BUAT, Edmond Alphonse Léon

né à Châlons-sur-Marne (Marne), le 17 septembre 1868   
décédé à Paris (Seine), le 30 décembre 1923   
mariage le 18 mars 1893   
époux de Jeanne Louise Caroline BUBBE 

 


>Général
> Chef d'État-major général de l'armée (major général)

Edmond Buat fait ses études de mathématiques spéciales au Lycée de Nantes.
En 1887, il entre à l’École Polytechnique. Il en sort sous-lieutenant en 1889. Il devient lieutenant en 1891 et capitaine en 1897. Il est promu chef d’escadron en 1909 puis lieutenant-colonel en 1913.
Le 10 août 1914, il est affecté à l’état-major particulier de l’artillerie comme chef d’état-major de l’armée d’Alsace. Le 29 août, M. Messimy, Ministre de la guerre le prend comme chef de Cabinet. Promu colonel le 22 février 1915, il est nommé le 26 novembre au commandement par intérim de la 245 ème brigade d’infanterie et passe, le 18 janvier 1916, au Grand Quartier Général. Promu général de brigade le 14 avril 1916, il commande la 7 ème brigade d’infanterie et, le 18 juin, par intérim, commande la 12 ème division d’infanterie. Le 29 décembre 1916, il devient général d’armée (trois étoiles) et passe à la tête du IIème corps d’armée. Ensuite, il commande successivement la réserve générale d’artillerie, la 33 ème division d’infanterie, le XVII ème corps d’armée, la 5 ème armée (18 juin 1918). Major-général le 5 juillet 1918, il cesse ses fonctions le 20 octobre 1919. Le 24 janvier 1922, il est placé à la tête de l’état-major de l’armée et nommé membre du Conseil supérieur de la Guerre le 30 janvier 1922.

Décédé dans la clinique de la rue Piccini, le 30 décembre 1923, les obsèques ont lieu à l’église Saint-François-Xavier à Paris. L’inhumation est prévue à Nantes, au cimetière Miséricorde.

Le corps du général Buat arrive à Nantes le 3 janvier 1924. Outre la famille, étaient présents sur les quais de la gare : le général Prax, commandant le XI ème corps d’armée ; le général Bernard, commandant la 11 ème division ; le colonel Schwerer, chef d’état-major ; le capitaine Maire, envoyé spécial de la Présidence ; M. Bouju, Préfet de la Loire-Inférieure ; M. Paul Bellamy, maire de Nantes ; M. Lequoy, inspecteur principal de l’Exploitation des chemins de fer d’Orléans ; M. Flaujac, chef des gares de Nantes-Orléans ; M. Chirol, inspecteur de l’exploitation ; M. Chauveau, inspecteur du Contrôle de l’État ; M. Gaëtan Rondeau, secrétaire général de la Ville.

A la descente du train, le cercueil, recouvert d’un drapeau tricolore, est placé sur un fourgon automobile pour être emmené à la chapelle ardente. Pour lui rendre un ultime et suprême hommage, la Municipalité accueille sa dépouille mortelle dans la grande salle du Logis du château.

Le lendemain, la cérémonie religieuse se déroule à la cathédrale de Nantes. Le maréchal Pétain, le général Gouraud, gouverneur de Paris, et le général Guillaumat, membre du Conseil supérieur de la Guerre, assistent aux obsèques. Les honneurs militaires sont rendus par l’état-major de la 21 ème division ; deux compagnies du 355 ème régiment d’artillerie ; deux bataillons du 65 ème régiment d’infanterie et une compagnie du 11 ème escadron du train.

Le corps du défunt quitte le château des Ducs sur un affût de canon. L’uniforme du général a été posé sur le drapeau tricolore qui recouvre le cercueil. Les cordons du poële sont tenus par le général Ragueneau, sous-chef d’état-major de l’armée ; le général Bocquet, chef de cabinet du Ministre de la guerre ; le général Prax, commandant le XI ème corps ; M. Bouju, Préfet de la Loire-Inférieure ; M. Bellamy, maire de Nantes ; M. Pinard, président de l’Association des Anciens Élèves du Lycée Clemenceau.

Dans la cathédrale, un immense catafalque a été dressé en bas de la nef. Les six porteurs des cordons du poële prennent place autour. Ils sont entourés par les drapeaux des délégations patriotiques. La messe basse est dite par l’abbé Allot, cousin du général défunt. L’absoute est donnée par l’évêque de Nantes, Mgr. Le Fer de la Motte.

A la sortie de la cathédrale, le cortège se rend au cimetière Miséricorde. Une foule compacte est massée tout le long du parcours. Mais seule la prolonge d’artillerie, sur laquelle se trouve le corps du général Buat, les membres de la famille, les dignitaires et les drapeaux entrent dans le cimetière.

Le général Pétain prend la parole pour rappeler que la général Buat n’a souhaité aucun discours sur sa tombe : « Sa dernière volonté a été respectée à Paris, elle le sera aussi à Nantes. Faire l’éloge du général Buat serait une tâche aisée : il n’y aurait qu’à relater la vie de celui qui, par son seul mérite, parvint aux plus hautes dignités de l’armée ; mais il ne l’a pas voulu ». Le général Pétain rappelle alors le bon souvenir que le général Buat avait gardé de Nantes, qu’il appelait sa patrie. C’est là où tout enfant il avait vécu ses premières années ; c’est là où il revient prendre son dernier repos.

« En mon nom, au nom de votre famille, au nom de la Ville de Nantes, au nom de l’Armée, au nom de la France, général Buat, je vous dit adieu »

Distinctions et hommages publics

Chevalier de la Légion d’Honneur le 12 juillet 1910.

Citation à l’ordre de l’armée le 26 août 1914 :
Nommé chef d’état-major d’une armée en formation dans les circonstances les plus difficiles, a suppléé au manque de personnel et de moyens matériels des premiers jours par son activité, son esprit d’initiative et de décision dans l’organisation et le fonctionnement du service d’état-major, donnant à tous l’exemple d’un labeur acharné, d’une entrain et d’une énergie sans limite. Par ses connaissances étendues, la sûreté de son jugement et de son dévouement, il a rendu les services les plus précieux au commandant de l’armée et a contribué, pour une large part, au succès des opérations.

Officier de la Légion d’Honneur le 1 er novembre 1916 :
Officier général de valeur exceptionnelle, commande une division avec une activité sans cesse en éveil, un remarquable sens des situations et des conditions de la guerre, une autorité particulière. A affirmé au cours d’offensives prolongées et couronnées de succès importants, ses grandes qualités militaires. Le 14 octobre 1916 a brillamment dirigé l’attaque de sa division qui s’est emparée de tous les objectifs assignés et a fait à l’ennemi 600 prisonniers et enlevé 12 mitrailleuses.

Commandeur de la Légion d’Honneur le 11 novembre 1918 :
Officier général dont les brillantes qualités militaires se sont affirmées au cours de la campagne dans les nombreux emplois qu’il a occupés.
Comme chef d’état-major en Alsace en août 1914, a fait preuve d’une activité, d’une compréhension des situations absolument remarquable.
Placé à la tête d’une brigade, d’une division, d’un corps d’armée, puis d’une armée, a partout confirmé sa réputation de chef et obtenu des succès marqués.
A, entre temps, montré son talent d’organisateur dans les fonctions qui lui ont été confiées en 1916, à l’état-major, et en 1917, comme commandant de réserve générale de l’artillerie. Au cours des opérations particulièrement actives qui se sont déroulées depuis juillet 1914, a su allier dans les importantes fonctions de major-général son remarquable sens technique à une autorité incontestable.
Officier de la Légion d’Honneur pour faits de guerre.

Grand Officier de la Légion d’Honneur le 9 juillet 1921.

Grand Croix de la Légion d’Honneur le 27 décembre 1923 (déposée par le maréchal Pétain, sur sa dépouille mortelle le 30 décembre 1923).

Le général Buat a été le récipiendaire de très nombreuses décorations étrangères :

Belgique : Grand-Croix de l’Ordre de la Couronne et Grand Officier de l’Ordre de Léopold
Chili : Grand-Croix de l’Ordre du Mérite
Danemark : Grand-Croix de l’Ordre du Danebrog
Espagne : Grand-Croix de l’Ordre du Mérite militaire
Etats-Unis : Médaille des Services distingués
Finlande : Grand-Croix de l’Ordre de la Rose-Blanche
Grande-Bretagne : Compagnon Commandeur de l’Ordre du Bain
Hollande : Commandeur de l’Ordre d’Orange-Nassau
Italie : Grand Officier de l’Ordre des Saints-Maurice et Lazare
Japon : Grand-Croix de l’Ordre du Trésor-Sacré et Grand-Croix de l’Ordre du Soleil-Levant
Norvège : Grand-Croix de l’Ordre de Saint-Olaf
Pologne : Grand-Croix de l’Ordre de la Polonia Restituta, Croix de l’Ordre Virtute Militari et Plaque de l’Ordre Bene  Merentibus
Portugal : Grand-Croix de l’Ordre d’Avis
Roumanie : Grand-Croix de l’Ordre de la Couronne et Grand Officier de l’Ordre de l’Étoile
Serbie : Grand-Croix de l’Ordre de l’Aigle-Blanc
Siam : Grand-Croix de l’Ordre de l’Éléphant-Blanc
Suède : Grand-Croix de l’Ordre de l’Épée
Tchécoslovaquie : Grand Officier de l’Ordre du Lion-Blanc
Etc…

Le 13 juin 1927, le conseil municipal de Nantes donne le nom du Général Buat à l'ancienne rue de Paris

Dès 1924, un comité, initié par l’État-major de l’Armée, est constitué pour ériger, à Nantes, un monument à la mémoire du général Buat.

Celui-ci est inauguré le 10 juillet 1917 dans le square Ceineray (actuel square du maquis de Saffré) au bas de l'allée conduisant au monument aux Morts de la Grande Guerre, face à la statue de la Délivrance. Le monument, commencé par le sculpteur Max Blondat, est achevé par Landowski. Leurs deux noms figurent au bas de la stèle. L'inauguration a lieu sous la présidence du maréchal Pétain, accompagné du général Debenay, chef d'état-major ; du général Maurin, inspecteur général de l'artillerie, et du général Hergault, inspecteur général de l'aéronautique. Au pied du monument, cinq discours sont prononcés par le général Debeney ; M. Paul Bellamy, maire ; le général Ragueneau, commandant le XI ème Corps ; M. Paul Mathivet, préfet et le maréchal Pétain.

Au dos du monument, on peut lire l’inscription suivante :

Général Buat
Edmond Alphonse Léon

Né le 17 septembre 1868
Élève de l’École Polytechnique
Breveté d’État-major
Commandant la 121° division d’infanterie
en 1916
Commandant la réserve générale d’artillerie
1917-1918
Commandant le 17° Corps d’Armée
en 1918
Major général
des armées françaises
5 juillet 1918 – 20 octobre 1920
Chef d’État-major général
du 24 janvier 1920
à sa mort le 30 novembre 1923
Membre du Conseil supérieur
de la Guerre
Grand Croix
de la Légion d’Honneur

Le 1 er octobre 1932, le buste du général Buat est transféré sur la place du 51 ème régiment d’artillerie, devant l’entrée de la caserne Mellinet.

Le général Buat est l’auteur de plusieurs ouvrages :

  • La concentration allemande
  • Étude théorique sur l’Attaque décisive
  • 1809, de Ratisbonne à Znaïm (1909)
  • Les méthodes de tir de la batterie d’infanterie (1911)
  • La lutte d’artillerie et les Méthodes de tir de la contre-batterie (1912)
  • Procédé de commandement du Groupe de batterie sur le champ bataille (1912)
  • Ludendorff (Payot, 1920)
  • L’armée allemande pendant la guerre 1914-1918 (1920)
  • Hindenburg (Librairie Chapelot, 1921)
  • Hindenburg et Ludendorff stratèges (1923)

Localisation dans le cimetière



Sources

Police locale : I1 Carton 46 Dossier 23 obsèques du général Buat
Édifices publics : 1 M 410 monument du général Buat
Délibération du Conseil municipal : 13 juin 1927 (4 BA 56)
Le Phare de la Loire : 31 décembre 1923 (22 PRES 138)
Le Phare de la Loire : 1 er, 2, 3, 4 et 5 janvier 1924 (22 PRES 139)
Le Phare de la Loire : 11 et 12 juillet 1927 (22 PRES 146)
Nantes le Lycée Clemenceau 200 ans d’histoire, par Guiffan Jean, Barreau Joël et Liters Jean-Louis, Comité de l’Histoire du Lycée Clemenceau de Nantes, Librairie Coiffard Éditeur, Nantes 2008.
Les enfants du pays nantais et le XI ème corps d’armée , Emile Gabory, Nantes-Paris 1923, pages 145 et 382 (BG in4° 49)

Archives municipales de Nantes - 2011