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   Dossiers documentaires > Le pouvoir municipal
                                             
 
AA3. Lettre patente de François II, créant la mairie de Nantes
 
Lettres patentes de François II portant création de la mairie de Nantes
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Maire et échevins / Le Livre Doré / Les jetons des maires / Les armoiries des maires / Portrait du maire

Liste des maires de Nantes, de 1565 à 2008

 

 

 
BB 127/10                            


Maire et échevins

Dans le bureau servant du corps de ville composé à l’origine de douze membres (un maire, dix échevins, réduit à six à partir de 1581, et un procureur syndic), la fonction de maire est la plus recherchée.
En effet le maire dirige les conseils municipaux, commande la milice bourgeoise, est l’interlocuteur de l’administration royale et représente le corps de ville lors des manifestations religieuses (processions) et politiques (entrées de ville du roi ou de grands du royaume).

 
             


Le Livre Doré

L’établissement du Livre Doré de l’Hôtel-de-Ville de Nantes fut décidé par délibération municipale en date du 19 janvier 1575, « Qu’il sera faict ung pappier de seix mains de grand pappier pour inscrire et enregistrer les réceptions de Messieurs le Maire et Eschevins comme ils seront receuz ».

Le projet n’ayant pas été exécuté, une nouvelle délibération du 13 décembre 1577 « faict commandement au procureur scindic, de faire faire ung pappier en vellin pour insérer les noms de Messieurs les Maires et eschevins d’un coté et de Messieurs les juges et consulz d’aultre ».

Mais ce n’est qu’en décembre 1580 que Pierre Langlois miseur de la ville paya « à Gratien Certain la somme de quatre écuz et demy pour avoir faict ung livre en vellin couvert de rellié de cuir de veau, tainet en noir, et doré sur la couverture, fermant à crochet de cuivre, pour mettre et escripre les noms et surnoms des maires, eschevins, procureurs scindictz et greffiers de ladite ville qui ont esté depuis la création de la Mairye et qui seront pour l’advenir.Audict Certain, ung escuz quinze solz, pour avoir doré les fueilletz du livre en vellin, et l’avoir reiglé de rouge par dedans chacun fueillet ».

L’original du Livre Doré fut sans doute brulé en 1792 en application de la loi du 24 juin 1792 « les titres généalogiques et de noblesse qui peuvent exister dans les archives de l’Hôtel-de-Ville fussent mis au nombre de ceux qui doivent être brulés, qu’à cet effet il fut nommé des commissaires pour descendre dans ces archives, et y faire le triage de ces titres ».

Le Livre Doré avait par chance été copié en 1636. « M. le procureur du roi syndic fera faire huit copies du Livre Doré, pour être délivré à chacun de Messieurs, et audit syndic », et avait fait l’objet de trois publications.
La première en 1696, la seconde en 1721 et la troisième en 1750.

1 BA in 16°_11

L’archiviste et historiographe municipal Stéphane de la Nicollière-Teijeiro et M. Perthuis le republièrent en 1873 en le complétant du Conseil des Bourgeois de 1333 à 1564 et des municipalités nantaises de 1790 à 1873.
Puis une deuxième édition (1er supplément) en 1890, permit d’ajouter les municipalités de 1873 à 1888.
René Blanchard, successeur de La Nicollière-Teijeiro au poste d’archiviste de la Ville, publia le IIème supplément en 1901.
Enfin le IIIème supplément de 1943 est du à Fernand Soil secrétaire général de la Ville, mais il ne fut finalement publié qu’en 1958.

Sa publication en 1944 fut interdite par le service allemand de la « Propaganda-Staffel » car l’ouvrage relatait l’arrestation du maire Auguste Pageot par les autorités allemandes le 10 octobre 1940. La « Propaganda-Staffel » exigea même la destruction de tous les exemplaires mais omit de réclamer le manuscrit qui fut complété après guerre.

   


Les jetons des maires

En 1568, le maire et les échevins demandèrent au roi la possibilité « d’acheter pappier, plumes, escriptoires, jectons, robbes et habitz décentz et convenables ausdites dignités, pendant ledit temps de trois ans, affin qu’en ces mesmes habitz ils entrent audit bureau et exercent leurdit état ».

En cuivre, puis en argent, les jetons sont réservés aux maires. Frappés en l’honneur des premiers magistrats de la ville, ils portaient les noms et les armoiries de ces derniers ainsi que la devise et les armes de la ville. Cet usage subsista jusqu’en 1692, date de l’installation de la mairie perpétuelle, où il fut supprimé. Suite à l’édit de juin 1717 qui permet d’élire à nouveau le maire, l’émission des jetons fut rétablie par le maire Gérard Mellier.
Délibération du 10 novembre 1720 :
« Que Monseigneur l’intendant sera très humblement supplié de permettre, à la ville et communauté de faire frapper des jetons d’argent, au balancier établi par lettres patentes à cet effet dans la ville de Paris, lesquels porteront d’un côté ; ainsi qu’il a été pratiqué, les armes de ladite ville, et de l’autre celles des maires électifs, avec telle devise qui sera par eux choisie… ».

Louis Mesnard 1682 - 1684

Jean-Jacques Berrouette 1782 - 1786

Pierre Richard de la Pervenchère 1787 - 1789

   


Armoiries des maires

Dans la deuxième édition du Livre Doré de 1726, Gérard Mellier décide d’inclure les armes des maires.
Délibération du 20 août 1722 « Ouy le procureur en ses conclusions, a été arrêté que M. l’Intendant sera supplié de permettre à la communauté de faire graver les armes des maires de cette ville, depuis l’institution de la Mairie, jusqu’à présent, pour les joindre à l’édition du Livre Doré de cette ville ».

   
Gérard Mellier confie à Pierre Le Prieur échevin de faire réaliser à Paris ces armoiries. Une lettre du 25 janvier 1724 adressée à Le Prieur indique que les imprimeurs de Nantes « n’ont aucun ouvrier capable de tirer exactement les cartes des armoiries ; que d’ailleurs il n’y a ni papier de la qualité requise, ni colleur habile à Nantes… Il y aura toujours plus de 60 % à économiser de les faire tirer à Paris, tant sur l’oeuvre de main que sur le prix du papier ».
   
   
               
   
   
 
Les six planches des armoiries en cuivre seront réalisées par François Ferrand, maître graveur à Paris. Une septième planche fut gravée pour la 3 ème édition du Livre Doré de 1751 portant les neuf nouveaux écussons des derniers maires. Toutes les planches ont sans doute été détruites à la Révolution comme le Livre Doré.
 
   
                 

Sous l’ancien Régime, lors de son installation, le maire prêtait solennellement serment la main sur le tableau des saints évangiles, puis son prédécesseur lui remettait les clefs des archives, le sceau en argent et le cachet de la ville.

    

   


Portrait du maire

Le portrait du maire était pris en charge sur le budget de la ville comme l’indique le compte du miseur René Mocquard.

   
                       
  « A Jacques Cocquet, maistre peintre en ceste ville, la somme de vingt escuz solz a luy ordonnée, sur les deniers patrimoniaulx de ladite ville, pour ledict Cocquet avoir portrayz et paintz en grandz tableaux, Messieurs de la Branchoyre Marques, maire de ladite ville en 1585, et M. de la Noe Fruneau, aussi maire durant les deux premières années de ce compte, ainsi que les precedans maire d’icelle ville ».        
   

On doit aussi à Gérard Mellier la reprise de cette tradition des portraits, tradition interrompue depuis 1688 en raison des difficultés financières de la ville.

Un arrêt du conseil d’Etat du 21 mars 1721 prescrit d’affecter une somme de 300 livres, de deux ans en deux ans, pour les portraits des maires.

   
Les portraits des maires placés dans la galerie haute de l’Hôtel de Ville furent pour la plupart détruits ou lacérés à la Révolution en raison des symboles royaux ou aristocratiques qu’ils portaient en application de la loi du 3 brumaire an II (24 octobre 1793) et comme le montre le portrait de Charles Harrouys de 1598 exposé au Musée du Château des Ducs de Bretagne