Le Vieux Gué Moreau :
bassin, cours d'eau ou ruisseau ?

Article rédigé par Moncef Farza

 

Il coule depuis des siècles, entre la route de Rennes et la route de Vannes, mais pour les besoins de la voirie, il est aujourd’hui canalisé et va se perdre dans les eaux plus profondes de l’Erdre, face à l’île de Versailles.

Le 15 septembre 1986, des orages particulièrement sévères ont inondé des quartiers entiers (rue  Emile Souvestre, rue Paul Bellamy, rue François Bruneau et tous les quartiers du quai de Versailles), voir photos.

« Qui croirait que c’est le mince filet d’eau  appelé ruisseau du Gué Moreau qui, sourdant du plateau de la Saulzinière, a creusé petit  à petit cette dépression au fond de laquelle il coule ».

Aujourd’hui, on aperçoit parfois le ruissellement du Gué Moreau aux abords du boulevard Lelasseur ou bien formant quelques petites nappes dans certains jardins. Derrière les murs du « Crédit Agricole », dans le jardin où poussent des bambous géants, on peut apercevoir un mince filet d’eau laissant croire à la survie du Gué Moreau. Il peine à traverser le boulevard Lelasseur, traçant son cours à travers les jardins de quelques résidences, parfois caché derrière un mur portant la plaque de la honte désignant l’endroit où furent enfouies les restes de milliers de victimes de la Révolution. Il coule encore selon sa faible puissance, traversant la rue de la Saulzinière, la rue Costes et Le Brix vers la rue Francois Bruneau où il trouve refuge dans l’actuelle propriété des seniors (les jardins d’Arcadie). Là, nous perdons sa trace car il s’enfonce définitivement pour aller alimenter quelque peu la rivière nantaise face à l’île de Versailles. Le bassin versant générateur des apports d’eaux pluviales est celui du Gué Moreau.

Un collecteur est équipé d’un déversoir d’orages à seuil mécanisé, avec rejet en Erdre du flot d’eaux pluviales excédentaires.

Le bassin du Gué Moreau couvre une surface de 230 ha. Aujourd’hui, pour lui éviter l’oubli  des nouvelles générations, une station Bicloo,  installée rue Paul Bellamy, porte le nom de ce majestueux ruisseau dormant.

Archives de Nantes - 2014