Le site d'Auvours

Article rédigé par Yves-Marie Rozé

 

Le château et son extension

En 1905 est projeté un bâtiment de 26 x 12 m, sur 4 niveaux pour regrouper sur le site d'Auvours tous les bureaux dispersés dans Nantes et déménager l'atelier de Richebourg. La ville loue avec promesse de vente le terrain appartenant à la CGE. Fin 1905, le conseil municipal vote un crédit de 120 000 F.

Finalement mi-1908, les marchés sont lancés pour un bâtiment allongé de 6 mètres par rapport au projet initial, avec un escalier majestueux. Une fois les travaux achevés, les bureaux y sont installés en 1910, la date gravée sur le fronton arrière, comme celle en creux sur la girouette.

Bien qu’équipements communaux, les bâtiments du service  d’eaux ne sont pas l’œuvre de l’architecte de la ville, mais conçu en interne par le dessinateur du service d’eaux, sous l’autorité de l’ingénieur en chef Michel qui signe le projet définitif du bâtiment administratif.

S’il affecte extérieurement sur sa façade principale l’aspect d’un château du 17e siècle (beaucoup de nantais pensent que c’est un ancien château reconverti en bureau !), il dispose de planchers et d’un escalier en béton armé comme c’est désormais l’usage pour ce type d’édifice. Il bénéficie d’un équipement moderne : chauffage central, éclairage électrique « avec 22 lampes à incandescence de 30 à 100 bougies », ligne de téléphone, un mobilier en chêne fonctionnel. Les sculptures de la façade sont l’œuvre du nantais Georges Perraud.

Les quatre niveaux ont les affectations suivantes :
• au rez-de-chaussée, les comptables, les receveurs collecteurs et le Service Travaux,
• au premier étage la Direction et les bureaux d’étude pour l’eau mais aussi de l’assainissement,
• au second étage, sous les toits, l’horloge électrique (innovation pour l’époque), un logement de 4 pièces pour le garçon de bureau (présence sur place si besoin urgent de matériel) et des archives de chaque côté,
• au sous-sol aménagé en 1912, des magasins (les casiers sont toujours présents) et, dans le couloir central, une voie ferrée de 40 cm pour faire circuler des wagonnets de manutention Decauville (déplaçables manuellement sur des rails d’écartement de 40 cm, des plaques tournantes permettaient de sortir et de contourner le bâtiment et de rejoindre la voie extérieure à l’arrière du bâtiment, dans la « cour anglaise », enterré au ¾ ).

D’après ce qu’a entendu dire par des anciens M Guillon de Princé, ancien ingénieur au bureau d’étude, il y aurait eu aussi une pente pour l’accès des charrettes hippomobiles, et des crochets dans le sous-sol pour y attacher les chevaux.

Le monte-charge dans la cour derrière le bâtiment permettant de remonter les charges des sous-sols fut construit plus tard (il n'apparait pas encore sur le plan cadastral de 1970).

Le grand espace derrière les bureaux a été un parc à tuyaux entrecoupé d’allées charretières. Les bureaux ayant intégré le nouveau bâtiment, le bâtiment triangulaire de style italien au Sud est transformé en un restaurant municipal et un logement.

Le Service des Eaux se développant il manquait de place et un bâtiment moderne, est construit en 1965 derrière le « Château » qui reçoit les services gestion des travaux, comptabilité et accueil du public au rez-de-chaussée, et à l’étage sont installés le bureau de dessin et les archives, Le projet prévoyait une extension doublant la surface mais ne verra jamais le jour.

Avant 1978, la toiture du bâtiment du service des Eaux, côté Nord servant aux archives, est modifiée en un logement d’environ 100 m², avec 4 fenêtres de toit orientées vers l’arrière. Les locataires de ce logement, comme de celui derrière la pendule (aujourd’hui vides), étaient d’astreinte pour pouvoir fournir du matériel en cas d’urgence.
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En 1994, les services Direction, Gestion, Comptage et Etudes quittent après 84 ans leurs bureaux « aux parquets cirés et grinçants » pour un immeuble moderne situé le long du boulevard Seattle sur le site de la Roche. L’ensemble « château » + extension devient alors un « Centre multiservices » de la Mairie de Nantes. Il héberge ensuite  des associations jusqu’en 2014.

En 2016  le bâtiment moderne de 1965 a été démoli, et un bâtiment neuf intègre une crèche associative et sur la rue du Bourget une nouvelle mini-déchèterie.

Le « château » vendu en 2015, se transforme pour devenir en 2017 l’Hôtel Viarme : une résidence de sept logements et des bureaux tout en mettant en valeur l’essentiel de l’aspect extérieur.

Archives de Nantes - septembre 2016