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   Dossiers documentaires > Historial de la ville de Nantes - Faits journaliers
       
 

La série D, consacrée à l’Administration générale de la commune, regroupe notamment les délibérations du Conseil municipal (sous-série 1 D) et les arrêtés municipaux (sous-série 2 D).
Dans la sous-série 3 D (Administration de la Commune), on trouve, entre autre, deux registres plutôt étonnants intitulés « Historial de la Ville de Nantes ».
Le premier volume porte le sous-titre « Travaux publics et archéologie - Recueil de documents sur les travaux exécutés dans la commune de Nantes ». En octobre 1864, M. Lechalas, ingénieur de la Ville, et M. Hipp. Etiennez, archiviste de la Commune, se proposent de tenir un registre où seraient consignés les renseignements sur les travaux des Ponts et Chaussées, de la voirie municipale et même, dans certains cas, des particuliers. L’objectif est de consigner dans un même ouvrage les dessins sur calque des travaux et, en vis-à-vis, un résumé des observations contenues dans les rapports officiels.
Dans la réalité, ce projet ne présentera que quatre réalisations :
   - la fontaine monumentale de la place Royale
   - l’aqueduc du boulevard de Sébastopol (1 calque)
   - la buanderie du Lycée (3 calques)
   - la Collégiale (1 calque et 4 photographies).

Le deuxième volume couvre une période beaucoup plus longue et intéresse directement la vie quotidienne des Nantais. Commencé en janvier 1866, il retrace jusqu’en janvier 1885 les « Faits journaliers ». Véritable éphéméride local, on y retrouve toute « l’actualité » de l’époque : obsèques de personnages célèbres, lancement de navires, incendies, faits divers, ou encore événements politiques et culturels. Il a été rédigé par les archivistes de la ville Hippolyte Etiennez, de 1866 à 1871, puis Stéphane de la Nicollière-Teijeiro. Archiviste depuis 1848, H. Etiennez est nommé, en 1865, historiographe de la ville, "chargé d'enregistrer et de retracer l'histoire de tous les faits, événements et circonstances susceptibles de se rapporter à l'intéret local". Il décède le 3 juillet 1871 et son successeur S. de la Nicollière-Teijeiro reprend les mêmes fonctions d'archiviste historiographe à partir du 10 juillet. Ils ont réalisé une revue de presse particulièrement conséquente que nous vous proposons de retrouver, aujourd’hui, dans cette nouvelle rubrique.


 

1866      1867      1868

 

octobre 1866

Nuit du 8 au 9
Dans la nuit du 8 au 9, des malfaiteurs ou de mauvais plaisants enlèvent les images de St Donatien et St Rogatien, placées dans les deux petites niches pratiquées dans les croix commémoratives érigées, près des séminaires à Nantes, à l’endroit où, suivant d’anciennes traditions, ils reçurent la palme du martyre.

9
A 6 heures du matin, exécution de Mathurin Chaneau, condamné à la peine de mort, aux dernières assises, pour viol et assassinat sur une petite fille de 10 ans.

12
Obsèques à Nantes de M. Auguste Polo – homme de lettres – neveu d’un ancien adjoint de la mairie – frère de celui qui fut assassiné, il y a 6 mois, à Cayenne – auteur, avec François Polo, son autre frère, de Télémaque et Calypso, ballet vaudeville, représenté pour la 1ère fois, sur le Grand Théâtre de Nantes, le 1er mars 1859 – mort du choléra, à Paris (voir notice dans le Phare de la Loire et dans l’Union bretonne du 11).

12
A 2 heures ½, incendie d’une maison de tolérance rue des Trois Matelots. Une fille de la maison, âgée de 23 ans, a été brûlée vive dans sa chambre, sans qu’on pût lui porter secours. Une seconde n’a évité le même sort qu’en se précipitant du 2ème étage sur le pavé, où elle s’est cassé la jambe. Une troisième s’est sauvée en se cramponnant à un drap dont on lui a jeté l’extrémité d’une fenêtre située en face de la sienne.
M. Lacquement, adjudant major des pompiers, a été grièvement blessé à l’œil gauche par un jet de pompe.
Huit jours plus tard, le 19, on retrouvait dans les décombres, le corps d’une femme septuagénaire, principale locataire de la maison incendiée et y demeurant au dernier étage, qui n’avait pas été revue depuis l’incendie.

22
Après avoir erré toute la nuit, on ne sait pas trop comment, dans les escaliers et les couloirs des bureaux de la Préfecture, un chien de berger, de l’espèce des griffons, est sorti ce matin du monument, à l’ouverture des portes, et s’est dirigé vers la place St Pierre, où il a mordu un homme et un enfant. Poursuivi aussitôt par un sergent de ville, un ouvrier et un soldat, il s’est réfugié sous le comptoir d’un marchand de jouets de la haute grande Rue, d’où on ne put le faire sortir qu’à l’aide d’une corde, terminée par un nœud coulant. Il fut abattu sur le champ. M. Abadie, vétérinaire, qui a procédé à l’autopsie du corps, n’est pas certain que l’animal ait été enragé.

22
Obsèques de M. François Malenfant, doyen du Chapitre, vicaire général honoraire, ancien curé de St Similien – 82 ans.

26
9 heures du soir. Incendie d’un vaste hangar, contenant un atelier de menuiserie, une scierie et un grenier à foin, rue du Muséum n°3.

novembre 1866

2
Un chien qu’on soupçonne atteint d’hydrophobie a parcouru les champs du Petit Carcouët, derrière le chemin des Herses, mordant tous les animaux qu’il rencontrait, notamment plusieurs vaches. Tué à la Contrie (Union Bretonne du 4).

3
Réouverture de l’École préparatoire des Sciences et des Lettres et distribution des prix de l’École préparatoire de Médecine et de Pharmacie. Discours de MM. Schmit, inspecteur de l’Académie, Doct. Laënnec et Bobierre (Phare de la Loire du 4 et Espérance du Peuple du 3).

4
Un chien présumé enragé, parcourt plusieurs quartiers, notamment la route de Vannes (Espérance du Peuple du 5)

7
Mesures de police prises à l’occasion du passage récent de plusieurs chiens présumés atteints d’hydrophobie, dans la banlieue et même dans les faubourgs de la ville.

8
Ovation à M. Jules Favre, avocat, dans la salle des pas perdus et à la sortie du Palais de Justice, où il était venu plaider pour M. de Rolland, rédacteur au Phare de la Loire, contre M. Ernest Merson, rédacteur en chef de l’Union Bretonne. Un banquet lui fut offert le 10, par le parti démocratique (voir le Phare de la Loire des 9 et 12).

11
Banquet annuel des officiers de pompiers auquel avaient été invités le Préfet, le Maire, MM. Anselme Fleury et Thoinnet de la Turmellière, députés, M. Voruz et les chefs de corps des troupes. Toasts et discours (voir l’Union Bretonne des 12 et 13).

14
Obsèques de M. Georges Maximilien Joseph Dagobert Neumayer, général de division en retraite, grand officier de la Légion d’Honneur, 77 ans (articles biographiques dans l’Espérance du Peuples du 14 et dans le Phare de la Loire du 15).

20
Incendie dans l’un des grands compteurs de l’usine à gaz. Sans accident.

 
Décembre 1866

7
Installation du Tribunal de Commerce en présence d’une assemblée nombreuse composée de magistrats, de membres du barreau et de fonctionnaires de l’’ordre administratif, M. le Préfet en tête. Discours de M. Goullin, président sortant, et de M. Alex. Gilée, président nouvellement élu (Phare de la Loire et Union Bretonne du 8).

8
Conférence de M. de Lesseps, sur le percement de l’isthme de Suez, dans la salle de la Société des Beaux-Arts (Phare de la Loire et Espérance du Peuple du 10 ; Union Bretonne des 10 et 11).


22
Décret impérial autorisant M. Henri Lahue à établir et à exploiter à Nantes, quai de la Fosse 85, un magasin général avec salle de ventes publiques.

23
Mort de M. Jean-Baptiste Mazeau, contrôleur d’octroi en retraite.

27
Arrivée à Nantes de M. Béhic, ministre des travaux publics, pour assister à l’inauguration du Chemin de fer de Nantes à Napoléon Vendée et aux Sables. Le Préfet du département l’attendait à la gare, d’où il le conduisit, dans sa voiture, à l’Hôtel de France, où les appartements lui étaient préparés.
Le lendemain, 28, dans la matinée, S. Exc. Accompagnée du Préfet et des ingénieurs en chef de la ville, parcourt divers points de la ville et notamment le Port, pour se rendre compte des travaux d’amélioration en projet ou en cours d’exécution. A midi, S. Exc. Part pour St Nazaire. Le soir, au retour, grand dîner à l’Hôtel de France, toasts et discours. Le 29, au matin, départ pour Napoléon Vendée (voir Phare de la Loire du 25 décembre 1866 au 5 janvier 1867 ; Union Bretonne du 29 décembre 1866 au 5 janvier 1867 ; Espérance du Peuple du … décembre au 3 janvier 1867).

29
Lancement du trois mâts en fer Le National, d’environ 850 tonneaux de jauge et pouvant porter 1350 tonneaux en lourd, construit par MM. Dubigeon et fils, pour M. Frédéric de Coninck.

30
Mort de Théodore Frédéric Potier, docteur-médecin.

 
Janvier 1867

6
Installation de l’abbé Blinguet, chanoine honoraire, supérieur du Collège de N. D. des Couëts, nommé archiprêtre curé de la cathédrale de Nantes.

6
Séance annuelle de la Société industrielle . Discours de M. Renoul et rapport du secrétaire (voir Espérance du Peuple du 7).

8
Dans la nuit du 7 au 8, effroyable ouragan. Le trois-mâts La Nouvelle Antoinette, en partance pour la Martinique avec un chargement de mules, … sur ses ancres et est entraîné jusqu’à Donges, où il s’échoue sur les vases.

13
A 9 heures du matin, incendie d’un grand hangar, au lieu dit Le Petit Ermitage, à 3 kilomètres sur la route de Rennes. Un détachement des Pompiers de Nantes s’y rend sous le commandement de M. Lacquement, adjudant major du bataillon.

13
M. V. Lanjuinais, député de la 2ème circonscription de la Loire-Inférieure, fait remettre au Maire 500 francs pour les pauvres de la ville.

18
Ce matin, le thermomètre descend à 7° centigrades au-dessous de 0 ; le lendemain, les glaces commencent à dériver en Loire.

20
Un épais verglas est tombé la nuit ; circulation difficile ; accidents nombreux ; un habitant, M. Simon, fait une chute dans la grande rue et se fracture la jambe droite : M. Jean Marchais, mesureur juré, sortant de remplir son office à bord d’un navire, fait une chute sur le quai Moncousu et meurt des suites de ses blessures ; Jean Delourmeau, jeune homme de 20 ans, de la commune de St Sébastien, meurt pareillement le 21 des suites d’une chute sur le verglas. C’est d’un accident de même nature que meurt M. Billot, curé de Rouans.

20
Mort de M. Félix André Guillemet, ancien adjoint de la mairie. 55 ans.

23
Inauguration solennelle de l’orgue de l’église de St Clément. Discours de M. l’abbé Rousteau, chanoine titulaire de la cathédrale ; bénédiction par M. l’abbé Richard, vicair egénéral. L’instrument était tenu par M. Gabriel Faure, organiste de l’église St Sauveur à Rennes et par M. Ernest Legrand, organiste titulaire de St Clément. Il est sorti des ateliers célèbres de M. Aristide Cavaillé-Coll, de Paris. Le buffet est surmonté d’une statue de la Ste Vierge, de grandeur naturelle, due à M. Potet, auteur de celle de la bienheureuse Françoise d’Amboise (Espérance du Peuple des 23 et 25).

25
M. Lequerré, docteur médecin, est renversé à l’entrée du pont de la Poissonnerie, par l’omnibus de l’hôtel des Voyageurs. Deux côtes enfoncées.

31
M. Gallerand, proviseur du Lycée, fait remettre au Maire une somme de 600 francs formant le produit d’une collecte réalisée par ses soins au profit des salles d’asile, entre les fonctionnaires, les professeurs et les élèves de l’établissement.

 

Février 1867

 

1er
Ce matin, une des premières locomotives pour routes ordinaires, construites par M. Lotz aîné, a traversé la ville, remorquant un fort camion, sur lequel était placé un arbre moteur pesant net 18600 kil, confectionné dans les usines de M. Voruz aîné, pour la compagnie générale transatlantique, depuis le quartier de l’Entrepôt jusqu’à la gare des marchandises du chemin de fer, à la Prairie de Mauves.

3
A 3 heures après-midi, incendie dans le grenier à farine d’un boulanger, rue du Calvaire n°23, communiqué par une fissure de la cheminée du four.

6
Dans la nuit du 5 au 6, ouragan d’une violence extrême.

9
Premier essai de consommation de la viande de cheval, à Nantes. Une jument en parfaite santé et excessivement grasse, s’était fracturée un membre le 6 février ; il fallut l’abattre. Préparée suivant les précautions observées pour les animaux de boucherie, sa viande offrait un aspect qui supportait avantageusement la comparaison avec celle des meilleurs bœufs. L’administration autorisa la distribution gratuite de la viande de cette jument. Les personnes de toutes classes, qui éprouvaient le désir de la goûter, furent invitées à faire réclamer un bon chez M. Abadie, vétérinaire, rue Franklin, à partir du samedi 9. Dès 9 heures du matin, les 489 bons, représentant la quantité totale de la viande offerte, étaient délivrés. Cent cinquante personnes environ ne purent en obtenir (Phare de la Loire des 9 et 12 ; Union Bretonne des 9 et 10).

14
Ce matin, à 1 heure, commencement d’incendie, rue du Muséum, n°4.

24
M Galicier, médecin à Pont-Rousseau, est nommé chevalier de la Légion d’Honneur, en récompense du beau dévouement dont il a fait preuve pendant la dernière épidémie du choléra.

27
Faillite de la maison de banque Gouin, père et fils et Cie, le plus grand sinistre financier qui ait jamais frappé la place de Nantes. Le passif a été évalué à environ 6.000.000 .


 

Mars 1867

4
MM. Chauvière et Homery, étudiants à l’École de médecine et de pharmacie de Nantes, sont exemptés des droits qu’ils auraient à acquitter pour l’achèvement de leurs études, en considérations de récompense des services rendus par eux en 1866, pendant la dernière épidémie de choléra.

7
Adhésion du barreau de Nantes à la consultation de M. Albert Gigot concernant les secrets des lettres.

8
L’administration signale l’apparition simultanée à Nantes d’un certain nombre de chiens atteints d’hydrophobie ; on compte environ vingt chiens et un cheval mordus.

12
Mort de M. Désiré-François Brière, commissaire de marine retraité, chevalier de la Légion d’Honneur.

13
Acquittement en cour d’Assises de M. Berruyer, officier de santé, accusé d’avoir aidé à un avortement. L’acquitté, dont plusieurs ecclésiastiques assignés comme témoins ont révélé le courageux dévouement de l’inépuisable charité, est accueilli, à sa sortie du palais par les acclamations de la foule, et reçoit les témoignages de la plus vive sympathie (Phare de la Loire).

18
Violent orage vers les 9 heures du soir.

21
Fonte dans l’usine de M. Voruz aîné, de la statue de M. Billault d’après le modèle de M. Amédée Ménard. Cette œuvre a été fondue d’un seul jet.

24
Grave accident sur l’Erdre, en face le château de la Desnerie. Quatre jeunes ouvriers de 17 à 20 ans, dont l’embarcation avait chaviré, se sont noyés. Ils savaient nager (Espérance du Peuple du 25).

27
Arrivée, ce matin à Nantes, à l’Hôtel de France (venant de Paris), de l’ambassade du prince de Satzonna roi des îles Liou-Kiou (Japon), composée de S.E. Iwashita Itchikou, 1er secrétaire ; Iwasé, 2ème secrétaire ; Sirakawa, officier attaché en qualité d’interprète.
Ces étrangers doivent visiter les principaux établissements industriels, et se renseigner sur le mouvement commercial de la place.
L’ambassade se rendra ensuite à Indret, et à St Nazaire, puis elle retournera à Paris pour assister à l’ouverture de l’exposition universelle. Les trois Japonnais sont vêtus à l’européenne (Union Bretonne du 27 ; Phare du 28).

 

Avril 1867

1er
A 1 heure après-midi, incendie à l’angle de la petite rue St Vincent et de la rue de la Commune (peu d’importance).

3
M. Bourbon de Rouvre, préfet de la Loire Inférieure, adresse la lettre suivante à M. Berruyer, officier de santé à Nantes :
Nantes le 3 avril
Monsieur,
J’ai été très heureux de signaler à S. E. M. le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, le zèle charitable que vous avez déployé pendant la durée de l’épidémie cholérique de 1866.
Je ne le suis pas moins des pouvoirs aujourd’hui vous transmette la lettre par laquelle S.E. vous dresse ses félicitations pour la conduite honorable que vous avez tenue dans ces douloureuses circonstances.
Agréez etc… Bourbon de Rouvre

La lettre du Ministre était ainsi conçue.

A M. Berruyer médecins
Paris 2 avril,
M. le préfet du Département de la Loire-Inférieure m’a rendu compte de votre honorable conduite pendant la dernière épidémie cholérique.
Je vous félicité, Monsieur du zèle et du dévouement dont vous avez fait preuve dans ces tristes circonstances.
Recevez etc…
Le Ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics De Forcades

6
M. l’abbé Fournier, curé de Saint-Nicolas, écrit au rédacteur en chef de l’Union Bretonne pour lui annoncer que le ministre des cultes vient d’accorder 30.000 francs à la ville de Nantes pour concourir à l’achèvement de son église.

7
Le préfet, accompagné du maire, se présente à la réunion de la Société Nantaise des Travailleurs, tenue dans la grande salle de la mairie, pour remettre à son président une médaille de bronze, et à la société la somme de 1.0000 francs que le ministre de l’Intérieur lui a accordée. Les membres présents étaient au nombre d’environ huit cents (Union Bretonne des 7 et 8).

10
Distribution solennelle, dans la cour de l’abattoir, des prix décernés par le jury du concours général des animaux de boucherie. Séance présidée par le préfet ayant à ses côtés M. Dufour, maire, et M. Malo, inspecteur général de l’agriculture.

11
Parmi les passagers notables arrivés aujourd’hui du Mexique à Nantes par le paquebot transatlantique la France, se trouvait la princesse Iturbide et plusieurs membres de sa famille, entre autre son beau-frère M. Léonard S.M. Stuarte.

13
Fondation à Nantes d’une Association philotechnique, ayant pour but de constituer d’une manière permanente : 1° une école d’adultes pour la propagation de l’instruction gratuite ; 2° des conférences sur les principales questions relatives aux sciences, aux lettres et aux arts ; 3° une caisse de réserve pour établir des liens de solidarité antre les professeurs et les membres de l’enseignement.
L’école libre d’adultes est régulièrement ouverte rue Sainte-Marie, 4.

17
Achèvement de l’autel de la chapelle de Notre-Dame des Anges, dans l’église de Saint-Nicolas ; architecte, M. Bourgerel ; sculpteur, M. Grootears (Espérance du 17 ; Union Bretonne du 18).

Ce matin un chien de forte taille, de couleur fauve et paraissant atteint d’hydrophobie a parcouru la place Viarme, les rues de Coutances, Talensac, de Rennes, la place du Port Communeau, la rue Maurice-Duval, la place de la préfecture, la rue d’Argentré, le cours Saint-André, la place Louis XVI, les rues Saint-Clément et de l’Évêché, la place Saint-Pierre, les haute et basse Grandes rues, la rue de la Casserie et d’Orléans, la place Royale, la rue de la Fosse et J.J. Rousseau, la place Graslin, les rues Racine, Kranklin, Newton, Marceau, des Arts, du Marchix, de la Porte-Neuve et la place Viarme. Cet animal a mordu sur son passage plusieurs personnes, entre autre un enfant de 7 ans, et un grand nombre de chiens. Vivement poursuivi par les habitants et les sergents de ville, il ne peut être abattu qu’à 9 heures ½ , à son retour sur la place Viarme par des gendarmes de service.

18
Mort de M. Félix Crucy, architecte âgé de 69 ans.

21
Adresse des habitants de Nantes, aux membres du corps législatif, contre la loi projetée concernant la réorganisation de l’armée.

22
Commencement d’incendie, rue Saint-Léonard, 18.

24
M. Metzinger, en pêchant à la ligne sur la calle de l’Ile Gloriette, a retiré du fleuve, avec son hameçon, une longue rapière assez ancienne, mais dans un état d’oxydation qui lui enlève beaucoup de son prix. Parmi les connaisseurs qui ont pu voir cette arme, les uns la font remonter au règne de Louis XI, ou de François I, tandis que d’autres l’attribuent à l’époque de Henry II.

27
Arrivée à Nantes vers 9 heures du matin d’un cirque nommé Le grand cirque américain, accompagné de 22 grands voitures chargées de matériel et de colis. Il s’établit sur la place Viarme. A une heure le cirque en toile, formant une immense tente, était dressé.
A quatre heures cavalcade dans les rues de la ville. En tête un char tout doré portait les musiciens vêtus de draps d’argent et de cottes de mailles en acier, était traîné pat huit chevaux conduits par un seul cocher placé sur le siège. Puis venaient plusieurs autres chars, également dorés et attelés de 2 et 4 chevaux ; des écuyers et écuyères au nombre de vingt environ à cheval dans les costumes les plus frais, les plus riches et les plus variés ; deux chars traînés chacun par six poneys ; le propriétaire dans une voiture attelée de deux chevaux d’une robe si singulière que beaucoup les croyaient peints ; une cage occupée par plusieurs lions traînée par trois chevaux de fonds, sur le dessus le dompteur ; enfin un éléphant colossal conduit par son cornac, lequel était assis sur le cou de l’animal.

28
Promenade par la ville d’un immense char chargé des musiciens, traînés par vingt chevaux attelés par couples conduit par un seul cocher assis sur le siège et tenant toutes les guides en mains.

27
Parmi les récompenses accordées au concours des sociétés savantes des Départements dans la séance du 27 avril 1967, les suivantes ont été décernées à des travaux écrits par des Nantais.
M.F Caillaud (conservateur du Musée d’Histoire naturelle) a obtenu une médaille d’argent et le titre d’officier d’Académie, pour ses travaux de conchyliologie.
M. Arthur de l’Isle a reçu une médaille d’argent pour ses travaux de zoologie.
M. Emile Maillard a été nommé officier d’Académie pour son Histoire de la ville d’Ancenis.
De plus, la Société Académique de la Loire-Inférieure a reçu, pour ses archives, une médaille d’argent, en commémoration des succès obtenus par ses membres.

28
Fête hippique, dite fête de charité, donnée par des amateurs de la ville dans la lande de la Plée. Recette 3.446,65 francs.

30
Adresse des Nantais au peuple allemand en faveur de la paix, à l’occasion des bruits de guerre, entre la France et la Prusse. Les signatures se reçoivent dans les bureaux du Phare. La 11ème liste publiée dans le n° du 16 mai, accuse 855 adhérents.

M. Dupont, élève de l’école de médecine et de pharmacie de Nantes, est exempté des droits qui lui restaient à acquitter pour l’achèvement de ses études médicales, pour services rendus pendant l’épidémie du choléra.

 

Mai 1867

1er
Arrivée à Nantes du 1er escadron du 1er Dragons, en remplacement du 5ème Lanciers. Le 2ème escadron doit arriver le 16 mai.

10
Depuis quelques temps, on lisait sur les murs de la ville et les portes des maisons d’habitation, cette inscription : 10 mai, écrite tantôt à la craie, tantôt au charbon, le plus souvent au crayon rouge ; la police s’efforçait de l’effacer partout où elle la rencontrait, mais le lendemain l’inscription reparaissait de plus belle. Bientôt une certaine inquiétude commença à s’emparer d’une partie de la population. Le bruit courait que la même inscription se retrouvait dans la plupart des villes de l’Empire. Les trembleurs se crurent à la veille d’une révolution, et plusieurs qui se croyaient plus particulièrement menacés allèrent jusqu’à solliciter la protection spéciale de leurs commissaires. Il est avéré que la veille de l’échéance fatale, beaucoup de famille partirent pour la campagne. D’un autre côté les superstitieux affirmaient qu’à cette date devait se manifester une épouvantable perturbation atmosphérique. Par une singulière coïncidence, dans la soirée du 10 mai, un peu avant la chute du jour, le ciel se couvrit tout à coup de nuages tellement épais qu’il fallut allumer bien avant l’heure les lampes des magasins et des appartements. Presque aussitôt, un orage éclata sur la ville.
Dans la crainte, sans doute que quelques mauvais plaisants n’exploitassent la circonstance pour accroître l’anxiété publique, l’administration jugea à propos de doubler les postes et de multiplier les patrouilles pendant les nuit du 9 au 10 et du 10 au 11 mai. (Phare 26 avril, 11 et 12 mai ; Union 4, 10 et 11 mai).

12
Régates de la société nautique, sur l’Erdre.

14
Établissement prochain à Nantes d’une succursale du Comptoir d’escompte de Paris, sous la Direction de l’un de nos plus honorable citoyen.

Médailles en argent de 2ème classe décernées par l’amiral ministre de la marine à MM. Adolphe Desloges, propriétaire à Nantes, et Léon Henry, avocat de la même ville, pour sauvetage, au péril de leur vie de M. Borius, lieutenant de vaisseau, et de son jeune fils, au Pouliguen, le 12 août 1866.
Le ministre de la marine adresse un témoignage de satisfaction à M. Dulac, directeur à Nantes de la Cie d’assurances l’Union, pour le même objet.

15
Aujourd’hui, à trois heures après-midi, à la suite d’un orage accompagné d’une pluie torrentielle, la partie du canal comprise entre le pont d’Erdre et celui de l’Écluse, s’est couverte tout à coup d’une innombrable quantité de poissons qui, le ventre en l’air, flottaient à la surface de l’eau. Il y en avait de toutes tailles et de toutes sortes : brèmes, brochets, carpes etc… De nombreuses barques arrivèrent bientôt pour procéder à cette pèche facile ; déjà des enfants s’y livraient à l’aide de paniers emmanchés à des perches, quelques passants se servaient tout simplement de leurs parapluies. Les uns attribuent ce phénomène à l’orage, les autres à une infection subite et accidentelle de l’Erdre. Toujours est-il que ces poissons, à demi asphyxiés, revenaient à la vie dès qu’on les plongeait dans l’eau de pluie contenue dans une barrique du voisinage, ou que plus heureux ils parvenaient à la Loire.

17
Charlotte Moreau, femme de chambre des Delles du Guiny, chez lesquelles fut arrêtée la duchesse du Berry en 1832, est décédée aujourd’hui à Château-Thébaud, âgée de 74 ans dit l’acte de décès. Les offres les plus pressantes ne purent ébranler sa fidélité, et elle repoussa avec indignation tous les efforts tentés pour lui arracher un indice, ou lui faire accepter le prix de la trahison. Les dames de Marseille et de plusieurs autres villes de France lui envoyèrent des cadeaux comme témoignage de sa belle conduite, et sa famille les conserve avec respect. Elle était fille de Gabriel Moreau et de Charlotte Gobin, cultivateurs.

22
Commencement d’incendie dans les greniers de la maison n°17 rue du Calvaire ;

25
Commencement d’incendie dans une mansarde au 3ème étage de la maison rue Garde-Dieu n°6, à 5 heures du soir.

26
Ce matin, vers une heure, violent orage sur Nantes. Il est tombé 10 millimètres d’eau en une ½ heure.

 

Juin 1867

4
Second train de plaisir pour l’Exposition Universelle ; 25 wagons trainés par deux locomotives, emmènent 778 voyageurs dont 504 de Nantes.

7
Publication à Nantes d’une dépêche télégraphique de Paris du 6 juin ; annonçant qu’à l’issue de la revue passée dans le bois de Boulogne, près de la grande cascade, un coup de pistolet a été tiré sur la voiture occupée par l’empereur Alexandre, l’empereur Napoléon et les deux grands-ducs. Personne n’a été atteint. L’assassin a été arrêté immédiatement ; il a déclaré se nommer Kerryouski, natif de Wolhonie.
Le soir, convocation du conseil municipal et vote d’une adresse à l’empereur.

7
Erection de la statue de M. Billault, sur le piédestal destiné à la recevoir place du palais de justice.

11
A 3 heures de l’après-midi, la température a atteint à l’ombre 32 degrés.

13
Ce matin, par le canal de Bretagne et venant de Lorient, est arrivé à Nantes une sorte d'allège ou de gabarre matée, surmontée d’une maison en bois, avec portes et fenêtres contenant un certain nombre de chambres. C’est un touriste qui se rend, par la Loire et les canaux, à l’exposition de Paris, avec sa femme, ses enfants, ses domestiques et son mobilier. Le bateau est momentanément ancré devant la calle du quai Cassard, où il attire vivement l’attention des passants.

20
Banquet offert par la chambre de Commerce, à M. Carlier, ingénieur, chargé des études du canal de Nantes à la mer.

21
A dix heures du soir, un incendie important éclate rue Paré n°11. Le feu s’était déclaré dans un grenier rempli de bois d’osier sec. Un instant on eut de grandes inquiétudes pour les maisons qui bordent la place Bretagne ; mais à minuit toute crainte avait cessé.
A dix heures ½ pendant que les secours se concentraient sur ce point, le cri : au feu sur l’Ile Gloriette, se fit entendre dans la ville. C’était vrai, les flammes dévoraient un magasin d’épiceries situé sur le quai de cette île.

25
Violent orage sur la ville à 6 heures du matin.

28
Mme Heitzeberg, née Joséphine Lescote, jeune femme de 23 ans, bouchère sur la place du Bon Pasteur, 8, était à repasser du linge, lorsque tout-à-coup le feu d’une cheminée devant laquelle chauffaient ses plaques gagna sa robe. Eperdue elle se précipite sur la place quelle parcourt en tout sens. Les assistants troublés et terrifiés ne savaient comment s’y prendre. Quelques-uns essaient d’arracher ses vêtements, enfin un voisin arrive avec un sceau d’eau dont il inonde la malheureuse femme. Deux heures après l’événement le pavé était encore jonché des débris noircis et en partie consumés de la toilette de la victime qui mourut des suites de cet affreux accident le 12 août suivant.

30
Création à Nantes d’une agence du Comptoir d’escompte de Paris.

30
Les procession des paroisses ont été favorisées par un temps magnifique et les divers journaux constatent unanimement la bonne tenue de la population sur le parcours des divers cortèges.

 

Juillet 1867

2
Près de six cents personnes sont parties par le train de Bretagne de 6 heures ½ du matin, afin de prendre part au grand pèlerinage de Ste Anne d’Auray. M. l’abbé Fournier curé de St Nicolas conduisait les pèlerins qui arrivés à 11 heures à la gare d’Auray, se sont dirigés en très bon ordre vers Ste Anne, où une messe fut célébrée à la scala sancta.
Parmi les nombreuses récompenses accordées aux Nantais pour les œuvres envoyées à l’exposition universelles, nous citerons les suivantes, sans aucune prétention à faire une liste complète, mais nous bornant seulement à indiquer celles qui nous sont tombées sous les yeux.
Ont été nommés chevalier de la Légion d’Honneur MM. Elie Delaunay, Suzer, Elie Bertrand, fabricant de cuirs.
Prix décernés pour les beaux-arts :
MM Delaunay, 2ème prix de peinture.
J.L.A. Joyau, 1er prix d’architecture
F. Thomas, 3ème prix d’architecture
Médailles d’or…
MM. Lotz fils aîné l’habile mécanicien. Moride, pharmacien, pour ses produits chimiques. A Philippe et Cie, conserves alimentaire (groupe VII, classes 70 et 71).
Médailles d’argent.
MM. Paul Renaud, pour ses machines agricoles. J. Corgnard, pour la machine à coudre les voiles dont il est l’inventeur, grande médaille d’argent. Brissonneau frères, ingénieurs mécaniciens. Voruz aîné, id. Caillaud directeur du Muséum d’histoire naturelle. Brichet, armurier. Henry Charpentier pour ses belles éditions. Serpette Lourmaud Larray et Cie pour leurs savons.
Les médailles de bronze ne sont pas mentionnées ici.

4
Ecroulement d’un mur d’une vieille maison en démolition rue Rubens n°32 vers 6 heures du soir. Trois ouvriers furent précipités de la hauteur du 3ème étage ; deux d’entre eux ne reçurent que de legères blessures sans gravité, tandis que le sieur Escoubleau le plus jeune, âgé de 21 ans, avait les jambes brisées et de graves contusions, aux bras et à la tête, qui causèrent sa mort le lendemain à l’hôpital.

10
A la date du 10, on lit dans l’Union Bretonne : La nuit dernière vers 11 heures, le ciel présentait un admirable spectacle. La lune étincelante avait des lueurs de neige enflammée. Autour de l’astre, s’estompait une auréole d’une teinte vague et douce. Sur le bord extérieur de ce cercle, médaillon d’une transparence mate, au milieu duquel jaillissait la lumière de la lune, le firmament déroulait une large surface, d’un gris verdâtre, rayée çà et là par des veines blanches qui la coupaient en tablettes égales et symétriques. Tous les tons du marbre, toutes les nuances de l’agathe irisaient cette mosaïque céleste, d’un aspect fantastique. A l’opposite, le ciel, sans nuages, était complètement sombre.

L’Orphéon de Nantes, dirigé par M. Pérez, et fondé par M. Guilley, membre du Conseil municipal, vient d’obtenir le 1er prix de la 2ème Division, au festival, concours des orphéons, qui vient d’avoir lieu au Palais de l’Industrie à Paris.
Le 12 juillet à 11 heures ½ le train ramenait dans leur ville les membres de la Société orphéonique, qui reçus à la gare par une foule immense d’amis sympathiques et empressés qui leur firent cortège avec la musique des pompiers jusqu’à la mairie. Là M. Guilley, ayant offert au chef de l’autorité municipale la médaille d’or décernée en prix, avec prière d’en accepter l’hommage, le Maire a répondu :
« Mon cher Président ; je vous remercie bien sincèrement de vos bonnes paroles ; mais, permettez-moi de laisser cette médaille à sa véritable place, c’est-à-dire entre vos mains. Je rends comme vous toute justice aux membres de notre Orphéon, et je suis convaincu qu’il tiendra à l’honneur de rester digne de son passé.
« De mon côté, je suis heureux, mon cher président, de vous assurer que la Société orphéonique a acquis des droits trop nombreux à la bienveillance de l’Administration, pour que celle-ci lui fasse défaut. Dites à vos chers protégés qu’en toutes circonstances, ils peuvent compter sur le cordial appui de l’Administration que j’ai l’honneur de diriger ».

13
La société nantaise d’horticulture a obtenu un 2ème prix au concours de légumes et fruits à l’exposition universelle, pour la première quinzaine de juillet.

16
Aujourd’hui, à 9 heures 10 minutes du soir est mort à Paris, M. Ferdinand Favre, sénateur, grand-officier de la Légion d’Honneur, commandeur de l’Ordre de Charles III, officier de l’Instruction publique, maire de Nantes du 10 novembre 1833 au 20 août 1848, et du 8 août 1852 au 24 janvier 1866.

20
Obsèques de M. F. Favre

22
A 7 heures ½ du matin une charrette de foins s’est enflammée en passant sur la Chaussée de la madeleine ; il a fallu employer les pompes pour éteindre cet incendie.

26
A trois heures réunion dans la salle de la Mairie des anciens élèves du Lycée de Nantes, dans le but de fonder une association, ayant pour objet de renouer les anciennes amitiés, de raviver les vieux souvenirs et de faire un peu de bien. Allocution de M. Gallerand, proviseur du Lycée, et lui-même ancien élève de l’établissement. Nomination d’un comité composé de neuf membres : MM. Gallerand, Goutté, Clémanson, Du Champ-Henou, le commandant Boquien, Halgan (Stéphane), Van Iseghem, Etiennez (Etienne), Guichet.
Le lendemain le bureau a été ainsi constitué.
Président M. Boquien ; vice-président M. Clemanson ; secrétaire M. Van Iseghem ; trésorier M. Etiennez.

 

Août 1867

1er
Après avoir échappé à un violent orage, et relâché le 28 à Roscoff, le yacht Le Jérôme Napoléon venant d’Angleterre, est entré à St Nazaire.
Après avoir visité le port, le prince Napoléon est parti dans la soirée pour Nantes, suivi d’un officier de service et de son médecin seulement. Le préfet se rendit aussitôt à l’hôtel de France, où le prince était descendu dans le plus strict incognito, et eut avec lui un long entretien. Le lendemain, il prenait le train express de 7 heures du matin pour Paris.

1er
Pose d’un candélabre en face de la croix du pont de la Belle-Croix.

4
L’École professionnelle municipale de Nantes a obtenu une médaille de bronze à l’Exposition Universelle de Paris, pour les travaux de ses élèves. Dessin linéaire ; dessin artistique, cartes géographiques, produits chimiques etc…

4
Incendie vers 10 heures ½ du soir, dans la maison n°3 rue de Bel-Air, au fond d’une cour, dans laquelle demeurent plus de 30 personnes, qi effrayées ont rendu tout d’abord les secours très difficiles. Mais enfin les pompiers et 4 compagnies du 97ème arrivés sur les lieux ont promptement rétabli l’ordre et contribué à sauver e qui pouvait l’être. Les immeubles étaient assurés mais la majeure partie des mobiliers ne l’était pas.

9
Au concours général entre les Lycées des Départements, le Lycée de Nantes a obtenu un 5ème accessit de dissertation française, décerné au jeune Pierre Olivier Rostaing de Rivar, de Nantes.

12
M. Félix Thomas, architecte est nommé chevalier de la Légion d’Honneur.

13
Vers cinq heures du soir, un bœuf conduit à l’abattoir, échappa à son conducteur, au moment de franchir la porte de cet établissement. Il était courgé, c’est-à-dire qu’une corde tenait d’un bout l’un de ses pieds et de l’autre à l’une des cornes. Malheureusement la corde rompit. L’animal prit alors une course furieuse à travers la ville, une quinzaine de personnes furent renversées, mais aucune ne fut gravement atteinte. Dans la rue de Talensac, le bœuf enleva, sur ses cornes, le sergent de ville Médié qui tentait de lui barrer le passage, et le porta pendant une vingtaine de pas. Sur la Chaussée de la Madeleine, un sergent du 97ème eut ses habits déchirés et reçut des contusions qui nécessitèrent son entrée à l’hôpital. Enfin l’animal, toujours furieux, s’engagea dans la rue des Olivettes, dont on s’empressa de barrer les extrémités avec des charrettes. Il put alors être approché et attaché par le nommé Garnier garçon brasseur, et enfin abattu sur l’ordre de M. Gaudin, Conseiller d’État, de passage à Nantes et qui se trouvait sur les lieux.

14
Un orage violent éclata sur la ville peu après la retraite aux flambeaux.

15
Pluie torrentielle. Dans la nuit du 14 au 15 et la journée il est tombé sur Nantes l’énorme quantité de 23 millimètres d’eau.

16
M. Hélie, directeur de l’École préparatoire de médecine de Nantes, et M. Ricordel, maire de Couëron, membre du Conseil général sont nommé chevaliers de la Légion d’Honneur.

24
Le relevé du mouvement de la population, dans toutes les communes de la Loire-Inférieure, pendant l’année 1866, a donné les résultats suivants :
Naissances 15.355
Décès 12.941
Excédant pour les naissances 2.414
Différences pour les naissances en 1865, 2764
Représentant pou 1866, une diminution de 350

Mariages 4.224
Mariages en 1865 4.176
Excédant pour 1866 48
_________
Pendant l’année 1866, il a été déposé à la préfecture de la Loire-Inférieure 332 ouvrages sortants des imprimeries du Département et pouvant se décomposer ainsi : ouvrages religieux 22 ; de médecine 9 ; de science et de littérature 51 ; études et observations d’intérêt local 189 ; ouvrages périodiques. En plus 85 gravures ou estampes, 2 cartes et plans, quatre compositions musicales, ce qui forme un total de 423 œuvres déposées.

 

Septembre 1867

2
De 1 heure à 6 heures du matin un orage d’une violence extrême a éclaté sur la ville. La quantité de pluie s’est élevée à 10 millimètres de hauteur d’eau. La foudre est tombée en plusieurs endroits, spécialement dans les environs des Folies-Chaillou. Le tonnerre a enlevé une partie de la toiture d’un petit chalet de l’avenue Rabu. Un peuplier bordant le chemin des Dervallières, en face de l’auberge dite : Au repos de Jules César, a été dépouillé d’une partie de son écorce, le fluide s’est ensuite perdu dans une pièce d’eau de la propriété Caillé.

11
Dans son n° du 9 le Phare de la Loire avait ainsi classé les villes de France d’après leur population. 1er Paris, 2ème Lyon, 3ème Marseille, 4ème Bordeaux, 5ème Nantes, 6ème Rouen, 7ème Toulouse, 8ème St-Etienne, 9ème Lille, 10ème Strasbourg.
Un M. Ferrand de Rouen, de passage à Nantes, rectifie ainsi ce classement erroné.
1er Paris : 1.779.436
2ème Lyon : 300.761
3ème Marseille : 286.281
4ème Bordeaux : 181.424
5ème Lille : 146.943
6ème Toulouse : 114.085
7ème Nantes : 107.587
8ème St-Etienne : 93.047
9ème Rouen : 93.019
10ème Strasbourg : 72.126

14
Cette après-midi vers 4 heures, un train spécial à double traction, conduisait de St-Nazaire à Paris 325 Autrichiens, 27 Belges, 44 Prussiens et 95 Français venant du Mexique et arrivés sur le paquebot Le Panama, mis en quarantaine.

15
Inauguration de la statue de M. A. Billault, ministre d’État, cérémonie présidée par M. Roucher.

22
Aujourd’hui est mort d’une façon bien regrettable le dernier survivant des victimes de l’explosion de la tour des Espagnols, le 25 mai 1800. M. Mabille des Granges, privé d’un bras, et dont l’intelligence par suite de la commotion qu’il éprouva lors de ce terrible événement, était toujours restée obscurcie, habitait une propriété à Mauves. Dans la soirée du 21, il revenait de voir un de ses voisins, lorsqu’ayant fait fausse route il tomba dans un ravin de douze à treize pieds de profondeur. Le lendemain seulement ses gémissements attirèrent une femme qui passait non loin de là. Il fut aussitôt transporté à son domicile, où malgré les soins des médecins il expira dans l’après-midi.

25
M. le docteur Hélie, directeur de l’École de médecine et chevalier de la Légion d’Honneur, décédé le 23 septembre, a été inhumé le 25 au milieu d’un immense cortège de confrères et d’amis. MM. Papin-Clergerie, adjoint, Pihan Dufeillay père, professeur à l’École de médecine, Petit, médecin en chef de l’asile des aliénés, Dufour, président de la Société académique, se sont fait les interprètes des regrets qu’emportait le savant docteur et lui ont rendu un hommage bien mérité.

 

Octobre 1867

8
Par dépêche télégraphique, arrivée ce jour à Nantes, M. A. Dufour, Maire de Nantes, a appris qu’il était nommé chevalier de la Légion d’Honneur ; le décret porte la date du (non précisé).

8
Vers 11 heures du matin, une bourrasque a passé sur la ville avec la violence d’une trombe, brisant les arbres et renversant les cheminées. Elle a eu peu de durée.

9
Obsèques de M. Louis Pierre Antoine Christiani, comte de Ravaran, chef de bataillon en retraite, officier de la Légion d’Honneur. Au cimetière, discours prononcé par Monsieur le Commandant Ricques.

11
Enterrement de M. Joseph Paul Hyacinthe Raymond de Rascas, colonel d’infanterie en retraite, chevalier de Saint-Louis, commandeur de la Légion d’Honneur, mort à l’âge de 91 ans le 8 courant.
Cet officier supérieur avait pris part à plusieurs grandes batailles de l’Empire, particulièrement à celle de la Moskowa, où il fut fait chef de bataillon. Il avait commandé le 15ème de ligne sous la Restauration.

18
Dépêche télégraphique du préfet du Loiret, annonçant une crue de la Loire.

20
Le dernier train de plaisir, parti aujourd’hui, emmène 800 voyageurs.

21
Quelques volontaires pontificaux de Bretagne et de Vendée partaient aujourd’hui, par le convoi de 5 heures du soir, sous la conduite de M. l’abbé Peigné, directeur de l’œuvre de Toutes-Joies. Ce départ avait rassemblé dans la grande salle de la gare un nombre considérable de personnes, parmi lesquelles une quarantaine d’ecclésiastiques et quelques dames qui étaient venues faire leurs adieux aux partants. La circulation était devenue impossible. Au moment où la cloche avertit les voyageurs d’entrer dans les salles d’attente, les cris de vive le Pape, vive Pie IX, furent poussés par toute cette foule. Mais, en même temps, il y fut répondu par les cris de vive Garibaldi, à bas le Pape, et par des sifflets. De là, un tumulte indescriptible, des injures, des menaces, et même des provocations. Un conflit était imminent. Le commissaire fait aussitôt évacuer les bâtiments de la compagnie. Les altercations et les cris n’en continuèrent pas moins dans la cour, et se prolongèrent sur le quai jusqu’à la place de la duchesse Anne, où enfin les antagonistes se dispersèrent. Cet événement donna lieu à divers articles du Phare de la Loire, de l’Union Bretonne et de l’Espérance du Peuple.

22
A peu près à la même heure, c’est-à-dire vers 6 heures ½ un incendie considérable a éclaté dans la raffinerie de sucre de M. Glatigny et Cie, rue Grande-Biesse, sur les ponts. Le feu a pris dès le début de telles proportions que tous les secours possibles n’ont pas empêché l’établissement de devenir la proie des flammes. M. Glatigny estime ses pertes à 260.000 francs couverts par les Compagnies d’assurances.

22
Ce même soir avait lieu dans la salle de la société des Beaux-Arts, un splendide concert donné au profit des pauvres, par l’Orphéon de Nantes, et qui a produit 512 francs, que M. Guilley, président, a versé entre les mains du receveur du Bureau de Bienfaisance.

23
Le Moniteur trace ainsi le tableau des revenus ordinaires des onze premières villes de l’Empire.
Paris 134.393.800
Marseille 11.218.938
Lyon 9.174.877
Bordeaux 9.066.222
Rouen 5.645.068
Lille 2.610.422
Nantes 2.495.263
Toulouse 2.225.850
Le Havre 2.215.583
Toulon 1.775.906
Saint-Etienne 1.729.492
Strasbourg 1.690.281

29
Vers midi, un affreux accident a causé la mort d’une femme et de son enfant à la carrière de Miséri. Une pauvre femme, la veuve Moinard, âgée de 25 ans, cassait des pierres dans la carrière, lorsque sa fille âgée de 2 ans ½ ayant eu soif, la mère la conduisit à une source située dans un creux du rocher. A peine y étaient elles arrivées qu’un éboulement eut lieu, et la mère et la fille étaient instantanément écrasées sous les quartiers de roche.

 

Novembre 1867

4
Rentrée des tribunaux après la messe solennelle du St Esprit dite à St Nicolas.

7
Mort de M. Victor Mangin, journaliste rédacteur en chef du Phare de la Loire. On a de lui deux romans, un grand nombre de nouvelles, un volume de poésies, etc…

12
Arrivée par le paquebot la Louisiane de Mme Miramon, veuve du vaillant général fusillé en même temps que l’empereur Maximilien à Quérétaro. Madame Miramon vient dit on se fixer en France.

18
Crue en Loire annoncée par le préfet du Loiret.
Le Phare annonce à la date du 14, que la souscription ouverte dans ses bureaux, pour les ouvriers sans ouvrage de la raffinerie Glatigny, incendiée le 22 octobre, précédent à produit la somme de 496 francs.

21
Aujourd’hui sur nos quais, les passants ont été témoins d’un spectacle unicité : La Sologne, locomotive routière, sortie des ateliers de M. Lotz fils aîné, remorquait une locomotive ordinaire, confectionnée chez M. Voruz aîné. Malgré le poids énorme de cette masse, la Sologne l’a traînée facilement jusqu’à la gare de la prairie de Mauves. La Sologne se rendra prochainement à Giens (Loiret), par la route charretière, pour y être employée à un service de messageries.

22
Une souscription spéciale ouverte au Phare de la Loire, pour les ouvriers sans travail, a produit une somme totale de 2846 francs 25 centimes.

27
Une représentation donnée par le directeur du théâtre pour le même objet a produit le chiffre de : 587 francs.

 
 

Décembre 1867

 

Dans la nuit du 31 au 1er une violente tempête s’est élevée sur notre contrée et a duré une partie du jour. Une cheminée s’est écroulée rue du Roi Baco, sans blesser personne. Le vent était furieux et la mer démontée, et le lendemain lundi 2 il a fait de la neige.

1er
La société des anciens élèves du Lycée s’est définitivement constituée dans la réunion tenue dans la grande salle de la mairie.

7
Ce matin a eu lieu dans la cour de l’abattoir, rue Talensac, l’ouverture du nouveau marché à la viande qui se tenait antérieurement place du Port Communeau. Ce marché a trois entrées, la principale rue Talensac, la seconde rue de Bel-Air, la troisième par un escalier d’assez mauvais effet situé à l’angle de la rue Moquechien, et petite rue Moquechien. Le phare de la Loire du 8 contient un rapport de M. le docteur Guépin, rapporteur du conseil municipal dans l’affaire de ce nouveau marché.

10
Pendant la journée d’hier, le froid déjà intense les jours précédents est devenu beaucoup plus sensible. Les thermomètres, qui, à 7 heures du matin marquaient un degré au-dessous de 0, à 10 heures du soir étaient descendus à 4 ½. Pendant la nuit le maximum a été de 8 ½, et ce matin ils marquent 6 ½. Les glaces sont en Loire et l’Erdre est prise. Le 11, la température s’était considérablement adoucie.

15
La Société Académique de la Loire Inférieure a tenu sa séance publique annuelle, dans la salle des Beaux-Arts, sous la présidence de M. Edouard Dufour. Pendant les intervalles de plusieurs discours, les artistes de la ville ont fait entendre plusieurs morceaux fort applaudis.

La cherté persistante des vivres et la rigueur de la saison, occasionnent à la classe ouvrière de telles privations que l’administration municipale a pris l’initiative de souscriptions à domicile que des comités prochainement organisés seront chargés de recueillir.
Une réunion présidée par M. le Maire de Nantes a eu lieu aujourd’hui 15 novembre, dans la salle de la Mairie. Elle a décidé la formation de six comités d’arrondissement ; et, sous la présidence de M. le Maire, elle a nommé une commission de six membres pris dans chacun de ces comités, savoir : MM. Armansin, Massion-Rozier, Guépin, E. Babin, A. Brousset trésorier, Larrey secrétaire.

24
Le 24, dans une nouvelle réunion M. Larrey donna lecture d’un rapport duquel il résulte qu’une somme de 62.000, montant des souscriptions avait été versée entre les mains de M. Brousset, de que le chiffre des inscriptions des familles à secourir s’élevait à 4.424.
Deux sortes de bons furent adoptées pour les distributions. 1°, Bons de fourneaux alimentaires, d’une valeur de 30 cent. Donnant droit à un potage de 75 centil. de bouillon, 125 gr. pain, 60 gr. bœuf ; ou l’équivalent en aliment délivrés par les fourneaux alimentaires. 2°, Bons de différence sur les pains de 3 kilog. pour lesquels le comité paiera le surplus de 1 franc par pain, soit une différence de 35 cent.

Ouverture du cirque de la Renaissance place Brancas.

26
Aujourd’hui a eu lieu sur les quais l’essai de la locomotive routière Dom Pedro II, sortie des ateliers de M. Lotz aîné, et destinée au Brésil. Cette locomotive remorquait un wagon aménagé pour 2.500 kil. de marchandises, et une seconde voiture pouvant contenir 50 personnes, dans laquelle avaient pris place MM. le général commandant la division, le préfet, l’ingénieur Lorieux, le proviseur du Lycée et plusieurs invité. Après avoir traversé une partie de la ville, le train a voyagé d’une manière très satisfaisante sur la route de Vannes.

 

Janvier 1868

1er
L’année débute par un froid rigoureux. A 7 heures du matin, le thermomètre marquait 7 degrés, à 10 heures 6, à 4 heures 4, à 10 heures 6, et dans la nuit 9 degrés 5/10ème. Des patineurs se sont faits remorqués sur la rivière d’Erdre, où la glace ayant atteint une épaisseur considérable, offre une consistance des plus grandes.

2
Ce matin la température s’est légèrement adoucie, cependant il gèle encore. On assure qu’entre Indret et la Basse-Indre plusieurs personnes ont travers la Loire.

3
Vers 11 heures du soir la neige a commencé et continue avec persistance.

4
Au point du jour le thermomètre marquait 10 degrés 5-10ème. La neige tombe toujours avec abondance, la circulation sur la plupart des routes est interrompue et la Loire est tellement prise que des enfants de 13 à 14 ans s’amusent à la traverser en divers endroits. Plusieurs traineaux circulent dans les rues de la ville.

7
Un vaste brasier alimenté par du bois et du charbon de terre avait été allumé vers 7 heures du soir sur le milieu de la place Viarmes. Cette initiative bienveillante due à l’administration a procuré un instant de soulagement aux nombreux malheureux de ce quartier si peuplé.

12-13
Pluie fine, dégel, les glaces fondent et la débâcle de la Loire s’annonce comme prochaine.

14
Dans l’après-midi les glaces ont commencé à se mettre en mouvement dans le bras du pont de la Bourse ; mais elles se sont bientôt arrêtées devant le quai de la Fosse.
Avant-hier, un incendie s’est déclaré dans un chantier de bois, situé quai de Barbin, appartenant à M. Bénard marinier, qui a déclaré avoir perdu pour 6.000 francs de bois, mais être couvert par une assurance.

 

Février 1868

8
Le corps de musique du 97 ème de ligne, abandonne au Bureau de bienfaisance la somme de 200 francs qui lui avait été allouée pour sa participation au bal de charité.

28
Dernière liste des souscriptions pour les familles nécessiteuses. Somme totale 64.031,25 francs.

 

Mars 1868

4
On démolie en ce moment l’ancien Jeu de Paume situé à l’angle des rues du Calvaire et Lekain, dans lequel M. Motté avait installé les vastes magasins dits : Le Grand Bazar.

8
Une tempête extrêmement violente s’est fait sentir à Nantes. Le vent et la pluie tourbillonnaient par rafales. Le vapeur faisant le service entre Donges et Paimboeuf a du interrompre ses voyages. Celui qui voyage entre Nantes et Saint-Nazaire a été contraint de s’arrêter au Migron. Les bacs du Pellerin et d’Indret n’ont pas marché. Une partie de la toiture d’un pavillon de la Raffinerie Nantaise a été emportée.

12
M. Chartier, quartier-maître de manœuvres à Nantes, décoré d’un nombre considérable de médailles de sauvetage, est nommé chevalier de la Légion d’Honneur.

12
Vers 11 heures un incendie s’est déclaré dans les greniers d’une maison située rue Lebrun, quartier Saint-Clément ; grâce à la promptitude des secours, le sinistre n’a eu qu’une minime importance.

15
Décès de M. François Polo, ancien adjoint au maire de Nantes.

24
Inauguration de la nouvelle salle de la Renaissance, par la représentation du Misanthrope, avec Lafontaine et M elle Lloyd ; direction de M. Guillaume, sous-chef démissionnaire du bureau de la guerre à la Mairie.

25
Admission du public à visiter les projets des plans et façades de la place Saint-Pierre exposés dans la grande salle de l’hôtel de ville, de 8 heures du matin à 5 heures du soir, depuis ce jour jusqu’au 5 avril.

25
Nomination de M. Coutan, comme conservateur du Musée, en remplacement de M. Baudoux décédé le 14 février dernier.

30
Les journaux mentionnent vers cette date l’empressement avec lequel de nombreux visiteurs viennent chaque jour examiner les projets exposés dans la grande salle, et les discussions animées que font surgir la divergence des opinions.

 

Avril 1868

1er
Distribution des prix décernés pour le concours des bestiaux tenu à l’abattoir

2
Deux machines balayeuses mécaniques, du nouveau système adopté par la ville de Paris, ont subi une épreuve très concluante pour la salubrité publique. L’essai s’est fait depuis le pont de la Bourse, sur le quai Henry Chevreau, jusqu’à l’entrée de la Fosse.

11
Un événement qui a eu un certain retentissement s’est passé samedi 11 courant. M elle Amélie Brossaud, jeune fille de 16 ans, était venue pour les fêtes de Pâques chez ses parents, propriétaires du magasin de nouveautés situé à l’angle des rues Crébillon et Santeuil, à l’enseigne de la Ville de Nantes.

M elle Brossaud, la mère et la domestique, mangèrent à dîner de la bouillie de farine, et se sentirent bientôt indisposées, et la première en proie à d’intolérables douleurs mourut à 3 heures du matin.

Cet empoisonnement a donné lieu à une enquête de laquelle il résulte que quatre autres familles avaient éprouvé de graves accidents, après avoir fait usage de certains mets apprêtés avec de la farine. Le parquet fit saisir chez le boulanger et procéder à l’analyse des farines saisies. De nombreuses expériences, plusieurs fois répétées ont démontré que les accidents qui ont si péniblement ému la population, ne peuvent justifier aucune inquiétude, et que l’enquête n’a révélé aucun fait de nature à engager la responsabilité du boulanger Boutard. C’est par un événement fortuit et exceptionnel, que le 11 avril seulement, une substance toxique s’est trouvée accidentellement mélangée dans une quantité relativement très faible de farines vendues à cinq familles différentes.

16
Ce matin, à 4 heures, un incendie s’est déclaré dans les combles de la maison Poydras rue Contrescarpe 11. La perte se réduit au contenu d’un grand grenier rempli de bois et de mottes et à une partie de la charpente.

24
Le vent a soufflé en tempête hier et aujourd’hui, tourbillonnant et enlevant des ardoises. La mer est affreuse et une dépêche de Saint-Nazaire apprend que le trois-mâts neuf Rosario, descendant la Loire, s’est échoué sur les vases du côté de Donges.

Entre la Couronnée et la pointe Saint-Gildas, un déplorable naufrage s’est bien malheureusement accompli. Le trois-mâts anglais Queen of the South, du port d’environ 2.000 tonneaux, venant de Callao à Saint-Nazaire, mouilla vers 3 heures du soir, poussé par la tempête, en face de la pointe de Saint-Gildas. 42 personnes étaient à bord. Jusqu’à minuit le navire tint bon, mais alors une des chaînes ayant manqué il toucha et s’emplit d’eau. Les chaloupes mises à la mer sombrèrent aussitôt. Parmi les hommes restés à bord un seul après s’être attaché à un débris parvint à atteindre le rivage. Trois autres qui s’étaient réfugiés sur le beaupré ont été recueillis, le 25 au matin par le patron du chasse-marée, la Jeune Marie Désirée, de Noirmoutier, M. Chantreau, qui pour son dévouement en cette circonstance a été nommé chevalier de la Légion d’Honneur.

26
Hier le vent était tellement fort qu’une charrette chargée de 500 bottes de paille a été renversée sur le pont de Pirmil, et l’ouragan a dispersé 300 bottes environ dans la rivière.

 

Mai 1868

3
L’hippodrome de la Plée a été inauguré avec un succès éclatant et la journée a été réellement fort belle.

5
Deuxième journée des courses, troublée par une violente averse.

7
Obsèques de M. Henry Augustin Thebaud, ancien négociant, membre du Conseil municipal, ancien commandant de l’artillerie de la garde nationale.

8
Mouvement de la population de Nantes en 1867 :

Naissances

Enfants légitimes garçons 1202
Enfants légitimes filles 1143
Total 2345

Enfants naturels garçons 227
Enfants naturels filles 206
Total 433

Total général 3778

Il y a eu 28 naissances doubles, dont 38 garçons, 34 filles, et sur ces 72 enfants, 11 morts-nés et 61 vivants.

Décès

Hommes

Garçons 767
Hommes mariés 470
Veufs 193
Total 1430

Femmes
Filles 665
Femmes mariées 328
Veuves 341
Total 1334

Total général 2764

Morts-nés, garçons 92, filles 82, total 174.

Mariages

Garçons et filles 664
Garçons et veuves 35
Veufs et filles 81
Veufs et veuves 33
Total 813

Sur les 1626 conjoints
Ont pu signer : 668 hommes et 556 femmes.
N’ont pu signer : 145 hommes et 257 femmes.

Sur ces 813 mariages ; 4 ont été précédés d’actes respectueux ; 3 ont été contractés entre beaux-frères et belles-sœurs ; 32 entre cousins et cousines germaines ; 35 ont légitimé 46 enfants existant avant le mariage.

(Voir le Phare de la Loire du 8 mai)

9
Un déplorable accident est arrivé pendant qu’on procédait en Loire aux essais des machines de deux yoles à vapeur construites par M. Oriolle, ingénieur civil. A bord de l’une de ces yoles étaient MM du Chalard, ingénieur en chef de la Marine, Morin, lieutenant de vaisseau chef du mouvement du port, et Oriolle. Vers deux heures le petit vapeur remontait le fleuve lorsque près de Roche-Maurice, la chaudière fit explosion. Le bateau s’entrouvrit et sombra immédiatement. M. Morin, M. Oriolle, le chauffeur, plus ou moins contusionnés, regagnèrent les digues à la nage, M. du Chalard ne reparut pas.

Retrouvé, au bout de quelque temps, après le sauvetage du bateau et de la machine, et au lieu même où celle-ci venait d’être enlevée, le corps du malheureux ingénieur ne portait aucune trace de blessure.

Informé par M. le vicomte de Beaufort, commissaire général de la marine à Nantes, M. le Ministre vient d’ordonner que les obsèques de M. Charles Eugène du Chalard, ingénieur de 1 ère classe de la marine, officier de la Légion d’Honneur, mort dans un service commandé, auront lieu aux frais du ministère de la marine.

11
Les honneurs funèbres ont été rendus à 1 heure à M. du Chalard, par un nombreux détachement du 97 ème de ligne, commandé par un chef de bataillon. Les cordons de poêle étaient tenus par M. de Barmont, capitaine de frégate, inspecteur des postes sémaphoriques ; M. Rebecq, inspecteur adjoint ; M. Moreau, commissaire de marine et M. Dudrail, ingénieur attaché à l’établissement d’Indret.

Un grand nombre de diverses administrations et de notabilités suivaient le cortège de cet homme de bien et de cœur, honorant ainsi son mérite et sa vertu.

15
Obsèques de Mme Arsène Victoire Giraud, en religion sœur St Denis, supérieure de la maison de Saint-Joseph, décédée le 13 à l’âge de 63 ans, après avoir dirigé cet établissement pendant 25 ans. M. le préfet, à la tête de la commission administrative, assistait à la cérémonie, ainsi qu’une foule de personnes de tous les quartiers de la ville, et de notabilités, que la chapelle trop étroite ne pouvait contenir.

Le Moniteur publie la nouvelle liste suivante des médailles et de lettres de félicitations décernées par le ministre de l’agriculture, du commerce et des travaux publics, à l’occasion de l’épidémie cholérique de 1867.

Médaille d’or : les sœurs de Saint-Laurent sur Sèvres, à Nantes ; M. le docteur Robert, médecin et maire d’Indre, décoré de la Légion d’Honneur le 16 mars dernier.

Médaille d’argent : M. le docteur Amelot, maire d’Ancenis.

Lettres de félicitations : MM Eonnet, Kerguistel et Barbin, étudiants en médecine ; l’abbé Bonhomme vicaire de la Madeleine ; Patureau, Pihan-Dufeillay, Cailleteau et Berruyer, médecins à Nantes ; les administrateurs des hospices ; Papin-Clergerie, adjoint au maire de Nantes ; Berlier, commissaire central ; Moreau, Guérin de la Poterie et Bastouil, commissaire de police à Nantes ; de Chastellux, sous-préfet de Savenay : Mme de Chastellux, MM Guillouzo, médecin et maire de Saint-Nazaire ; le curé de Batz ; Benoit, Grazais, comte du Planty, comte de Lamotte ; baron Bertrand-Geslin ; le curé de Riaillé ; Puybaraud, médecin adjoint à Ancenis ; M elles Rabin et Leray ; Chandonné, sous-préfet de Paimboeuf ; Riou, médecin maire de Paimboeuf ; Chichet, médecin du Pellerin.

 

Juin 1868

7
Grand festival donné sur le cours Napoléon, au bénéfice de l’orchestre du grand théâtre. La fête a été magnifique. L’orchestre de la salle Graslin, la musique du 97 ème et les choristes de l’Orphéon, ainsi que MM Parme et Grougrou, ont parfaitement bien rempli les attrayantes promesses du programme. La recette s’est élevée à près de 3.000 francs.

10
Trois de nos compatriotes viennent d’être médaillés au salon, MM Hippolyte Dubois, peintre ; Lebourg et Caillé, sculpteurs.

12
Vers quatre heures du matin un violent incendie s’est déclaré rue des Olivettes, dans la scierie mécanique et les chantiers de bois et de charronnage de M. Douaud. En peu d’instants les flammes ont pris un tel développement que cette vaste usine, bâtiments, machines, scies, accessoires, tout a été détruit.
Les pompes de la ville numéros 7-9-10-11 et 12, ainsi que celles de l’Hôtel Dieu, de MM Etienne et Legal ont été parfaitement servies par les ouvriers et la troupe qui a puissamment contribué à circonscrire le feu dans le chantier. Les pertes sont couvertes par les assurances.

13
Vers trois heures ½ du matin, les flammes se manifestaient sur le quai Hoche, dans une cour vulgairement connue sous le nom de cour de la République ; trois corps de bâtiments construits en briques ayant rez-de-chaussée, premier étage et mansardes, ont été subitement embrasés. Ils étaient habités par des familles d’ouvriers, la plupart nécessiteuses, dont les chétifs mobiliers ont été détruits. Trente-quatre familles se trouvent sans logement. Les pompes Voruz et Etienne ainsi que les numéros 10-11-14 de ville, commandées par MM Lacquement et Joyau, ont été habilement manœuvrées. Deux pompiers ont été légèrement blessés ; MM André fourrier, et Lacquement fils.

Jules de Prémaray, journaliste et auteur d’un certain nombre de pièces dramatiques, vient de mourir à la maison municipale de santé du faubourg Saint-Denis à Paris. Il était presque de Nantes, étant né en 1819 à Pont-d’Armes département de la Loire-Inférieure. Son vrai nom était Jules Martial Regnault.
(voir Union Bretonne du 13 juin)

14
Ce matin à minuit, un commencement d’incendie éclatait rue de la Vierge. En peu de temps le feu, qui avait pris naissance dans un caveau, a été éteint. M. le capitaine des pompiers Chatelier a reçu dans ses bras un homme qui se laissait tomber du toit sur le pavé, et l’a ainsi empêché de se tuer ou de se blesser.
Sur l’information du préfet qui, déjà par les soins du commissaire central avait fait remettre des secours en argent, à tous les incendiés nécessiteux du quai Hoche, M. le ministre de l’intérieur a immédiatement envoyé une somme de 1.000 francs. De son côté M. le maire de Nantes a fait distribuer des secours en nature, et chargeait le commissaire central d’assurer un logement à tous les malheureux.

20
Un Nantais, M. Alphonse Leduc, flutiste et guitariste distingué, vient de mourir subitement à Paris où il s’était établi comme éditeur de musique.