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       Dossiers documentaires > Les cimetières nantais > cimetière Miséricorde
         
     
 
     

Louis Marie Mathurin BABIN-CHEVAYE

né à Nantes, le 21 novembre 1824
décédé à Nantes, le 6 avril 1887
mariage à Nantes le 28 juin 1858
époux de Marie Catherine Céline ROQUES

> Par jugement du Tribunal civil de Nantes en date du 31 janvier 1889, il est ordonné que le nom de famille Babin sera désormais désigné : Babin-Chevaye.
> Fils de François Benjamin Babin
et de Camille Renée Chevaye

   

   

Ancien élève du lycée Clemenceau de Nantes
Juge suppléant au Tribunal de Commerce (17 décembre 1862 – 5 décembre 1863).
Juge titulaire au Tribunal de Commerce (5 décembre 1863 – 21 décembre 1865).
Membre de la Chambre de Commerce. Élu le 10 novembre 1866, son mandat est renouvelé le 18 mai 1872, le 16 décembre 1876 et le 23 décembre 1882. Entre-temps, il est élu Président de la Chambre de Commerce le 13 juillet 1875. Il conserve ses fonctions lors des élections du 16 janvier 1877, du 10 février 1879, du 18 mars 1881 et du 30 janvier 1883. Pendant sa présidence, il œuvre pour la création d’un canal maritime latéral à la Loire destiné à la navigation des navires à gros tonnage. Ce canal, dont les travaux commencent en 1882, est inauguré en 1892 par son successeur, M. Rivron.
Membre du Conseil municipal de Nantes du 23 juillet 1865 au 30 avril 1871 (municipalité Antoine Dufour).
Député à l’Assemblée Nationale du 8 février 1871 au 7 mars 1876 (groupe républicain-conservateur).
Membre du Conseil supérieur des colonies.
Industriel, directeur-fondateur des Ateliers et Chantiers de la Loire en 1881.
Président d’honneur de l’Union des Chambres syndicales de Nantes (20 février 1886).

Les obsèques ont lieu en l’église Saint-Louis. Le cercueil est ensuite porté jusqu’au cimetière Miséricorde par des ouvriers des Chantiers de la Loire. Au cimetière, cinq discours sont prononcés par M. Rivron, sous-directeur des Ateliers et Chantiers de la Loire ; M. Edouard Normand, maire de Nantes ; M. de la Billais, député ; M. Le Beau, commissaire de la Marine ; M. Jay, administrateur délégué, directeur général de la Société anonyme des Ateliers et Chantiers de la Loire.

Discours d’Edouard Normand :

La foule triste et recueillie qui a tenu à accompagner à sa dernière demeure celui que nous pleurons est une preuve que la mort de Babin-Chevaye n’est pas seulement un deuil de famille, mais qu’elle est encore un malheur public.
En présence de cette douleur générale, la ville de Nantes ne pouvait rester insensible à une perte si cruelle, et c’est en son nom que j’apporte sur cette tombe encore entr’ouverte l’expression de la profonde tristesse que nous ressentons tous.
C’est que M. Babin-Chevaye n’était pas seulement un esprit distingué, dont les facultés ont été tant appréciées par le commerce nantais, c’était encore un ami sûr, un cœur loyal, un homme de dévouement prodiguant ses services avant de songer à lui-même.
Il avait pu, à force de persévérance et d’études sérieuses, devenir l’un des plus grands industriel de notre pays. Grâce à la patience et à l’énergie qui ne l’ont jamais abandonné, il était arrivé à créer dans le port de Nantes et dans celui de Saint-Nazaire de vastes chantiers de constructions navales qui font la gloire de notre ville, et qui sont une source de richesses pour notre région.
Il avait mis dans cette création toute son intelligence, tout son génie, son âme tout entière et c’est quand le succès couronnait ses efforts que la mort est venue le ravir à sa famille, à ses amis.
Mais Babin n’était pas seulement un grand industriel, c’était encore un grand patriote. Chacun de nous se souvient de son dévouement à la patrie pendant la guerre cruelle de 1870. Membre, alors du conseil municipal et de la défense nationale, il contribua puissamment à l’organisation de la défense dans notre région.
Il se fit, comme député à l’Assemblée nationale, et plus tard comme président de la Chambre de Commerce de Nantes, le défenseur infatigable des intérêts commerciaux et industriels de notre pays. Il poursuivit avec un dévouement sans bornes la réalisation d’une œuvre à laquelle il consacra une partie de son existence : et c’est quand le canal maritime va bientôt relier Nantes avec la mer que la mort nous a ravi celui à qui nous devons l’exécution d’un travail considérable, destiné à ramener la prospérité dans le port de Nantes, et auquel le nom de Babin-Chevaye restera attaché à tout jamais.
Et c’est parce que Babin-Chevaye a rendu à notre cité, pendant sa trop courte existence, des services qui y perpétueront sa mémoire, que j’ai le devoir de dire que sa mort est un véritable deuil public et que nous n’oublierons jamais l’homme de cœur et de dévouement qui consacra son existence à la défense des intérêts commerciaux, industriels et maritimes de notre ville.
Et c’est parce que ce sentiment d’admiration et de reconnaissance est dans tous les cœurs que la ville de Nantes tout entière a tenu à accompagner à sa dernière demeure ce martyr du devoir, afin de rendre hommage à sa mémoire et donner à sa famille déplorée la preuve qu’elle s’associe à sa cruelle et profonde douleur.
Et maintenant que je me suis fait, au nom de notre ville, l’interprète des sentiments de la population nantaise, j’adresse un suprême et dernier adieu à Babin-Chevaye, à cet homme de bien dont le souvenir parmi nous restera éternel !

 

----- Distinctions et hommages publics -----

Officier de la Légion d’Honneur (décret du 17 juillet 1883 rendu sur le rapport du Ministre du Commerce)
Chevalier de la Légion d'Honneur (décret du 20 octobre 1878 rendu sur le rapport du Ministre de l'Agriculture et du Commerce)

Sur le caveau familial, on trouve un portrait en bronze réalisé en 1888 par Charles Le Bourg, sculpteur. Sur une plaque de marbre blanc, scellé à droite du bronze, on peut lire la dédicace suivante :

Louis Marie Mathurin Babin-Chevaye
Président de la Chambre de Commerce
de Nantes
Directeur général des Ateliers et Chantiers
de la Loire
Ancien membre de l’Assemblée Nationale
----------------------
Décédé le 6 avril 1887
dans sa 67 ème année

A Nantes, un boulevard porte son nom depuis la délibération du Conseil municipal du 1er juin 1887  :

Le Conseil municipal tout entier s’associe à la proposition qui lui a été faite. C’est que, en effet, nous avons tous été à même d’apprécier dans M. Babin-Chevaye l’honorabilité la plus parfaite, le patriotisme le plus désintéressé, le dévouement le plus absolu.
Conseiller municipal, membre de l’Assemblée nationale, industriel, Président de la Chambre de Commerce, M. Babin-Chevaye a rendu de très importants services que ne sauraient oublier ses concitoyens.
Nous vous demandons, en conséquence, Messieurs, de décider que la grande rue de la Prairie-au-Duc, à l’une des extrémités de laquelle se trouvent situés les Chantiers de la Loire, dont M. Babin a été directeur, portera désormais le nom de « Boulevard Babin-Chevaye ».

----- Localisation dans le cimetière -----

   

----- Sources -----

1 Z 24 : arbre généalogique de la famille Babin-Chevaye
Acte de naissance : année 1824, 5-6 èmes cantons, acte 560 (1 E 495, 5-6 111V 1824)
Acte de mariage : année 1858, 5 ème canton, acte 103 (1 E 1034)
Acte de décès : année 1887, 6 ème canton, acte 118 (1 E 1737)
Le Phare de la Loire : 8, 9 et 10 avril 1887 (22 PRES 66)
Délibérations du Conseil municipal des 26 mai, 1 er, 7 et 17 juin 1887 (1 BA in8° 18/1887, pages 124, 184, 260 et 274)
Dictionnaire de biographie française, sous la direction de M. Prévost et Roman d’Amat, Librairie Letouzey et Ané, Paris-VI, 1948, tome quatrième (BG in4° 226).
Quinze lieux de mémoire à Nantes, Kahn Claude et Landais Jean, Ouest Éditions et Université Inter-Age de Nantes, 1990
Nantes le Lycée Clemenceau 200 ans d’histoire, Guiffan Jean, Barreau Joël et Liters Jean-Louis, Comité de l’histoire du Lycée Clemenceau de Nantes, Coiffard Librairie-Éditeur, 2008 (BG in8° 1209).