Sur la Loire...

Le pont de Pirmil

 

Le pont de Pirmil fut pendant longtemps le seul accès possible à la ville de Nantes par le sud. Elément primordial de la première ligne de ponts, il permet de traverser le bras de Pirmil, le plus large et tumultueux des bras de la Loire.

La date de construction du premier pont de Pirmil est inconnue néanmoins selon les historiens on peut la situer entre le le IXe et le XIe siècle. Les matériaux alors utilisés pour sa construction sont inconnus, mais on sait que le pont était un édifice essentiellement fait de pierre au XIVe siècle.

Seule voie d'accès à la cité depuis la rive sud de la Loire, le pont de Pirmil fut un édifice majeur pour Nantes du point de vue économique et militaire. C'est pourquoi l'entrée sud du pont fut fortifiée au milieu du XIVe siècle sur ordre du duc de Bretagne Jean IV. Une forteresse y fut élevée afin d'en commander l'accès, elle prouva son efficacité à plusieurs reprises notamment en 1793 lors de l'avancée des armées vendéennes. Elle fut démolie en 1849.

Le pont de Pirmil, comme d'autres ponts nantais, était maisonné et des pêcheries étaient installées sous les arches ce qui contribuait à fragiliser sa structure.

L'histoire du pont de Pirmil est principalement marquée par ses effondrements réguliers provoqués par le régime de la Loire assez violent à cet endroit. A chaque fois la liaison entre les deux rives du fleuve était coupée et il fallut souvent beaucoup de temps avant qu'elle ne soit rétablie. En effet il fallut vingt ans de travaux pour achever la reconstruction du pont après la crue des années 1560. De même la crue de 1711 qui renversa une partie des arches du pont, donna lieu à de longues réparations qui durèrent vingt-cinq ans et furent de plus sources de conflit entre les autorités qui en avaient la charge. Bien que la ville avait confié la reconstruction des arches aux frères Laillaud, ces derniers durent travailler sous la direction de l'Académie Royale d'Architecture du fait de l'importance du pont pour les communications nord-sud au sein du royaume.

Le pont s'écroula à nouveau en mai 1924 après avoir été fragilisé par l'effondrement d'un immeuble situé sur lui. La municipalité décida alors de faire établir un pont de bateau avec l'aide du 6e régiment du génie d'Angers. Il fut très vite remplacé par un pont Pigeaud appuyé sur les piles effondrées et qui permettait le passage du tramway. Le pont en pierre de Pirmil fut finalement remplacé par un pont métallique situé un peu plus en aval et qui devait être plus robuste. Malheureusement il fut dynamité en 1944 par les Allemands afin de limiter l'avancée des troupes alliées. Il fallut trois ans pour réparer l'édifice qui fut remplacé par un pont provisoire en bois durant le temps des travaux.

Le pont de Pirmil fut doublé par un édifice en béton à la fin des années 80 pour accueillir la seconde ligne du tramway moderne.

Ce pont relie aujourd'hui la place Victor Mangin à la place de Pirmil.

Archives municipales de Nantes - 2014