Recto-verso :
de Nantes à Rennes

"La goutte de lait" à Nantes...

L’œuvre de la « Goutte de lait » du 2ème canton est créée en 1898 par Alfred Poulain, adjoint au maire et officialisée par l’arrêté préfectoral du 12 novembre 1898. Ses premières recettes réunies grâce à une tombola, elle fournit dès 1899 du lait stérilisé aux enfants pauvres recommandés par des médecins.
Ainsi en juillet 1899, 6 enfants sont nourris contre déjà 19 en octobre de la même année.

En 1900, la « Goutte de lait » distribue 73 595 flacons de lait (1/6 litre) à 110 enfants. Son succès et son effet sur la santé des enfants sont rapides. Dans son rapport annuel, le directeur du Bureau d’hygiène constate déjà une diminution de la mortalité des nourrissons de moins d’un an : 385 en 1898 à 346 en 1899.

La « Goutte de lait » devient aussi quasi-immédiatement un lieu de consultation de nourrissons : « Les enfants sont examinés dès leur entrée, au point de vue de leur constitution et de leur maladie après enquête faite au domicile des parents, concernant la moralité du père et de la mère… ».

En 1904, le Docteur Douillard, Chef du bureau d’hygiène assure trois consultations par semaine, les lundis, mercredis et vendredis.

Considérant l’importance prise par l’institution et son enjeu de santé publique, le maire décide du transfert de l’œuvre de la « Goutte de lait » au Bureau de bienfaisance à compter du 1er novembre 1906 : « Tous les enfants de 0 à 2 ans quels qu’ils soient y sont admis, toutes les mères peuvent y venir chercher l’enseignement des règles de l’hygiène alimentaire du nourrisson ».

Pendant la 1ère guerre mondiale, en mai 1915, la Municipalité Bellamy décide d’assurer elle-même par un service en régie : la pasteurisation et la stérilisation du lait destiné aux œuvres de protection de l’enfance dont la « Goutte de lait », sous le contrôle du directeur du Bureau d’hygiène. La Ville achète alors la laiterie industrielle de M. Brochard, située 12, rue Mercoeur. Cet établissement fournissait déjà la « Goutte de lait ». Parallèlement le maire signe un contrat avec M. Mauras, président du Syndicat des producteurs de lait de Basse-Goulaine pour la fourniture d’environ 50 000 litres de lait par an.


Devenue de moins en moins rentable, la laiterie municipale est fermée en mars 1933. La fourniture et le traitement du lait sont désormais confiés à des sociétés privées, ceci jusqu’à la seconde guerre mondiale. Ainsi, au lendemain de la Libération, l’approvisionnement en lait de la ville s’effectue dans des conditions déplorables résultant des ramassages trop lents par suite de l’insuffisance des moyens de transport, des procédés de traitement et de conservation défectueux et de la pénurie des produits désinfectants. Ce lait de mauvaise qualité est à l’origine d’une épidémie de gastro-entérite qui décime les nourrissons au cours de l’été 1945. La mortalité infantile atteint 24,2 % des naissances et la Municipalité essaie de remédier rapidement à cette situation préoccupante.


Ses sollicitations reçoivent un excellent accueil des Suisses puisqu’en décembre 1945, le « Don suisse » vote des crédits pour la « Goutte de lait » nantaise et envoi un baraquement installé sur le site de la Haute-Forêt et le matériel nécessaire au traitement du lait enfin met à disposition de la ville du personnel spécialisé en charge de la mise en route de l’exploitation.

Afin d’être conforme à la législation communale, l’œuvre voit son statut modifié en mars 1947 et est transformée en régie municipale. L’action de cette goutte de lait est immédiatement bénéfique puisque le pourcentage des décès de nourrissons passe de 24,2 % en juillet 1945 à 3,4 % un an plus tard.

Parallèlement la qualité du lait fourni incite les industriels laitiers à consentir des efforts pour fournir un lait de qualité capable de rivaliser avec celui de la « Goutte de lait ». Ainsi la « Goutte de lait » après avoir redressé une situation sanitaire nettement préoccupante et avoir mis à la disposition un lait sain offrant les plus sérieuses garanties se révèle un élément d’émulation favorable à la qualité de la distribution laitière.

Mais la clientèle de la « Goutte de lait » diminue au fur et à mesure que l’industrie laitière privée s’équipe et parvient à approvisionner en lait de bonne qualité des boutiques ou magasins de plus en plus nombreux.

L’arrêté préfectoral imposant aux industriels laitiers la vente du lait pasteurisé en bouteille à compter de mai 1954, les fournitures de la « Goutte de lait » ne présentent plus désormais aucun avantage sur celles du privé. De plus la nécessaire mise aux normes des installations : l’achat des poinçons pour dater les capsules des bouteilles, le remplacement de la chaudière au charbon vétuste, l’achat d’un nouveau pasteurisateur enfin la suppression du baraquement en mauvais état et son remplacement par un bâtiment en dur sur un nouveau terrain entraîne la décision de suppression de la « Goutte de lait » par le conseil municipal du 20 juin 1955.



> dépliant de la goutte de lait
> lettre du 14 novembre 1898
> lettre du 16 novembre 1899
> commissions des finances du 28 novembre 1900
> budget de 1901
> lettre de M.Martini de 1901
> budget de 1903
> rapport de fonctionnement de 1904-1905
> note de 1905
> rapport de fonctionnement de 1906
> rapport de fonctionnement depuis 1906
> compte moral de 1908
> rapport de fonctionnement de 1908
> compte rendu de 1909
> réglement
> arrétés de la Mairie, 2 juillet 1915
> délibération des conditions de vente, 15 décembre 1916
> délibération des conditions de vente, 21 décembre 1916
> legs Hue
> subventions
> suppression de la laiterie

Archives de Nantes - 2012