C’est dans un famille bordelaise récemment installée à Brest que naquit Paul Bellamy le 27 octobre 1866, de Louis Edouard Bellamy et de Pauline Lucie Durand Gasselin , fille d’Hyppolite Louis, architecte renommé notamment pour sa participation à la construction de passage Pommeraye.
Grâce aux relations de sa belle famille, Louis Edouard acheta le 1er avril 1870 l’office de greffier au tribunal de Nantes.

C’est ainsi que Paul et sa famille s’établirent à Nantes. Après avoir fréquenté le lycée, il entama des études de droit à Rennes et obtint sa licence le 21 octobre 1886. L’année suivante il fut admis au stage des avocats du barreau de Nantes. Mais l’avocat fraîchement assermenté n’eu guère le temps d’exercer que son père lui offrit sa succession. Paul devint alors, par décret du 31 décembre 1891, greffier en chef du tribunal, poste qu’il occupa jusqu’en 1924.

Ses amitiés avec des magistrats et des avocats, comme le réputé Gabriel Guist’hau lui ouvre les portes d’une grande carrière politique, et notamment lorsque ce dernier, pour les élections municipales de 1908, l’incite à s’inscrire à ses cotés sur la liste de « concentration Républicaine » (radicale socialiste). Après la victoire, son ami devenu maire lui confie le poste de 1er adjoint. Mais en décembre 1910, la nomination de Guist’hau comme sous-secrétaire d’Etat à la Marine permet à Paul de devenir maire.

Cette nouvelle fonction s’ajoute à celle de représentant au Conseil Général pour laquelle il fut désigné en juillet 1910 : il ne quittera ces 2 postes qu’à sa retraite en 1928 (reconduit maire en mai 1912 et 1925, et réélu au Conseil Général en décembre 1919).

Paul Bellamy restera dans la mémoire collective comme le maire de Nantes pendant la première guerre mondiale. Les difficultés supplémentaires de gouvernance en temps de guerre s’ajoutent à celles déjà nombreuses des temps de paix, mais sa pugnacité et son écoute attentive des problèmes de la population lui permettent de les surmonter. Il arrive à conserver l’Union Sacrée pendant la durée du conflit, malgré la lassitude populaire croissante.

Gaston Veil, son premier adjoint, évoque le 11 mai 1928 l’action philanthropique du maire pendant cette période noire :

« Il fallait pourvoir à l’approvisionnement de toute la population, jamais, grâce à ses efforts, notre ville n’a manqué de rien. Il y avait à procurer des logements aux réfugiés, à soutenir moralement et matériellement tous ceux sur qui pesait une inquiétude des leurs. Pendant toute cette période, M. P. Bellamy a travaillé de jour et de nuit […] c’est toujours lui qui agissait personnellement, prenant des initiatives, avisant aux moyens mis en œuvre. Oui, nous le disons, il a été un maire admirablement dévoué à ses fonctions. Toujours sur la brèche ; il fit preuve d’une activité remarquable et d’un esprit avisé auxquels ses adversaires eux-mêmes se plurent à rendre hommage. »

Dans les 1ères années d’un retour progressif à la normalité, le maire de Nantes poursuit son ascension politique et devient en 1920, et ce jusqu’en 1928, président de l’Association des maires de France.

Déjà maire et conseiller général depuis 14 ans, il pose sa candidature aux législatives de mai 1924 pour le compte de la « Liste Républicaine » d’Aristide Briand. Elu, il devient alors député et s’inscrit au groupe Républicain Socialiste et Socialiste français.

Mais, en tant que maire de Nantes, sa position n’est plus incontestée : son hégémonie souffre de la dévalorisation de l’argent et de la fin de l’Union Sacrée. Les attaques de l’opposition redoublent.

Réélu maire de justesse en 1925, il est sévèrement battu aux législatives d’avril 1928, n’obtenant que 3 598 voix contre 10 284. Estimant ne plus disposer de la légitimité et de l’autorité suffisante pour administrer, il abandonne toutes ses fonctions le lendemain (de maire et conseiller général).

Il quitte Nantes en 1929 pour la station thermale de Cambo-les-Bains pour y soigner une tuberculose à laquelle il ne résiste pas. Il meurt le 29 mars 1930 et son corps est transféré à Nantes.

Après le défilé du cortège funéraire au milieu d’une foule compacte et de personnalités dont Guist’hau, son corps est inhumé dans le tombeau familial du cimetière protestant, rue de Miséricorde.

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