---------- La porte Saint-Pierre ----------

À la fin du 3e siècle, lors de l’édification de la muraille ceinturant la ville, une entrée cantonnée de deux tourelles est percée sur l’axe de la voie reliant Nantes à Angers. À l’époque médiévale, cette enceinte antique est renforcée par un fossé défensif et son emprise est augmentée de 18 à 24 hectares. Toutefois, le tracé antique est conservé à proximité de la porte Saint-Pierre.

L’apparition de la poudre à canon et le conflit entre le duché de Bretagne et le royaume de France poussent la ville à moderniser son système défensif : un boulevard d’artillerie terrassé est aménagé au-devant de la porte et en 1478 la porte Saint-Pierre est entièrement reconstruite. Deux tours massives disposant de nombreuses cannonnières sont également réalisées entre 1477 et 1483 : la tour de l’Evêché et la tour Guy de Thouars.

La proximité du palais épiscopal au nord de la cathédrale, adossé depuis le 13e siècle aux murailles de la ville, explique pourquoi entre 1500 et 1506, l’évêque Guillaume Guéguen choisit d’édifier son logis juste au dessus de la porte de la ville. L’ensemble épiscopal et les fortifications de la ville sont si proches que les travaux d’agrandissement du chevet de la cathédrale nécessitent le recul du mur de courtine au 17e siècle.

En 1909, la porte Saint-Pierre est classée monument historique. L’année suivante, le bâtiment de l’Evêché est démoli et les premières fouilles méthodiques y sont réalisées par le chanoine George Durville. Les vestiges mis au jour seront présentés dans un square archéologique dessiné par l’architecte Etienne Coutan. À partir de 1927 et jusque dans les années 1960, la porte Saint-Pierre abrite le “musée de Nantes par l’image” dont les collections sont aujourd'hui au musée du château des ducs de Bretagne. Entre 2012-2014 des travaux de restauration sont réalisés sur la porte Saint-Pierre et le jardin archéologique est remis en valeur avec notamment le mur gallo-romain et les sarcophages de la nécropole mérovingienne.

C’est certainement par cette porte qu’accédaient les cortèges des hautes personnalités reçues à Nantes.
Ainsi les comptes de la ville gardent trace des différentes dépenses liées à l’entrée en 1548 du roi Henri II et de la reine Catherine de Médicis accompagnant la jeune Marie Stuart reine d’Ecosse promise au dauphin, le futur François II. Ces dépenses sont si conséquentes qu’un émissaire sera délégué à Rennes pour défendre la situation financière difficile de la ville….

FRAC44109_1Fi1198 / La porte Saint-Pierre dessinée en 1910 par Joseph Henri Deverin, architecte en chef des monuments historiques pour le département de la Loire-Inférieure


Archives de Nantes - 2020