Le parc de PROCÉ

Article rédigé par Nathalie Barré
(extrait de "Quartiers, à vos mémoires - Des Dervallières à Procé")

 

Les aménagements du parc


En 1912, la Ville acquiert le domaine de Procé auprès de la famille Caillé. Cette acquisition vient compléter à l’ouest de Nantes l’armature de grands jardins publics. A cette date, la propriété, d’une superficie d’environ douze hectares, close de murs, "contient plusieurs constructions, corps de ferme et maisons d’habitation mais la plus grande surface en est aménagée en jardins, parc, bois d’agrément et futaie". En effet, le tracé du parc a été réalisé en 1866 d’après les plans de Dominique Noisette, fils d’Antoine à qui l’on doit les premiers travaux du Jardin des Plantes. Quant au manoir, son édification date de 1789.

Lorsque, le 30 mars 1912, le maire de Nantes Paul Bellamy fit approuver par son conseil municipal l’achat du domaine, il conclut son exposé par cette phrase prophétique : « il arrivera une époque où ce parc sera en pleine ville et les Nantais d’alors nous seront reconnaissants de leur avoir aménagé le plaisir d’y passer d’agréables moments». Jusqu’aux années 50, de nombreux aménagements sont apportés au parc. Ainsi, pendant la Première Guerre mondiale, un terrain sportif est exécuté dans sa partie haute. Mis à la disposition des sociétés sportives, le stade de Procé est inauguré le 4 mai 1919. En 1936, des tribunes sont édifiées et il faut attendre l’après-guerre pour qu’une piste d’athlétisme soit créée. En 1935, la Ville achète des terrains à l’ouest et à l’est du parc afin de l’étendre du boulevard des Anglais jusqu’à l’actuelle rue Clovis-Constant.

En 1929, la Ville décide de transformer la Vallée de la Chézine en une promenade qui relierait le parc de Procé à la place Canclaux. La plupart des expropriations sont menées lorsque le départ de la municipalité Bellamy stoppe le projet. Cependant, une partie des terrains acquis permet d’édifier le stade scolaire à partir de 1941 ainsi que le jardin pour enfants. Le bassin de ce dernier installé au début des années 50 n’est autre que celui qui se trouvait sur la place Duchesse-Anne.

Aujourd’hui, le site vallonné du parc, d’une surface de seize hectares environ, compte plusieurs collections de rhododendrons, d’azalées, de chênes, de magnolias et de plantes vivaces, ainsi qu’un remarquable tulipier. Une grande prairie et un sous-bois escarpé, alternent avec une promenade le long de la Chézine. Le parc est agrémenté de sept statues allégoriques. Trois d’entre elles placées dans un petit bassin rectangulaire représentent l’océan, la Loire et le lac de Grand-Lieu. Ces effigies sont les derniers vestiges de la Poissonnerie municipale, détruite en 1939, qui s’élevait à la pointe de l’île Feydeau. Les quatre autres statues situées en haut du parc, décoraient autrefois les frontons du Trocadéro à Paris, démoli en 1937. Ces dernières représentent la sculpture, la botanique, la forêt et la moisson.

 

La Chézine


Jusqu'à l’annexion de Chantenay à Nantes en 1908, la Chézine marquait la frontière entre les deux communes. Cette rivière prend sa source à Saint-Etienne-de-Montluc. Sur la commune de Nantes, elle chemine entre le quartier des Dervallières et celui du Breil jusqu’au Parc de Procé. Puis elle s’écoule sous la rue de Gigant au moyen d’un voûtement achevé en 1906. Elle termine sa trajectoire par les égouts pour se jeter dans la Loire au niveau du quai de la Fosse.

En 1873, le conseil général décide la création d’un boulevard de ceinture. Les travaux débutent en 1874 et sont achevés en 1895. Long d’une dizaine de kilomètres, son tracé en demi-cercle part des environs de la gare de Chantenay pour aboutir à la prairie de Mauves. Le tronçon entre l’actuelle place Raymond-Poincaré et le rond-point de Vannes nécessite la construction d’un viaduc pour franchir la Chézine, le pont Jules-César, qui est achevé en 1879. Long de quatre-vingt-treize mètres, ce viaduc est composé d’arches en maçonnerie et sa balustrade mêle briques et pierres.

Archives de Nantes - 2014