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     Histoire des quartiers> Les associations de quartier
       
    "Collectif Batignolles"
(Fédération des Amis de l'Erdre)
       

Collectif rattaché à la Fédération des Amis de l'Erdre., regroupant très librement des personnes et des associations s’intéressant à l’histoire des Batignolles, du quartier, de l’Erdre.

Contacts :
Annick VIDAL
30, avenue de Normandie
44300 – NANTES

Jean-Luc GUILBAUD
31, rue du Fezzan
44300 – NANTES

Louis LE BAIL
14, chemin du Picot – Gâchet
44300 – NANTES

 
       

Activités


Le « Collectif Batignolles », s’intéresse à l’histoire de l’usine et des cités ouvrières des Batignolles et au devenir du site. Collecte de documents, d’archives, de témoignages …. Participation aux activités d’ « Entreprises et Patrimoine Industriel », et du « Collectif des Associations du Patrimoine industriel et portuaire nantais ».

 
       

Réalisations


« Les 80 ans des Batignolles » (mai 2000) : visite d’une partie de l’usine, expositions, spectacle évoquant la vie dans les cités.

Exposition évolutive (les cités en bois, l’usine).

Projet, en cours de réalisation, de reconstitution d’une maisonnette en bois semblable à celles des cités disparues dans les années 1970. Cette maisonnette, implantée à l’emplacement de la cité « la Baratte », constituera un « lieu de mémoire » inclus éventuellement dans un cheminement de découverte de l’histoire de ce quartier industriel. Le projet sera réalisé avec l’aide de la Ville de Nantes, de la Ville de Couëron (cité ouvrière Bessonneau), de l’Ecole Supérieure du Bois, de bailleurs sociaux, de négociants en bois, etc..

Participation au projet européen de classement des sites archéologiques industriels les plus intéressants (les Batignolles font partie des cent sites retenus).

 
       

Publications


Articles divers (« Petit Journal de Saint Jo » de l’Amicale Laïque de St Joseph de Porterie, etc.)

 
       
Actualité de l'association
 
       

Les cités en bois des Batignolles

  1917- La guerre mondiale dure depuis trois ans. La Société de Construction des Batignolles (avenue de Clichy à Paris) fait bâtir à Nantes, dans le quartier de Saint Joseph, une usine de construction et de réparation de locomotives. Elle y fabriquera des locomotives à vapeur « Pacific » pour le réseau des Chemins de Fer de l’Etat.

   Dans un premier temps, elle n’envisage pas de loger elle-même son personnel : la ville de Nantes est proche, une ligne de tramways dessert le quartier. La taille de l’usine prend-elle rapidement des dimensions non prévues à l’origine ? Les Batignolles nantaises recrutent dans toute la France, dans une bonne partie de l’Europe. Bretons, Autrichiens, Tourangeaux, Tchécoslovaques, Parisiens, Polonais … affluent par centaines à Saint Joseph de Porterie. En quelques années, l’effectif de l’usine passe de 700 à 3000 personnes. Il faut loger rapidement tout ce monde.

   Les ateliers ont été édifiés sur le domaine Saint Georges, acquis dans ce but. Pour recevoir les cités ouvrières, les Batignolles achètent plusieurs propriétés voisines : la Halvêque, la Baratte, la Bouchèterie, des terrains à Ranzay, la Renaudière ….

   1920 – Des permis de construire sont accordés par la Mairie de Nantes, pour édifier 450 maisons groupées en trois cités ouvrières : la Halvêque, la Baratte, Ranzay. Les cités seront composées de « maisons ouvrières en bois, type Bessonneau, adopté dans les régions dévastées, pour permettre, vu la pénurie de logements, de loger dans le plus court délai possible une partie des ouvriers nécessaires à la Compagnie Générale de Construction de Locomotives, en vue de développer le rendement de ses usines. »

   A Couëron, l’usine de Pontgibaud elle aussi fait appel à la Maison Bessonneau d’Angers pour édifier une cité, dont les vestiges portent encore aujourd’hui le nom : la « cité Bessonneau ».

   Les maisons de bois type Bessonneau ont trois ou quatre pièces. Elles sont composées de panneaux à double paroi. L’extérieur est en bois peint, rouge-brun ; les parois intérieures et les plafonds reçoivent un enduit en plâtre sur lattis ; un appentis, accolé à l’un des pignons, sert de débarras ; l’ensemble repose sur un socle de béton ; la couverture est en ardoises d’Angers. Au début, les maisons n’ont pas l’eau courante : la cité est alimentée par des bornes-fontaines, plantées au coin des rues, qui distribuent l’eau de la ville. Plus tard, les habitants eux-mêmes équiperont leurs maisons à l’aide de matériaux récupérés plus ou moins clandestinement à l’usine. Pas de W.C. intérieurs non plus ; des W.C. à 4 compartiments avec fosses étanches de 8 m3 sont implantés aux points stratégiques des cités. L’assainissement est assuré par un réseau d’eaux usées.
La cité du Ranzay comporte aussi de grands baraquements, eux aussi de type Bessonneau, aménagés en dortoirs ou en petits appartements de deux pièces, destinés à héberger les ouvriers célibataires.

   Chaque maison est entourée d’un jardinet cultivé généralement avec amour : il fournit une bonne partie des légumes de la famille. Le jardin est entouré de « ganivelles », barrières formées de tiges de châtaignier refendues et reliées par du fil de fer. Souvent, des rosiers à petites fleurs (les roses pompons) ornent la clôture. Les rues qui quadrillent chaque cité portent des numéros, « comme en Amérique ».

   Toutes rudimentaires qu’elles soient, les maisons Bessonneau constituent un véritable petit paradis pour leurs habitants ; beaucoup étaient logés, précédemment, dans de très mauvaises conditions : taudis du quartier du Marchix par exemple. Il s’y développa une vie communautaire très riche, maintes fois étudiée par les sociologues. On s’y connaissait, on s’y entraidait, on s’y rencontrait : les cités avaient leur école, leur église, leur dispensaire, leur terrain de sport, leur Mutuelle d’assurances, leur patronage. Le linge se lavait en commun aux lavoirs des cités, on allait quérir l’eau aux bornes-fontaines communes.

   Les cités des Batignolles ont été détruites au début des années 1970. Déjà, quelques années auparavant, l’usine poussait aux départs : la cité des Castors de l’Erdre (dite aussi du Launay), à quelques centaines de mètres, dont les habitants ont construit les maisons de leurs propres mains, a été fortement encouragée par l’entreprise. De la cité couëronnaise, subsistent une douzaine de maisons dont quelques-unes sont encore habitées. A mesure que leurs occupants les abandonnent (ces logements provisoires ont 80 ans !), la commune de Couëron les supprime.

 
       

Le projet « Ma maison en planches »

  C’est toujours avec beaucoup d’émotion que les anciens des Batignolles évoquent leurs humbles logis, la chaleureuse convivialité qui régnait dans leurs cités. Il y a quelques années, la démolition du vieux dispensaire et du cinéma des cités provoqua un véritable traumatisme dans le quartier, qui voyait les derniers restes de son patrimoine disparaître. Peu après, une grande fête rassemblait, à l’intérieur même de l’entreprise, anciens et amis, pour fêter les 80 ans de l’usine et la mémoire des cités ouvrières. Une idée germa dans l’esprit des habitants et des associations qui animent le Comité de Quartier « Halvêque-Ranzay-Beaujoire : reconstruire près des Batignolles une des vieilles petites maisons pour en faire un lieu de mémoire inclus, pourquoi pas, dans un cheminement où seraient évoquées la riche histoire du quartier, la vie ouvrière, la Résistance. On aurait récupéré une des maisons de Couëron vouées à la démolition, on l’aurait remontée à l’emplacement d’une des cités nantaises. Des idées fusent : reconstituer sommairement un intérieur de l’époque des cités ; exposer des photos, des documents. La petite maison pourrait être aussi utilisée par les jardiniers des Jardins Familiaux voisins.

   L’idée, bien accueillie dans le quartier, a fait son chemin. On ne pourra récupérer grand’chose à Couëron, le temps a fait son œuvre. Il faudra donc reconstruire, à l’identique ; avec la Ville de Nantes, un emplacement a été choisi, là où était la cité Baratte ; plusieurs organismes se disent très intéressés, prêts à aider financièrement : la Ville, des sociétés de H.L.M., la filière bois. Des élèves de l’Ecole du Bois mettent la main à la pâte dans le cadre de leur « D.E.F.I. ».

   L’année 2004 verra-t-elle la renaissance de la petite maison en bois ?