Le pont Saint-Mihiel

Article rédigé par Antoine Pouponneau

 

Le pont St-Mihiel enjambe l’Erdre. Il permet de relier la place Chateaubriand à la place de la Bonde. Il est le trait d’union entre le quartier Hauts-Pavés-Saint-Félix et celui de Malakoff-Saint-Donatien.

Les plans du pont actuel furent dressés par l’entreprise Charrière. Il présente le projet comme un pont métallique continu à trois travées, long d’environ 30m et large de 10. Le tablier métallique est en acier, il repose sur deux piles et deux culées en maçonnerie.


Histoire


Avant la construction de la première passerelle à la fin du XIXe siècle il n’existe aucun moyen de franchir l’Erdre entre le pont Barbin et le pont Morand. Ces deux ponts sont éloignés d’1 km l’un de l’autre, ce qui en ville représente une distance importante lorsqu’on se déplace à pieds ou en véhicule à traction animale. Par conséquent les habitants des deux rives qui se font face réclament depuis longtemps un pont charretier (pont qui permet de faire circuler des charrettes) pour faciliter les communications.

En 1875, face au manque de réactivité de la ville, les habitants décident de financer eux-mêmes un pont avec l’autorisation de la municipalité. Ils sont donc à l’origine de la première passerelle en bois, située à l’emplacement du pont St-Mihiel, qui eut malheureusement une durée de vie éphémère.

En 1892, la passerelle financée par les habitants est déjà obsolète car trop vétuste. Débute alors une campagne ardente pour la construction d’un nouveau pont. Elle est conduite par Jules Polo qui réalise un lobbying intense auprès des particuliers et des élus. Le 27 décembre 1894, la Ville annonce la construction prochaine d’une passerelle métallique pour piétons dont la durée de vie prévue est de 100 ans. Les autorités semblent répondre à la demande des habitants mais cela dissimule l’abandon de tout projet de pont charretier pour les années à venir. La construction d’un véritable pont reste vivement souhaitée par les habitants mais son coût est jugé trop élevé par la municipalité de l’époque.

Jules Polo fait en sorte de devancer le chantier en menant une souscription auprès des habitants pour la construction d’une nouvelle passerelle en bois, d’une durée de vie estimée à 15 ans, sans participation de la mairie. Il réussi à récolter une somme de 10 000 francs et la ville heureuse d’économiser la construction d’une passerelle métallique, décide d’abandonner son projet.

Cependant la seconde passerelle en bois financée par les habitants, comme pour la première, ne peut qu’être une solution provisoire. Les riverains peuvent donc toujours espérer la construction du véritable pont qu’ils réclament depuis si longtemps.

En effet en 1911 la passerelle est en mauvais état, il faut songer à la remplacer. La question du pont charretier se pose à nouveau. Pendant cette période les deux quartiers s’étaient encore développés. La ville alors moins soucieuse de ses dépenses décide la construction d’un pont pour 198 000 francs et en confie la réalisation à l’entreprise Charrière. Le pont est achevé en 1913.

Origine du nom


Au départ les habitants souhaitèrent appeler le pont St-Mihiel, « pont Polo » en l’honneur de celui qui a défendu leurs intérêts. Mais le pont ne fut nommé qu’après 1914. À cette époque les villes épargnées par les combats de la première guerre mondiales choisissent des villes de l’Est touchées par la guerre comme filleules. Nantes avait choisi St-Mihiel, ce nom fut donné au pont pour rappeler ce souvenir.
Auparavant les deux passerelles portèrent le nom de passerelle de Versailles ou de passerelle Barbin en référence à leur environnement géographique et urbain.

Archives de Nantes - 2014