ascensions qui marquèrent longtemps l’histoire de l’aérostation. Les nombreuses ascensions qu’il eut plaisir à exécuter, que se soit d’abord avec son père ou plus tard en solitaire, furent toutes saluées pour leur très grande qualité. Cet aéronaute fit honneur à son audacieuse famille en choisissant, après avoir terminé ses études qu’il effectua à Nantes de 1787 à 1883, de perdurer la tradition familiale dans l’aéronautique. Ainsi, il effectua sa première ascension lors d’une Exposition en 1867 au côté de son père, avant de suivre l’exploitation du grand ballon captif construit par Henri Giffard. De par ses talents innés et sa très grande passion pour ce sport, les résultats ne mirent pas longtemps à se faire connaître, lui permettant alors très vite de réaliser des ascensions dans toutes les plus grandes capitales de l’Europe mais également à travers le monde, le rendant ainsi célèbre dans trois des cinq continents et ce, avant 1880. Il s’est par la suite illustré en exécutant divers envols lors de grandes manifestations festives, telles l’Exposition de Barcelone de 1888 où il effectua pas moins de 1742 ascensions, emmenant à son bord 21000 personnes au total.


Par la qualité indéniable de ses ascensions, cet aéronaute fut très apprécié dans tous les pays, comme le prouve le recensement des ses différents envols exécutés entre autre à Anvers, Alexandrie, Bruxelles, Copenhague, Le Caire, Havre, Lisbonne, Barcelone, Philippopoli, Vichy, Vienne… Ainsi, cet homme représentait un vrai phénomène à lui seul, sollicité de toute part, c’est pourquoi Nantes peut s’estimer honorée d’avoir pu bénéficier de ses services ainsi que de ceux de ses ancêtres à de nombreuses reprises, comme par exemple lors de son ascension datée du 22 avril 1888, et relatée dans un article du 24 avril 1888 par le journal Le Phare de la Loire. Eugène Godard fils a mené ce jour-là une expédition aérienne à bord de son ballon « Le Nouveau Monde », mesurant 1200 mètres cube et capable de transporter jusqu’à quatre personnes. Pour cette occasion le célèbre et jeune aéronaute, âgé seulement de 25 ans, fit vivre une expérience inoubliable à son compagnon du jour, un étudiant en médecine du nom de William Frogier. Même si déjà en 1888, le public ne montrait plus un aussi grand enthousiasme à l’idée d’assister à une ascension, le seul nom de Godard et sa très grande réputation fit venir près de 6000 personnes Place de la République, lieu où se déroula l’ascension.


Même si aucun incident ne fut à déplorer, le gonflement ne se fit pourtant pas sans difficultés, le ballon n’ayant put être gonflé qu’aux deux tiers en raison de la distance séparant l’usine à gaz du lieu de l’ascension. D’autre part, un vent assez fort compliqua les manoeuvres, nécessitant l’assistance d’une vingtaine d’hommes afin de maintenir l’aérostat au sol. Eugène Godard, soucieux de montrer à tous son grand professionnalisme malgré son jeune âge, supervisa toutes les opérations. Avec une heure de retard due aux différentes complications, l’aéronaute put enfin lancer le départ de son ballon à 6h. Celui-ci s’éleva majestueusement, presque à la verticale, avant d’être vite emporté par le vent en direction de Nort. L’espace de quelques minutes, les deux passagers purent profiter d’un magnifique panorama donnant sur la Loire, avant de s’élever très rapidement jusqu’à une hauteur de 2500 mètres, où pris dans les nuages, ils ne purent plus rien distinguer. En raison des mauvaises conditions météorologiques, ils subirent un froid particulièrement éprouvant, de l’ordre de -14° à 3800 mètres d’altitude ; leurs vêtements et leurs instruments commencèrent même à être recouverts par la neige, les privant de toutes études scientifiques. Tétanisés par le froid, ils étaient bien incapables de toute façon d’effectuer le moindre mouvement. A 6h45, ne pouvant plus supporter ces intempéries, ils décidèrent alors d’abréger leur expédition ; ils se posèrent dans un pré du Buffé dans le nord-est de Nozay vers 7h30, après avoir supporté quelques rebonds de l’aérostat.

Ce jour-là, ils parcoururent l’équivalent de 45 kilomètres en 1 heure et 30 minutes, et subirent une différence de température de 34° ! Si les deux aéronautes connurent alors un voyage peu agréable, celui-ci n’en resta pas moins mémorable et unique. Eugène Godard, pourtant aéronaute expérimenté, avoua n’avoir jamais connu une ascension aussi éprouvante ; son acolyte du jour William Frogier, fut quant à lui particulièrement satisfait d’avoir prit part à un tel évènement dans la vie du célèbre aéronaute, comme en témoigne ses impressions laissées dans l’article du 26 avril 1888 dans le journal Le Phare de la Loire.

Eugène Godard fils fut considéré comme un prestigieux aéronaute, c’est d’ailleurs pourquoi il a été sollicité par les plus grandes éminences de l’époque ; le Président de la République française lui a notamment fait l’honneur d’être l’un des invités de marque lors d’une expédition aérienne plutôt mouvementée à Besançon ; Eugène Godard eut le privilège d’être choisi par les illustres personnages de la Principauté de Bulgarie qui prirent part à l’une de ses 25 ascensions lors de l’Exposition de Philippopoli en 1892. Son prestige et ses talents étaient tels, qu’il n’attendut pas longtemps avant de connaître ses premières récompenses, comme le « Diplôme d’Honneur » ou encore la « « Croix d’Officier de Saint-Alexandre » remise en main propre par le Prince Ferdinand lui-même. D’autre part, il reçut également le titre honorifique de « Chevalier de Medjidieh » de la part de Son Altesse le Khédive en 1895 au Caire, lors d’une ascension privée couronnée de succès, qui lui a notamment permis d’être le premier aéronaute à pénétrer dans un palais oriental.


D’autre part, Eugène Godard fut l’une des figures majeures prenant part au bon fonctionnement de la célèbre maison de l’Aérostation Civile et militaire fondée en 1847, dont l’excellente réputation leur a permis d’obtenir pas moins de 15 médailles et de nombreux diplômes jusque dans les années 1900. Ses différentes constructions étaient alors recommandées par tous et même admirées dans le monde entier ; Godard a su perfectionner son matériel au point que tout le monde reconnut la supériorité de son matériel, allié au bon goût ainsi qu’à la sécurité et à la confortabilité qu’il offrait, ne permettant alors aucune concurrence possible. Bénéficiant d’un équipement à la pointe de la technologie, tels que des feux d‘artifices mais également des dispositifs pyrotechniques, Eugène Godard pouvait mettre en lumière tous ses talents pour le plus grand enchantement de la population, expliquant lui-même qu’il rencontrait à chaque fois un succès considérable. Cette maison a pu ainsi totaliser jusqu’en 1902 plus de 20000 ascensions libres, ainsi que plus de 3500 voyageurs soulevés. Elle a également obtenue la plus haute récompense envisageable à l’époque, à savoir la médaille d’or à Paris en 1889. De même, on recense parmi les très nombreuses expériences effectuées par cette maison, celle de l’Exposition Universelle du Trocadéro en 1889, qui s’est distinguée de toutes les précédentes en étant la seule à offrir une ascension libre avec 20 voyageurs à son bord et ce, après 160 jours consécutifs de gonflement. La sécurité et la qualité des équipements, alliées au talent incontestable de Godard, firent de lui l’un des aéronautes les plus populaires et les prestigieux de l’ère aérostatique.


Considérant la reconnaissance internationale de leur talent et l’universalité de leur nom, la famille Godard a véritablement laissé son empreinte dans l’histoire de l’aérostation. C’est pourquoi Nantes peut s’enorgueillir d’avoir été l’une des villes les plus sollicitées par cette éminente famille, qui bien que précédée d’une réputation internationale après avoir effectué ses plus grandes expériences un peu partout dans le monde, n’a pour autant jamais renoncé à venir exécuter des ascensions dans cette ville. Comme en témoigne le nombre impressionnant d’honneurs qu’il leur a été remis, chacune de leurs apparitions qu’elle soit du fait de la première génération ou de la suivante, n’a laissé personne indifférent, et surtout pas la ville de Nantes qui a toujours été émerveillée à chacune de leurs manifestations.



SOURCES


I1C48 dossier 4
Lettre du 27 avril 1888 d’Eugène Godard au maire de Nantes
Lettre du 13 juillet 1858
Lettre de Fanny Godard en 1880
Lettre du 1er avril 1887
Lettre du 6 juin 1887


I1C48 Dossier 5
Gravure d’une montgolfière de Godard
Catalogue de Godard
Publicité tarifaire de Godard de 1903
Dépliant de Godard


22 PRES68
PHARE DE LA LOIRE
ARTICLE DU 24 AVRIL 1888
L’ASCENSION AEROSTATIQUE D’HIER
Comme nous l’avions annoncé le 1er parmi nos confrères de Nantes, l’ascension du ballon Le Nouveau Monde, monté par M. Eugène Godard, fils du célèbre aéronaute de ce nom, a eu lieu hier, dans l’après-midi, sur la place de la République. Un de nos jeunes concitoyens M. William Frogier, avait pris place dans la nacelle aux côtés de M. Godard.
Les ascensions sont aujourd’hui si fréquentes qu’elles ne passionnent plus guère ; mais elles intéressent toujours très vivement. Aussi dès le gonflement de l’aérostat, une affluence de curieux assez considérable n’a-t-elle cessé de se renouveler sur la place de la République. Cette foule qui a suivi avec attention toutes les manoeuvres du gonflement n’a fait que grossir jusqu’au dernier moment. Nous évaluons à 6000 personnes au moins, le nombre de ceux qui ont salué de leurs vivats le départ de l’aéronaute.
Pendant tout le gonflement, la place de la République a été très animée, et les cafés alentours ont fait de bonnes recettes. Sur la place s’étaient installés quelques bimbelotiers et un manège de chevaux de bois ; les premier sont beaucoup vendu et les seconds beaucoup tournés.
Aucun incident ne s’est produit durant l’opération. 20 hommes du 65e de ligne tenaient les cordes. M. Godard, qui n’a que 25 ans, surveillait tous les détails de l’ascension, étant partout à la fois. La capacité du Nouveau Monde est de 1200 mètres cube et la nacelle est destinée à recevoir 4 personnes.
L’éloignement de l’usine à gaz du lieu où l’ascension se donnait, eut pour effet de retarder l’heure où les dernières cordes ont pu être coupées ; le gaz n’arrivant dans l’énorme sphère qu’avec une pression trop faible. Aussi le gonflement, commencé à une heure et demi, et qui devait finir à 5h, n’a-t-il été terminée que vers 5h45 ; et encore le ballon n’était qu’aux deux tiers gonflé.
Cependant à 6h moins quelques minutes, au commandement traditionnel de «lâchez-tout», on attachait les dernières cordes de la nacelle, et le ballon s’élevait majestueusement, pendant un temps presque en ligne droite. La brise, qui avait été assez forte au commencement du gonflement, au moment du départ de l’aérostat avait presque cessé. La pluie ne tombait pas.
Les deux dépressions, à droite et à gauche de la soupape produites par le gonflement incomplet de la sphère, présentaient deux tâches symétriques sur l’énorme cercle : le tout dessinait avec l’aspect d’un des hémisphères cérébraux dont les tâches représentaient le cervelet et la partie moins noire le cerveau.
Le ballon s’est d’abord dirigé vers le nord, restant à une faible hauteur ; il est ainsi arrivé jusqu’au-dessus de la partie inférieure de la rue Jean-Jacques Rousseau. Là il s’est rapidement élevé et un vent léger l’a emporté dans la direction de l’est-nord-est. Au bout de quelques minutes l’aérostat qui filait dans la direction de Nort, se confondait presque avec la couleur grise des nuages.
Voici en attendant le récit détaillé que nous donnerons demain, quelques notes sur cette intéressante ascension. Parti à 6h, après avoir plané quelques minute sur la ville, Le Nouveau Monde s’est dirigé, toujours en suivant le cours de l’Erdre, jusqu’à Nort, où il s’est trouvé dominer les nuages. Durant trois quart d’heures, nos voyageurs se trouvèrent privés de toute vue et, comme le ballon atteignait une hauteur inusitée dans les ascensions de ce genre, le froid devint fort intense et la neige se précipité dans la nacelle.
A 7h24 le ballon atterrissait sans accident aucun à 4 km au Nord-Est de Nozay, dans la prairie du Buffé, entre un petit lac qui se trouve non loin de là et l’Ecole d’Agriculture de Grandjouan. M.
Godefroy, directeur de Grandjouan, a envoyé une voiture chercher les voyageurs et leur a aimablement offert l’hospitalité de sa table et de bons lits.


Article du 26 avril 1888
I1C48D4 FETES AEROSTATIQUES (correspondances, devis-gravures) 1800-1899

Lettre du 13 juillet 1858
Godard demande au maire d’embellir la fête pour le passage de l’Empereur, il propose entre autre une ascension simple, une ascension avec un trapèze et une descente en parachute, ainsi que des fleurs et des drapeaux. Les ballons sont vernis et gonflés au gaz d’éclairage, et font 4 mètres de hauteur ; de plus, ils peuvent porter les lettres de la ville et de l’Empereur. Ballons peuvent également faire descendre des jouets d’enfants. Godard fournit pour chaque ballon une double détonation et le soir, il lance un ballon lumineux avec deux d’artifices.


Lettre du 11 février 1859
Pour les concours agricoles, Godard se propose après 7 ans d’absence, puisqu’il est parti faire une grande excursion en Europe et en Amérique, propose ses services à la ville.


Lettre du 14 avril 1859
Il propose une ascension au sol dans un ballon de 320 mètres cubes ; ou un ballon de 500 mètres cubes avec passagers ; ou un ballon de 12000 mètres cubes pour 4 ou 5 personnes pour 1200 francs ; ou un ballon de 1200 mètres cubes avec un petit cheval vivant pour 1500 francs ; ou un ballon de 1200 mètres cubes avec descente en parachute pour 1200 francs ; ou un exercice de trapèze fait par un de ses frères pour 150 francs, ou un trapèze en montant et en descendant en parachutiste pour 200 francs ; ou un exercice de parachutiste avec ballon de 500 mètres cube ; ou un ballon de 12000 mètres cubes avec 9 filles costumes mythologiques suspendues horizontalement hors de la nacelle pour 2000 francs. Propose aussi des ballons avec des jouets d’enfants, des ballons caricature ou grotesques, représentant des cerfs, des chiens, des chasseurs, des gendarmes, des polichinelles, des pierrots, des arlequins, chacun valant 20 francs. De plus, il a des ballons lumineux avec feux d’artifices de 8 mètres de haut pour 150 francs.


Lettre du 27 avril 1875
Godard demande au maire d’utiliser le cours Saint André pour les fêtes, pour une fête se déroulant soit le 23 mai soit le 29 mai.


Lettre de Fanny Godard, vers 1880
Elle se présente au maire comme étant une aéronaute de fêtes officielles, faisant également des constructions, des acensions particulières, des ballons en papier, des parachutes. Son ballon pavoisé est muni d’une nacelle richement décorée, et la femme propose de se vêtir d’un costume de fantaisie ou allégorique pour l’occasion.


Lettre du 28 juin 1886
Un des fils de Godard, propose pour le 14 juillet le ballon « nouveau monde » de 12000 mètres cubes, pour une somme de 550 franc pour une exécution de jour, et de 650 francs de nuit.


Lettre du 1er avril 1887
Demande faite par Louis E. Godard, aéronaute et professeur à l’Ecole Aérostatique Militaire Italienne ; il fait des expériences et des ascensions scientifiques, mais également des études et constructions d’aérostats en tout genre. Il propose des ballons allant de 300 mètres à 2800 mètres cubes pouvant transporter jusqu’à 10 personnes. il se charge d’ascension scientifiques avec voyageurs, d’ascension double entre deux ballons, descente en parachute…. Dans sa lettre, il donne un aperçu de ses expériences passées : il a été professeur à l’Ecole Aérostatique Militaire Italienne ; il montre ses différentes disponibilités: expériences et ascensions scientifiques, étude et construction d’aérostats en tous genres pour inventeurs et aéronautes, ballon captif à vapeur et appareils à gaz, roulant, pour les armées en campagne, descente en parachute.


Lettre du 6 juin 1887
Demande faite par Alfred Godard, aéronaute de fêtes officielles, faisant des constructions pour aéronautes et inventeurs ; propose des ascensions de montgolfières, des descentes en parachutes, des ascensions équestres. Il demande au maire de participer à une des fêtes de sa ville.


Lettre du 24 mai 1890
Eugène Godard, fils, fait une demande pour le 14 juillet, et propose un ballon de 1000 mètres cubes ; il conseille l’ascension nocturne qui est moins vulgarisé et plus imposante, il parle alors d’un certain« aspect du ballon s’enlevant dans l’ombre et s’y trouvant tout à coup grâce à un appareil pyrotechnique spécial, éclairé de feux multicolores, étant d’un effet féérique et grandiose. »


Lettre 20 avril 1891
Godard (dont la maison a été fondée en 1850) a été le constructeur d’aérostats captifs a vapeur de Barcelone et Buenos Aires, en 1888 ; directeur aéronaute et constructeur du grand ballon captif de l’expo universelle de 1889 au Trocadéro, le seul qui ait exécuté une ascension libre avec 20 voyageurs à son bord le 7 novembre 1889 ; 1er lauréat aux courses de ballons de paris de 1889 et 1889 ; a exécuté 415 ascensions libres. Président fondateur de l’école d’aérostation « La Française », professeur à l’Ecole aérostatique militaire italienne. Il propose des ballons de soie de 350 à 3200 mètres cube avec 1 à 12 personnes à son bord, il peut également emmener des voyageurs lors d’ascensions scientifiques, faire des courses de 2 à 10 ballons, des ascensions nocturnes avec feux d’artifices, et autres descentes en parachute.


Lettre du 1er février 1892
Godard demande au maire de faire une ascension à l’occasion de l’une de ses prochaines fêtes. Dans sa lettre, il met en avant dans sa lettre ses nombreux titres et médailles qu’il a reçu au cours de sa carrière: New York en 1853, Paris en 1855 et 1859, Turin en 1884, Nantes en 1886, deux fois à Barcelone en 1888, et Besançon en 1890, et l’utilisation de ballons captifs à vapeur de Nice en 1883, Turin en 1881, Anvers en 1885, Bruxelles en 1888, Cologne en 1889, Munich en 1890, et Chicago en 1891.Il montre ses différents titres et exploits : aéronaute du ballon captif de l’exposition de Barcelone de 1888, aéronaute du ballon captif de l’exposition de Paris Trocadéro de 1889, membre du Congrès Internationale d’Aéronautique de 1889, Professeur d’Aérostation Militaire au Génie Danois de Copenhague 1889, Chef Aéronaute The « American Captive Balloon of Chicago » aux Etats-Unis en 1891 ; il rappelle également qu’il a effectué une ascension très remarquée à Besançon en présence du président de la république. Il produit également des ballons captifs Mixtes pour les Armées en campagne et les exploitations particulières ; il utilise des treuils à vapeur, des générateurs à hydrogènes, des tubes en acier pour le transport de l’hydrogène ; fabrique des aérostats spéciaux pour télégraphie optique du Jour et de Nuit (système Godard), des parc de ballons militaires à hydrogène à air chaud, des ascensions publiques et privées de jour et nuit, courses de ballons, des devis et études.


Lettre du 1er avril 1892
Godard demande au maire la possibilité d’exécuter une ascension. Pour cela, il met en avant le fait qu’il ait reçu une médaille de bronze à l’Exposition universelle de 1889, et qu’il a effectué une ascension remarquée à Besançon en présence du président de la république.


Lettre du 5 avril 1894
Grands ateliers Aérostatiques du Champ de Mars avec Godard, Surcouf et Courty qui succèdent à la tête du service, après que G.Yon ait décédé. Ils ont reçu 13 médailles en or et 14 en argent. Leurs compétences se font à la fois dans l’aérostation civile et militaire, l’aérostation à foyer électrique, mais ils sont également les fournisseurs des
Gouvernements italien, russe, chinois, suédois et norvégien.


Pub de 4 pages de La Société des Aéronautes de Paris, en 1894.
Afin de faire valoir leurs compétences au maire de la ville de Nantes pour qu’il les choisisse lors d’une prochaine fête, Louis Godard et Edouard Surcouf montrent qu’ils ont obtenu 12 médailles en or et 13 en argent, ainsi que de nombreux diplômes. Ils disposent de ballons captifs allant de 2500 mètres cubes pour 12 personnes, à 60000 mètres cubes pour 170 personnes. Ils incorporent dans leur publicité plusieurs pages explicatives sur la technique, chimie, la mécanique et les finances en rapport avec le domaine aérostatique. La grande réputation de Godard et de Surcouf, en tant que constructeurs et praticiens, leurs vaut d’être reconnus comme une valeur sure pour les entrepreneurs publics.


Lettre du 5 avril 1894
Demande des Grands ateliers aérostatiques du Champ de Mars, pour participer çà une fête aérostatique. Cette lettre mentionne le fait que Godard, Surcouf et Courty sont désormais à la tête de l’entreprise, depuis que G. Yon est décédé. Ils ont obtenu 13 médailles en or et 14 en argent. Ils sont à la fois dans l’aérostation civile et militaire, et sont les fournisseurs des gouvernements russe, italien, espagnol et chinois, suédois et norvégien.


Lettre du 11 juin 1895

Lettre du 6 juin 1898

I1C48D5 1900-1910
Dépliant d’Eugène Godard
La maison de l’Aérostation Civile et Militaire, fondée dès 1847, a reçu 15 médailles et de nombreux diplômes. C’est un aéronaute, qui a succédé à son père Eugène Godard aéronaute de Paris. Il propose ses services au maire pour une foire ou fête, pour faire une ascension aérostatique diurne ou nocturne, avec des feux d’artifices sous la nacelle. Il explique que les ascensions de nuit offrent une attraction irrésistible auprès du public ; cela a été le cas à Besançon en présence du Président de la République. Il fait également mention des ses ascensions à Anvers, Alexandrie, Bruxelles, Copenhague, Le Caire, Havre, Lisbonne, Barcelone, Philippopoli, Vichy, Vienne…. Il parle du succès considérable qu’il a toujours obtenu avec son gigantesque ballon « Loïe Fuller » s’élevant d’abord dans l’ombre, puis étant embrasé de feux multicolores grâce à l’appareil pyrotechnique spécial de Ruggieri ; aspect féerique et absolument grandiose » ayant amené un « succès considérable dans les principales villes d’Europe où nous avons donné ce spectacle ». Il faisait déjà cette attraction avec son père, et dans toutes les villes d’Europe. Il met en avant la réputation universelle de son nom.
L’Aéronaute Eugène Godard, fils du chef de cette phalange de praticiens audacieux et habiles comme le nom universellement connu est indissolublement lié à l’histoire de l’Aérostation Française au XIXe siècle, est né à Paris en 1864. Après de bonnes études au lycée de Nantes, marchant sur les traces d’Eugène Godard ainé, son père, avec lequel il fit sa 1ere ascension à l’Exposition de 1867, il a déjà parcouru trois parties du monde sur cinq. Ayant suivi comme pupille l’exploitation du grand Ballon Captif à vapeur de Henri Giffard en 1878-79, il voguait bientôt de ses propres ailes et exécutait un grand nombre d’ascensions dans la plupart des capitales de l’Europe. En 1888, il dirigeait le ballon captif de l’Exposition de Barcelone, qui fit 1742 ascensions et souleva 21000 personnes ; en 1889, il était attaché come aéronaute au ballon captif de l’Exposition de Paris, puis il allait au Danemark comme professeur d’aérostation militaire du Génie de Copenhague ; en 1891, il installait un ballon captif à Chicago. En 1892, Eugène Godard accomplissait en Bulgarie, à l’Exposition de Philippopoli, 25 ascensions de jour et de nuit. Il eut comme spectateurs et comme compagnons de rêve les plus notables personnages de la Principauté et l’Aide de Camp particulier du Souverain lui-même, qui n’hésitèrent pas à se confier à l’habilité et à la perfection des engins du jeune aéronaute. La récompense ne devait pas s’en faire d’attendre et il reçut bientôt le « Diplôme d’Honneur » et la « Croix d’Officier de Saint-Alexandre, que S.A.R le Prince Ferdinand lui fit l’honneur de lui remettre lui même alors du dîner de la Cour. En 1893, il faisait 5 ascensions à Vichy, et à la 1ere et à la dernière, (à cinq semaines d’intervalle), descendait sur la pelouse du Château de Randan, propriété de madame la Comtesse de Paris, qui daignait recevoir de la façon la plus aimable les voyageurs qui lui venaient du ciel. En 1894, après avoir exécuté une série d’ascensions maritimes à Lisbonne, il dut décliner, en raison du manque de gaz à Cintra (résidence d’été de la Cour) l’offre flatteuse d’ascensionner devant leurs Majestés Portugaises. En 1895, il abandonnait encore la France pour la terre des Pharaons qui, ajoutant un nouveau fleuron à sa couronne de succès, devait lui réserver l’honneur d’être le seul aéronaute pénétrant dans un palais oriental pour y exécuter, au Caire, une ascension privée en présence de S.A le Khédive qui lui manifestait sa très grande satisfaction en le nommant « Chevalier de Medjidieh ». 1896-1900 : ascensions en France, Hollande et Suisse. Eugène Godard a 35 ans, il est membres des Comités et secrétaire de la Classe 34 à l’Exposition Universelle de 1900 ; nous ne savons mieux dépeindre le film qu’en lui appliquant cette appréciation de Jules Verne sur son père, dont il fut le compagnon de route en 1874 : « une promenade aérienne et même un long voyage aérostatique n’offre désormais de danger sous la direction d’Eugène Godard. Hardi, expérimenté, il sait où il va, il sait où il descendra, il choisit avec une perspicacité merveilleuse son lieu d’atterrissage. Avec ces garanties, un voyage aérien offre toute sécurité ; ce n’est plus un voyage, c’est quelque chose comme u rêve mais un rêve, toujours trop court. »


Brochure diffusée vers 1902 de l’Aérostation civile et militaire avec Godard, Surcouf et Courty
Ils ont effectué plus de 20000 ascensions libres, avec plus de 3500 voyageurs. Ils se décrivent comme les meilleures aéronautes ; ils ont notamment obtenu la plus haute récompense envisageable, à savoir la médaille d’or à Paris en 1889. Cette brochure s’adresse d’abord aux maires des France et de l’étranger, aux comités organisateurs d’exposition, aux directeurs des casinos et des grands établissements et jardins publics ; ils peuvent exécuter une ascension libre de jour et de nuit, avec des parachutes, artifices, vélocipédie, ballons-captifs avec de grands résultats financiers. Puis ce message concerne également les amateurs de voyages aériens dont le nombre augmente tous les jours, et qui offre une garantie absolue. Et enfin, cette brochure s’adresse aux aéronautes français et étrangers, ainsi qu’aux sociétés aérostatiques ou sportives pour la construction du matériel à un prix avantageux.
La brochure comporte également un descriptif avec le cubage, les diamètres, le nombre de personne pouvant être emmené, le poids, le prix…. Ils ont effectué de nombreuses expériences de 1850 à 1894, dont une avec le grand ballon captif à vapeur de l’exposition universelle du Trocadéro de 1889, le seul qui ait exécuté une ascension libre avec 20 voyageurs à son bord après 160 jours exécutifs de gonflement. Parmi leurs constructions, ils font des ballons captifs allant de 2500 à 60000 mètres cubes. Exposition universelle de Paris de 1900 : grand ballon captif à vapeur pour 160 personnes à 600 mètres, ou pour 100 personnes à 1000 mètres. Inventeur du ballon captif à vapeur de 1867 par Giffard, a pris un plus gros en 1878 pour l’exposition universelle de Paris. La principale dépense journalière, c’es la perte d’hydrogène dans la soupape. Ballon est composé de 4 épaisseurs de tissus de soie, avec un grand coefficient de résistance (5000 kilos). Le filet est fabriqué avec des chancres caoutchoutés ; câble d’ascension assure, dans le cas où le cordage romprait, la rupture sur la partie la plus rapprochée du sol, afin d’éviter la chute du câble et de modérer l’élan ascensionnel ; la nacelle avec un banc de repos pour le public. Partie mécanique : le dynamomètre : règle les tractions verticales de l’aérostat indique l’effort ascensionnel ; poulie de retour qui sert d’intermédiaire au câble ; treuil récepteur appelé à recevoir le mouvement des machines.
Pour l’aérostation militaire : ils disposent d’un ballon captif transportable, et ils sont également les fournisseurs de multiples gouvernements. On retrouve le parc de Forteresse (grand modèle) pour trois officiers avec un aérostat en soie de chine de 650 mètres cube, allant à 500 mètres de haut, à 3 chariots : 1) moteur à vapeur à poulie de traction, 2) générateur à hydrogène pur , 3) porteur pour recevoir le matériel ; le parc de campagne (modèle courant) avec un ballon de 500 mètres cubes pour deux officiers allant à 500 mètres, un générateur à hydrogène pur, un treuil et un chariot porteur ; parc de campagne à vapeur (modèle extra léger avec un ballon de 300 mètres cubes pour un officier de 400 mètres, générateur à hydrogène pur, un treuil de rappel), parc maritime avec un officier à 400 mètres, un treuil, générateur ; ballon à foyer électrique pour télégraphie optique avec un ballon de 150 mètres cube, treuil ; électrolyse de l’eau .


Pub 1902
Grands ateliers aérostatiques de Paris, de 1849 à 1900, avec Louis Godard.

Cette maison est présentée comme la plus connue et la plus importante dans le monde en 1902. Elle s’occupe de l’aérostation civile, avec des constructions de ballons captifs à vapeur et électrique, des descentes, des ascensions libres ; elle procure également à l’aérostation militaire des ballons captifs transportables pour les armées, et des parcs aérostatiques. Les grands ballons captifs civils construits par Godard, sont les seuls à avoir eu de si grand succès pour la durée et l’étanchéité ; de même, ses ascensions libres ont connu un grand retentissement. Godard a acquis une renommée sans précédent, grâce à ses magnifiques constructions aérostatiques à la fois civiles et militaires, qui ont suscité l’admiration de tous, et dans le monde entier. Cette réussite totale est due à un matériel de premier ordre, avec de fréquents perfectionnements, avec lesquels personne ne peut rivaliser. La supériorité de son matériel, tout comme sa qualité et sa sécurité, sont reconnues par tous ; l’équipement fourni par Godard se révèle donc être incontestablement le meilleur de l’époque, c’est pourquoi il est présenté comme indispensable à toutes pratiques aérostatiques. De plus, la publicité met en avant tous ses avantages, en précisant que Godard a su allier un matériel de qualité, avec le côté confortable et le bon goût.
Godard s’est véritablement démarqué de tous les aéronautes de l’époque, en réalisant à lui seul, de multiples exploits aériens. Parmi ceux-ci, on recense entre autre, comme le mettent en avant ses publicités, le record du 23 septembre 1900, avec l’ascension du ballon « Saint Louis » de 3000 mètres cube, avec lequel il est monté jusqu’à 8558 mètres de haut ; il a également traversé 12 frontières lors de son ascension du 9 et 10 octobre 2010 ; toujours avec son ballon « Saint Louis » dont il est le créateur, il a été déclaré 11 fois vainqueur dans les courses de l’exposition de 1900, à la fois pour la durée, l’altitude et la distance. Il détient également jusqu’en 1900 4 records, tels que le nombre de voyageurs transportés, comme en 1889 avec 29 personnes ; c’est au cours de son voyage du 9 au 10 octobre 1897 qu’il a remporté le record de la durée en heures ans arrêts, avec 24h et 15 minutes passé en l’air, mais également celui du nombre de kilomètres, ayant parcouru une distance de 1665 kilomètres ; et enfin celui du nombre de jours pendant lesquels son ballon est resté gonflé, soit 208 en 1898. D’autre part, il a effectué de 1869 à 1900 en Europe 652 ascensions libres et soulevé plus de 1400 personnes ; en 1878 avec La Dona Sol, il a élevé Mme Sarh Bernhardt. En 1889, il a exécuté une ascension unique avec 20 voyageurs. Il est également l’auteur de plusieurs projets dont celui de 1901 pour la Fédération aéronautique de France afin de favoriser le développement et l’encouragement à la navigation aérienne ; celui de la fondation d’un grand prix municipal aérostatique pou l’exécution annuelle de Paris ; et également celui de l’Aéro-Transatlantique pour la traversée de l’Océan de NEW York en Europe en ballon, comprenant un ballon de 11000mètres cube et un équipage de 10 personnes, pour effectuer 7500 km, le ballon pouvant rester 40 jours en l’air ; le tout pour des dépenses se montant à 200000 francs.
Par ailleurs, cette brochure mentionne le fait que Frères Louis et Eugène Godard ont débuté en 1847 par une ascension libre avec un ballon Montgolfière en papier double renforcée par des rubans et ficelles avec bandes d’étoffe ; de 1850 à 1868, ils ont exécuté à l’Hippodrome de Paris et aux arènes Nationales de s100 d’acensions libres avec voyageurs et des milliers en Europe. En 1859, ils ont été attachés à l’armée française, à la Campagne d’Italie avec leurs ballons observatoires. En 1863, Louis Godard père a construit le ballon « le Géant », en soir double de 6000 mètres cubes et en a conduit les principaux voyages ; Eugène Godard père a construit la grande montgolfière « l’Aigle » de 12000mètres. En 1870, les frères Godard ont construit avec Gabriel Yon et Camille Dartois, 70 ballons pour le siège de Paris (gare d’Orléans, de l’Est et du Nord) pour la sortie des représentants et membres du gouvernement, et pour la poste aérienne, etc. Les célèbres aéronautes Godard de 1849 à 1900 ont exécuté ensemble plus de 5500 ascensions libres.


Brochure Grands Ateliers Aérostatiques de Paris

Dirigé par Louis Godard, ils ont obtenu 4 diplômes, 40 médailles, ont fait 700 ascensions, construit plus de 200 ballons. Matériel de qualité supérieur (venant de Chine, et du Japon), perfectionnement avec de nouvelles machines, travail plus élégant et mieux fini avec fabrication de nouvelles modes de coupe.


Catalogue Grands Ateliers Aérostatiques de Louis Godard en 1904
Construction d’appareil d’aviation, hélicoptère, planeurs cerfs-volants porteurs, hélices ascensionnels. A construit plus de 215 ballons, a fait plus de 760 ascensions ; en 1900, il a établit un nouveau record avec 27 heures et 20 minutes de vol. Il se charge de faire connaître à tous les amateurs les connaissances essentielles pour conduire un ballon. En plus de la construction, et des ascensions, Les Grands Ateliers Aérostatiques de Paris s’occupent de l’entretien du matériel, étant également un garage.


I1C48 dossier 4
Lettre du 27 avril 1888 d’Eugène Godard au maire de Nantes


22 PRES68
PHARE DE LA LOIRE
Article du 24 avril 1888
L’ASCENSION AEROSTATIQUE D’HIER


Article du 26 avril 1888
ASCENSION DU « NOUVEAU-MONDE »

© Adeline BIGUET / Archives municipales de Nantes - 2010