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Camille David Aubin BERRUYER

né à Nantes, le 15 mars 1830
décédé à Nantes, le 28 novembre 1912
mariage à Nantes le 21 novembre 1857
époux d'Hélène Gabrielle HENRY


     

Docteur en médecine
Médecin municipal (1873)
Médecin de la Gendarmerie (1877)
Médecin-major des sapeurs-pompiers (1877)
Médecin inspecteur de l’Assistance publique
Conseiller d’Arrondissement

En 1856, Camille Berruyer est médecin au service médical civil et militaire de l’Ile d’Yeu où sévit une épidémie cholérique.
En 1863, il crée dans son quartier (6 ème canton de Nantes) un service gratuit pour les indigents.
En 1865-1866, il organise un service d’ambulances et d’infirmiers lors d’une épidémie de choléra à Pilleux. Pour cette action, il est proposé pour la Légion d’Honneur. Il reçoit les félicitations du Ministre et du Préfet.
A partir de 1865, il donne les soins aux gendarmes nécessiteux ainsi qu’à leurs familles.
En 1868, lors des élections législatives, il arrête un conflit qui risque de tourner en émeute.
En 1870-1871, il est chirurgien-major et fait le service de la garde nationale, des ambulances et participe à de nombreux conseils de révision. Il soigne les blessés des champs de bataille de Vendôme, Saint-Calais, Saint-Laurent-sous-Bois. Gambetta lui adresse ses félicitations. Depuis cette date, il devient médecin municipal.
En 1880, il sauve un blessé, M. Chevallier, lors de l’incendie de la raffinerie Maussion.
En 1884, il se distingue de nouveau lors d’une épidémie de choléra à Nantes.
En 1885, il sauve deux personnes prises dans un incendie rue du Calvaire.

Les obsèques, célébrées aux frais de la municipalité, sont purement civiles. Le deuil se réunit 42 rue de Gigant, au domicile du défunt. Les cordons du poële sont tenus par M. Paul Bellamy, maire de Nantes ; M. Cotthez, colonel de gendarmerie ; capitaine Boisseau, représentant le commandant des sapeurs-pompiers ; M. Hurst, commissaire central ; M. Guilhet, président de la Société des Employés de Commerce ; commandant Bonneau, des Anciens Officiers de Terre et de Mer.
Au cimetière Miséricorde, un discours est prononcé par Paul Bellamy, maire :

Le maire de Nantes ne peut laisser refermer cette tombe sans dire, au nom de la Municipalité, au nom de la population toute entière, les regrets que laisse après lui l’homme de bien et de dévouement que fut M. Camille Berruyer. Je le ferai très simplement, comme l’eût souhaité celui que je voudrais honorer et qui, se dépensant pour tous en toutes occasions, le faisait toujours avec simplicité, ayant soin d’éviter les grandes phrases et les grands gestes.

Homme politique, major de la garde nationale, puis des Sapeurs-Pompiers, médecin municipal, médecin des pauvres, M. Berruyer montra dans ces diverses fonctions les qualités les plus propres à lui mériter la reconnaissance de ses concitoyens.
Républicain de la première heure, il se mêle avec toute l’ardeur de la jeunesse, tout le feu de convictions vives, au grand mouvement démocratique de 1848 ; il avait alors 18 ans et commençait ses études médicales. Mais, tandis que son inépuisable charité lui créait dans les milieux les plus humbles une popularité qui lui eût permis de satisfaire de légitimes ambitions, il ne voulut retirer de la défense de ses idées que des peines sans profit, sinon sans honneur. Calomnié par ses adversaires, désigné pour la déportation après le 2 décembre 1852, il refusa plus tard la pension des victimes du Coup d’État. Il accepta seulement les mandats de conseiller d’arrondissement et de délégué cantonal, se contentant de la faculté de rendre encore, dans ces postes modestes, des services à ses concitoyens et à sa ville natale.

Chirurgien major de la garde nationale en 1870-1871, il fit gratuitement le service des ambulances et partit à la recherche des blessés sus les champs de bataille de Vendôme et de Saint-Calais.
Médecin major des Sapeurs-Pompiers depuis 1877, il se signala par sa bravoure dans les plus terribles des incendies dont notre génération de Nantais conserve le souvenir, en 1880 et 1885. A ce dernier sinistre, notamment, il sauva deux personnes au péril de ses jours.
Inspecteur de l’Assistance publique, médecin sanitaire, il se distingua pendant deux épidémies de choléra qui sévirent sur notre ville en 1865 et en 1884.

Mais c’est surtout comme médecin municipal qu’il était connu de tous pour son admirable dévouement. Le peuple qui l’aimait se plaisait à citer de lui des traits dans lesquels il est difficile de faire la part de l’histoire et celle de la légende. Mais les légende elles-mêmes ne sont-elles pas dans ce cas un légitime hommage rendu à celui qui a été jugé digne de les inspirer ? Qu’un accident, qu’une catastrophe, qu’un sinistre survint à n’importe quel moment sur un point quelconque de notre ville, les malheureux qui en étaient victimes pouvaient être assurés de trouver pour les relever, pour les soigner, pour les secourir, M. Berruyer qui semblait disposer du pouvoir de se multiplier effectivement pour rendre service à ses amis les prolétaires et les humbles. C’est peu de dire qu’il les soignait gratuitement : il leur payait leurs médicaments et, s’il était besoin, leur fournissait du linge, dont, dans les cas extrêmes, il lui était arrivé de se dépouiller lui-même pour eux. Véritable disciple du docteur Guépin, il était resté l’un des vétérans de cette démocratie nantaise pour laquelle les déshérités sont ceux qui ont droit au plus d’amour.

S’il fut une croix de la Légion d’Honneur dignement et noblement méritée, ce fut bien celle que le Gouvernement de la République accorda en 1903 à M. Berruyer, déjà titulaire de la croix des Ambulances et de plusieurs médailles de sauvetage.
Mais déjà à ce moment, le bon médecin qui avait 72 ans et s’était, au cours de sa longue carrière, dépensé pour tous sans compter, commençait à ressentir les effets de l’âge et de sa charitable activité jusqu’alors infatigable. La perte de sa femme, la mort de son fils survenue en pleine jeunesse au cours d’une opération chirurgicale, furent pour lui des coups dont il ne se remit jamais complètement.
Il lui restait heureusement sa fille, dont les soins affectueux et vigilants purent adoucir les dernières années de cette vie si belle et si bien remplie. Elle-même pleure aujourd’hui. Puisse la sympathie générale dont elle se voit entourée, puissent ses larmes qui perlent à bien des yeux ici dans d’humbles logis, adoucir quelque peu sa douleur.

 

----- Distinctions et hommages publics -----

 Chevalier de la Légion d’Honneur. Au lendemain de l’épidémie de choléra de 1866, il est proposé pour la Légion d’Honneur. Cette demande est de nouveau formulée en 1885, 1887 et 1888. Enfin, elle est prise en considération en 1903. La médaille lui est remise le 9 février 1904 par le colonel commandant la 11 ème Légion de Gendarmerie, devant les brigades en grande tenue.

Médaille commémorative de 1870-1871.

Titulaire de la Croix des ambulances (agent 2 ème classe en 1883 ; agent 1 ère classe en 1888 ; or 1 ère classe en 1888) et de plusieurs médailles de sauvetage.

Une rue de Nantes porte son nom depuis une délibération du Conseil municipal du 14 novembre 1922 :

Il est des hommes dont le nom restera à jamais populaire dans notre ville : leur dévouement, leur abnégation, leur désintéressement, la bienveillance, disons mieux, l’amitié qu’ils témoignent en toute occasion à leurs concitoyens leur ont acquis des droits à la reconnaissance de la population toute entière. Camille Berruyer fut un de ces hommes pour qui rendre un service était devenu un besoin du cœur ; aussi, était-il universellement connu. Mais c’était chez les humbles surtout que l’on bénissait son nom ; il savait venir en aide avec simplicité.
Comme son ami le docteur Guépin, il donnait « aux plus déshérités le plus d’amour ».

Sur sa tombe, sous le médaillon qui le représente, on peut lire la dédicace suivante :

A
Camille Berruyer
Ami
des humbles
et des malheureux
Ses
concitoyens
reconnaissants

 

----- Localisation dans le cimetière -----

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----- Sources -----

Acte de naissance : année 1830, 23 V 56 (1 E 549)
Acte de mariage : année 1857, 6/119 (1 E 1016)
Acte de décès : année 1912, 6 ème canton, acte 284
Police locale : I1 Carton 46 Dossier 15
Le Phare de la Loire : 30 novembre 1912 et 2 décembre 1912 (22 PRES 117)
Le Populaire de l’Ouest : 30 novembre 1912 (5 PRES 51)
Délibération du Conseil municipal du 14 novembre 1922, pages 551-553 (4 BA 51)
La presse industrielle mai 1897, organe des Chambres de Commerce, expositions et concours, Moniteur international, Paris (BG inF° 111)
Quinze lieux de mémoire à Nantes, Claude Kahn et Jean Landais, Ouest Édition et Université Inter-Age de Nantes, décembre 1990 (BG in8° 569)