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Gabriel LAURIOL

né à Morlaix (Finistère), le 20 décembre 1807
décédé à Nantes, rue du Calvaire, le 10 juillet 1889
mariage à Nantes le 23 janvier 1850
époux de Sarah Lucie Anne Hardouin


   

   

----- Biographie professionnelle -----

Armateur et négociant
Adjoint au maire
Conseiller général
Membre du Comité Républicain
Vice-président et Président de la Chambre de Commerce

 

----- Portrait d’un armateur et négociant -----

Issu d’une famille d’Ancien Régime, ayant acquis sa position par le service du roi, ses alliances nobiliaires et le négoce, Gabriel Lauriol, est l’une des grandes figures de la société nantaise du XIXe siècle, tenant un rôle de premier plan dans l’armement et le commerce.

D’abord initié pendant sept ans dans les bureaux de son père, il fait ses armes en tant que capitaine sur les navires de celui-ci. Il dirige notamment « L’Arpenteur », trois mâts naufragé à Pondichéry en 1828, remplacé par un trois mâts encore plus grand, « Mascarenhas », toujours sous sa conduite, qui s’abîme en 1835 devant Saint Nazaire, à son retour de Pondichéry.

Vers 1830, il commence à armer des navires à son compte et réussit à imposer la société dont il prend la suite comme la maison d’armement la plus importante de toutes les maisons nantaises. Celle-ci comptera en effet environ 50 navires de sa fondation en 1820 jusqu’à 1870, pour la grande majorité armés par Gabriel Lauriol. A la mort de son père en 1831, Gabriel Lauriol développe les affaires de la société avec son frère Jean-Victor, jusqu’à la mort de celui-ci en 1854, puis reste seul administrateur de la maison qui prend le nom de « G. Lauriol et Cie ». Deux de ses autres frères, Denis et Joseph prennent part à la société, dans une dimension moindre que Gabriel, en tant que membre du Tribunal de Commerce pour le premier, garantissant la défense des intérêts des négociants, et comme marin puis capitaine au long cours sur les navires de son frère pour le second.

Gabriel Lauriol, suivant les préceptes de son père, navigue sur ses propres navires avant d’en confier le commandement à des capitaines expérimentés et des équipages aguerris. Il ne conserve que des navires d’excellente facture, qui tiennent bien la mer, assurant ainsi la sécurité à ses affaires. Toujours en contact étroit avec ses cosignataires aux colonies, il en connait les besoins qu’il fait en sorte de satisfaire.

Gabriel et Jean-Victor Lauriol affrètent des voiliers affectés au cabotage, à la pêche à la baleine, au commerce avec l’étranger, et font construire des vapeurs : « Il n’est, pour bien dire, pas de genre de commerce maritime que nous n’ayons essayé » (G. Lauriol). En 1837, leur bateau à vapeur « Nantes et Bordeaux » assure le service des messageries et des passagers entre les deux ports, et avec Marseille. D’autres navires à vapeur sont affectés au grand cabotage comme le « Trim » et le « Reine », à destination du Québec notamment, ou au remorquage comme le « Haleur » et l’« Expéditif ».

La réussite de Gabriel Lauriol provient ainsi pour une large part du négoce, de la traite, du commerce du sucre, et de la spéculation (achat et revente de navires avec bénéfice). Si ses débuts comme armateur et négociant coïncident avec la fin de la traite, le répertoire de T.-J.-F. Denis, courtier de navires à Nantes, fait mention de relations fréquentes avec le milieu négrier. En effet, après 1830, une nouvelle forme de commerce commence à s’établir à Nantes : La traite indirecte. Il s’agit pour les armateurs d’envoyer des marchandises sur la côte ou dans un pays étranger sans impliquer directement leurs navires dans la traite. Navires qui sont par la suite vendus, par exemple à Madère, pour cause d’innavigabilité, phénomène spécialement nantais. Ainsi, l’un des navires de Gabriel Lauriol, Le Vagabond, est inscrit au répertoire des expéditions négrières françaises à la traite illégale en 1830. Dans les observations, il est noté que ce bâtiment de 150 tonneaux, placé sous les ordres du capitaine Damoiselle, appareille de Nantes le 5 octobre 1830 pour Tampico au Brésil. Or, il est vendu le 24 novembre 1830 à Madère, six semaines seulement après son départ. L’auteur des observations s’interroge donc sur la réalité d’une destination déclarée si « fantaisiste ».

Néanmoins, le sucre reste l’activité la plus importante de la compagnie, ce qui explique le tonnage des navires (en 1860 il arme 3 373 tonneaux), et la destination des expéditions : Bourbon, Batavia, la Côte Coromandel aux Indes…

On peut citer certains de ses nombreux navires pour leur exemple de longévité, qui témoigne de la qualité des bâtiments, et les différents points de naufrage qui donnent un apperçu de leur parcours, notamment dans l’Océan Indien:

« Brave-Lamoricière », trois mâts de 268 tonneaux, construit à Nantes en 1838, 21 campagnes (Bourbon, Maurice, Guadeloupe, Indes, Batavia…) ;
« Fénelon », trois mâts de 237 tonneaux, construit à Nantes en 1838, naufragé à Madagascar le 26 juillet 1841 ;
« Fraternité », 21 campagnes ;
« Robert-Péel », 5 campagnes, naufragé à Sumatra en 1856 ;
« Lucie-Mathilde », naufragé sur la côté d’Afrique 1874 ;
« Mille-tonnes », 6 campagnes, 736 tonneaux, totalement perdu à la Pointe-des-Galets (Réunion) en 1874 ;
« Couronnement », 3 mâts de 1 154 tonneaux, le plus grand de tous leurs navires (1).

(1) Autres navires : « Adolphe », « Artilleur », « Athénaïs », « Auffrédy », « Canal », « Eléphant », « Goa », « Jean-Victor », « Liberté pour Tous », « Lise », « Madame-Récamier », « Marie-Virginie », « Noémie », « Pénultième », « Pur-Sang », « Sarah », « Seïd-Saïd », « Souvenance »…

Gabriel Lauriol porte la compagnie à son point culminant entre 1850 et 1875. Puis jusqu’à sa mort en 1889, il se désengage progressivement de ses activités d’armateur et de négociant.

Notable cultivé, curieux et précurseur, Gabriel Lauriol adhère à diverses sociétés, comme la Société Nantaise d’Horticulture, fondée en 1828, dont il devient actionnaire dès 1829, ou la Société Industrielle, qu’il intègre en tant que membre en 1832. Il éprouve aussi un vif intérêt pour le sport, alors essentiellement développé en Angleterre, et notamment les courses hippiques. Dans ce cadre, il devient membre de la Commission de la Société des Courses de Nantes en 1855. Egalement propriétaire d’une écurie, ses jockeys sont reconnaissables à leur casaque violette et leur toque noire.

Grâce aux bénéfices de sa compagnie, Gabriel Lauriol achète en 1858 le « Parc du Tertre », propriété de 20 hectares, composée d’une maison principale, de bâtiments de service et de trois fermes. Entre 1858 et 1889, il y fait édifier un château moderne (propriété de la ville de Nantes depuis 1960, actuel siège du laboratoire Géolittomer), entouré selon les sources de 1870 et 1889 d’un parc anglais, d’avenues et de pelouses. Selon l’inventaire fait après son décès, on y trouve un piano palissandre qui envahit le salon. Des cabinets de toilette jouxtent presque toutes les chambres, dans lesquels on trouve des bassins en zinc, des séchoirs, et autres tables de toilette…Un secrétaire en cerisier, une commode en acajou au dessus de marbre, une garde robe, forment quelques autres pièces du luxueux mobilier. Et surtout, la salle de billard, les motifs chinois, la profusion du bronze et du damas marquent la singularité du salon de son appartement. Enfin, trois juments composent l’écurie, qui comprend, en outre, un landau, un coupé, un omnibus, un petit duc, et de nombreux harnais.
En plus de sa propriété du Tertre, Gabriel Lauriol est aussi propriétaire d’un appartement au 27, Rue du Calvaire, où il réside la plupart du temps, d’un jardin rue Haute-Roche et d’une parcelle de pré à la Prairie de Mauves.

Les différents recensements offrent un aperçu de la composition du foyer. Outre la famille, un certain nombre de domestiques assurent l’intendance de la maison: cocher, cuisinière, femmes de chambre, bonnes d’enfant. Et pour assurer l’éducation de ses filles, les préceptrices étrangères se succèdent, la plupart du temps d’origine allemande ou anglaise et protestantes suivant l’inclination de sa femme.

A la mort de Gabriel Lauriol en 1889, sa fortune est estimée à près d’un million de franc, composée essentiellement de titres, d’actions (dans les chemins de fer autrichiens, le télégraphe de Paris à New-York…), d’obligations (dans les chemins de fer du Nord, d’Orléans ou Ottomans, Paris, Marseille, Nantes, Russie…), et de ses propriétés.

 

 

----- L’avènement d’un républicain modéré -----

Qu’ils soient hommes politiques ou journalistes avec lesquels il entretenait une relation suivie, souvent les contemporains de Gabriel Lauriol ont décrit cette figure charismatique, s’imposant par des écrits et des propos engagés et virulents :

« G. Lauriol avait une grosse influence à Nantes. Il représentait la haute bourgeoisie républicaine, celle que les réactionnaires même n’osaient pas attaquer. Mais il avait trop conscience de sa valeur, et dans ses relations, il tenait ses collègues à distance avec une morgue déguisée qui ne plaisait pas à tout le monde. Très patriote, d’une grande droiture et d’une réelle indépendance d’opinion, écrivant dans les journaux des lettres d’une facture originale, il était l’une des personnalités les plus en vue du parti libéral » - P. Eudel – Membre et secrétaire du Comité Républicain.

« Un des types les mieux réussis de l’arrogante bourgeoisie de 1830, qui a bien pu supplanter la noblesse, mais qui n’a pas réussi à la faire oublier…un vrai de Broglie, républicain en miniature, pour sa morgue du grand seigneur…très à l’aise dans son salon et à la Bourse, où il se sent dans son élément. Un peu gêné dans le monde…de ses électeurs. Quoi que M. Lauriol fasse, il ne réussira jamais à se faire passer pour un démocrate sérieux et convaincu. Il n’en sera tout au plus que la contrefaçon » - Th. Le Gourrierec – Journaliste.
En 1869, Gabriel Lauriol fait son entrée en politique en tant que président du comité Paradol (2).
Il est l’un des membres fondateurs du Comité Républicain de Nantes qui voit le jour en 1870, au sein duquel il sera très actif jusqu’à la dissolution du groupe en 1884. Pour ce qui concerne ses affaires, il offre l’image du parfait libéral et n’hésite pas à prôner la non intervention de l’Etat, au contraire de ses confrères négociants qui font d’ordinaire appel à la protection de celui-ci : « Toute tentative de protection sera nuisible à la marine marchande. La liberté seule peut la sauver. ». Alors qu’en Angleterre et en Amérique « une idée est aussitôt mise en pratique que conçue », « l’habitude où nous sommes d’être entravés…exerce sur notre moral une influence…il est certain que nous concevons lentement, que nous exécutons de même. » (G. Lauriol)

(2)Lucien-Anatole Prévost-Paradol (1829-1870), journaliste politique et essayiste. L’un des principaux représentants de l’opposition libérale au second empire.

Dans la sphère politique il s’affirme néanmoins en tant que républicain modéré. P. Eudel qualifie d’ailleurs le républicanisme du comité auquel il appartient de « sincère et ferme mais modéré ». Selon lui, «Les armateurs, gros négociants, notabilités nantaises, entendaient tenir à distance l’élément populaire. Autant une question de personnes et de castes qu’une question de principes politiques. ». Il explique que le comité visait à rester avant tout « le comité du juste milieu ».

Formé à l’origine pour proposer une liste de candidats aux élections législatives, le comité avait pour but le maintient et la propagation des idées républicaines. Cette liste pour laquelle Gabriel Lauriol est nommé, est arrêtée par le Comité, et publiée par le Phare de la Loire, journal officiel du groupe, le 9 octobre 1870. Mais, après décision du président Gambetta les élections sont suspendues.

Par la suite Gabriel Lauriol se distingue par plusieurs propositions au sein du comité, et aussi par ses nombreuses critiques à l’encontre du gouvernement Gambetta qui selon lui n’est pas à la hauteur de ses prétentions pendant la guerre avec la Prusse :

Suite à une lettre parue le 8 novembre 1870 dans le Phare de la Loire et dans laquelle les « dames de France » lancent un appel à la charité publique pour équiper les soldats, lettre à laquelle il répond vivement dans le Phare dès le lendemain, Gabriel Lauriol propose l’émission de bons du trésor pour permettre au gouvernement de se procurer les ressources manquantes afin de constituer une armée digne de ce nom face aux prussiens.

De même, le 23 novembre 1870, après l’échec de la levée d’hommes, il monte une nouvelle fois aux créneaux  accusant le général Morin, à qui cette charge incombait, d’être incapable d’exécuter les ordres sur ce point.

A cette même période, dans le cadre de la défense nationale et en soutient au gouvernement, le comité décide de proposer Gabriel Lauriol au poste de «commissaire civil muni des pleins pouvoirs les plus étendus, qui sera nommé par la délégation de Tours dans le département de la Loire-Inférieure, avec mission de faire exécuter, sous sa responsabilité personnelle, tous les décrets du gouvernement relatifs à la défense du pays et à l’organisation des gardes nationales mobilisées ». Le 26 novembre 1870, le Phare de la Loire publie l’article « L’œuvre du Comité Républicain » dans lequel Lauriol fait un exposé sévère des fautes et abus de l’administration. Il fustige les fonctionnaires « agents indolents et apathiques », « foule de formalistes qui ne peuvent admettre que les choses puissent s’exécuter sans mille entraves, mille retards, admissibles peut-être dans un temps où le premier soin était de procurer une occupation quelconque à une myriade de créatures portant titre de fonctionnaires… », « débris, glorieux débris, si l’on veut, mais débris néanmoins », parle d’« errements », d’« entraves, retards et mauvais vouloir », qui ralentissent le redressement national, et même Gambetta qui se laisse « trop dominer par certain entourage qui, loin de vouloir faire marcher les choses, ne cherche peut-être qu’à les entraver ». Il qualifie encore son incapacité de « dangereuse » et ses erreurs d’« impardonnables ». La marine elle aussi est visée pour son « inaction », son « inertie », son « indifférence », et son « manque d’initiative ». Une marine qui « n’a rien fait, rien tenté depuis le commencement de la guerre », dans des « promenades sur les côtes prussiennes », avec des « chefs prudents », et dont « la pensée dirigeante n’a pas été à la hauteur de la mission qu’elle avait à remplir ». Il refusera finalement le poste de commissaire permanent, bien qu’étant arrivé en tête aux élections.

Alors que les prussiens marchent sur la France et avancent vers Nantes, le comité émet le vœu d’organiser « la défense de Nantes et de l’Ouest» et demande la nomination d’un chef militaire, le général de Kératry, et d’un commissaire général, poste pour lequel Gabriel Lauriol est une fois encore proposé. Celui-ci conseille alors aux membres de la délégation partant le 16 décembre 1870 porter le projet au gouvernement à Bordeaux : « Si M. Gambetta ne veut pas donner à l’Ouest les moyens de se défendre qu’on le menace de proclamer la République de l’Ouest ». Une fois sur place, le 19 décembre, les hommes de la délégation donneront cette description de Gabriel Lauriol: « Un homme d’une grande énergie, en pleine possession de la confiance et des sympathies publiques ». Mais le conseil ne donne pas suite à la demande du comité.

Le 17 janvier 1871, Gabriel Lauriol attaque une nouvelle fois la marine française dans une lettre envoyée au gouvernement et publiée par le Phare de la Loire, sous le titre « Inaction de la marine française ». Il y signale la présence d’un corsaire allemand sur nos côtes, fait déplorable qui témoigne de l’incapacité des chefs supérieurs qui ne sont « pas à la hauteur de leur mission » et qu’il accuse « par faiblesse, incurie, ou encore pis, de n’avoir pas fait tout ce qu’ils auraient pu faire ».

Le 29 janvier 1871 alors qu’un décret annonce un armistice pour permettre la constitution d’une nouvelle Assemblée Nationale, Gabriel Lauriol s’oppose à la contribution du comité pour ces élections. Il prône « l’abstention », qui serait « une protestation contre un traité honteux ». Mais finalement une liste provisoire de 12 candidats à la députation est constituée par le comité, Lauriol en tête avec 43 voix pour 46 votants. Le comité considère alors qu’il vaut mieux reformer une nouvelle Assemblée et un nouveau gouvernement pour relever la France que de continuer la lutte.

Le comité se fixe alors un programme, qui sera voté mais pas publié, portant sur les grands principes que les membres souhaitent défendre, et notamment l’instruction laïque. Gabriel Lauriol s’élève contre ce terme de « laïque » dangereux, susceptible d’effrayer la campagne. Pour lui il ne faut pas donner « d’armes » à « leurs ennemis ». Après avoir refusé en partie le programme, demandé la suppression du remplacement militaire, et s’être élevé contre l’interdiction pour les corporations religieuses de s’adonner à l’enseignement public, accusant les membres anticléricaux du comité de vouloir « la liberté pour eux et pas pour les autres », Gabriel Lauriol renonce à ses voix.

Pourtant, il revient dans la course et le 8 février 1871 apparaît sur la liste pressentie diffusée par le Phare de la Loire, puis aux résultats des élections sur la liste « liberté électorale » avec les personnalités les plus en vue et les plus modérées, la liste bourgeoise du juste milieu, la liste des amis de l’ordre. Il affirme ainsi sa modération face aux membres plus radicaux, et soutient l’Assemblée et le pouvoir en place au moment de la Commune.

Le 23 juin 1871 en réponse aux attaques du Phare sur la difficulté de créer des écoles laïques à laquelle le conseil municipal dont il est membre ne semble pas donner priorité, freiné par le problème des fonds insuffisants et des locaux, il rétorque : « Dites au Phare de demander une augmentation des impôts sur le vin ». Il refuse alors les réductions dans le budget pour d’autres postes, ce qui provoque une altercation avec le directeur du Phare, Mangin, qu’il met au défit de trouver des réductions à faire et accuse de « légèreté ».

Le 24 novembre 1871, il propose un texte réécrit en faveur de la grâce des insurgés condamnés par les conseils de guerre, envoyé au Président et à la Commission des Grâces.

Enfin, Gabriel Lauriol affirme souhaiter la fusion de différents comités de la ville (Cercle Franklin, Union Démocratique), et propose de se réunir une fois par mois pour discuter des questions graves de politique générale : « Faisons des réunions amicales pour causer et nous entendre », « il est essentiel que nous nous connaissions les uns les autres et qu’il n’y ait pas des aristos d’une part, des va-nu-pieds de l’autre ».

En dehors de ses activités au comité, Gabriel Lauriol tient un rôle important au sein du conseil municipal en tant qu’adjoint au maire de 1870 à 1881 :

1870-1871 : Adjoint au maire Waldeck-Rousseau
1871-1872 : Adjoint au maire Leloup
1873 : Conseiller municipal sous Waldeck-Rousseau
1874-1881 : Adjoint au maire Lechat, élu pour le 5e canton

Gabriel Lauriol est notamment nommé adjoint chargé des travaux publics. C’est lui qui se charge, à la demande du maire Charles Lechat, d’acquérir le Champ de Manœuvres et d’aménager la propriété du Petit Port. Les travaux d’extension du site du chemin de fer créant des nuisances pour les chevaux militaires, et Nantes étant devenue une ville de garnison importante, un nouveau site doit être trouvé. Il présente alors un projet d’acquisition des terrains du Petit Port le 11 mai 1875 à la municipalité qui l’adopte, permettant d’accueillir les militaires et les courses de chevaux. L’hippodrome trouve alors le site qui l’héberge de nos jours. Gabriel Lauriol, de sa propriété du Tertre toute proche peut suivre l’évolution des travaux d’aménagement au jour le jour. De plus, il participe à la création avec E. Orieux, agent-voyer en chef, du boulevard qui enveloppe Nantes de la rive droite.

Le 2 octobre 1871 Gabriel Lauriol est choisi comme délégué pour l’élection du conseil général. Elu, il reste conseiller général pendant 10 ans pour le 5e canton.

Enfin, il assure des fonctions importantes au sein de la Chambre de Commerce de Nantes en tant que vice-président de 1865 à 1868 et président en 1869 et 1870.


----- Distinctions et hommages publics -----

Chevalier de la légion d’honneur, distinction justifiée selon ses contemporains par  « La popularité que lui assurent ses opinions républicaines, l’estime dont il jouit, le crédit de sa grande situation, de sa fortune, de son honorabilité… », geste qui ne fait que « lui rendre justice », « acte politique excellent ». Gabriel Lauriol appartient selon eux aux « hommes d’ordre sur lesquels dans des moments critiques on peut sûrement s’appuyer ».

Quatre distinctions honorifiques (1870 conseiller municipal, 1871 conseiller général, 1870-1878 adjoint au maire) conservées aux Archives Départementales de Loire-Atlantique à Nantes.

Boulevard dénommé le 12 août 1901 (ancien boulevard du Petit Port).
Plaque à la mairie de Nantes commémorant la proclamation de la république le 4 septembre 1870, citant Gabriel Lauriol comme adjoint.

 

----- Localisation dans le cimetière -----

   

----- Sources -----

ARCHIVES MUNICIPALES

Etat civil :
Acte de mariage : 1 E 878 (n°10)
Acte de décès : 1 E 1776 (n°153)

Listes électorales :
1 K 12 (1885-1889)
1 K 9/2 (1875-1884)
1 K 7/1 (1865-1874)
1 K 5 (1851-1856)
1 K 1 (1846-1847-1848)

Listes de recensement :
1 F 167
1 F 161
1 F 155
1 F 149
1 F 141
1 F 130
1 F 118

Presse

Obsèques :
L’Espérance du Peuple : 11 juillet 1889 Avis de décès (9 PRES 2), 12 juillet 1889 Etat civil
Le Progrès de Nantes et de la Loire-Inférieure : 11 juillet 1889 Nécrologie, 12 juillet 1889 Etat Civil et 13 juillet 1889 Obsèques et discours (8 PRES 17)
Le Phare de la Loire : 12 juillet 1889 Etat civil

Articles :
Le Phare de la Loire (22 PRESSE 33 / 22 PRESSE 34)
Le Phare de la Loire – Lettre d’Amélie Crémieux au nom des dames de France, 8 novembre 1870
Le Phare de la Loire – Lettre de Gabriel Lauriol en réponse à la lettre des dames de France, 9 novembre 1870
Le Phare de la Loire – L’œuvre du comité républicain par Gabriel Lauriol, 26 novembre 1870
Le Phare de la Loire – Inaction de la Marine française par Gabriel Lauriol, 17 janvier 1871

Elections :
Le Phare de la Loire (1 k5 – 1851-1856) / (1 K3 – 1840)
Le Phare de la Loire, élections législatives, 6 février 1871 et 8 février 1871

Livres 

Vie de l’armateur et négociant :

1 PER 116
PETRE GRENOUILLEAU Olivier, « Pour une étude du milieu maritime nantais entre les fins XVIIIe et XIXe siècles – Le cas Lauriol », Enquêtes et documents, 3e trimestre 1990, n°17, p.47-78.

1 PER 98
« Les relations maritimes et commerciales de Nantes avec l’Océan Indien au milieu du XIXe siècle », Bulletin de la Société Archéologique et Historique de Nantes et de Loire-Atlantique, tome 84, Nantes, 1944-1945, p.36-87.

BG in 8°240
Sous la direction de BOIS.P, « Histoire de Nantes », collection univers de la France et des pays francophones, série histoire des villes, Toulouse, 1977, p.326.

BG in 8°564
DAGET Serge, « Répertoire des expéditions négrières françaises à la traite illégale (1814-1850) », Nantes, 1988, p.536.

1 PER 116
DAGET Serge, « Armateurs nantais et trafic négrier illégal : Une histoire sans petite boîte verte », Nantes-Afrique-Amérique, tome III, Enquêtes et documents tome XIII, Candé, 1987, p.97

1 PER 98
DURIVAULT G., « Contribution à l’étude de l’Armorial des armateurs nantais de diverses époques, noms et lectures d’armes », tome 84, 1945, p 14

BG in 4°665
CEBRON DE LISLE Xavier, « Des chevaux dans la ville, 170 ans de courses à Nantes », Nantes, 2004, p.47-58.

« Almanach du Commerce de Nantes et du département de Loire-Inférieure », articles capitaines-négociants, navires, tribunal de commerce, pour toute la période d’activité.

Vie de l’homme politique :

BG in 16°128
EUDEL Paul, « Le Comité Républicain de Nantes 1870-1874 », Niort, 1903.

BG in 4°170
PERTHUIS Alexandre, DE LA NICOLLIERE-TEIJEIRO S., « Livre doré de la ville de Nantes ».

BG in 16°73
BRUNSCHWIG Léon, « Souvenirs d’un vieux nantais – 1808-1888 », Nantes, 1888

4 BA 30
Délibération du Conseil municipal du 12 août 1901, p. 379, concernant la dénomination de rue.

ARCHIVES DEPARTEMENTALES

7 R 4 16 à 25
Registres des inscriptions maritimes

7 R 4 37 à 50
Entrées et sorties des bâtiments de commerce

7 R 4 56 à 81
Armement

7 R 4 1107 à 1112
Capitaines

21 U 409
Série justice - Président du Tribunal de commerce

I M 230
Distinctions honorifiques 4 pièces

AUTRES

http://geolittomer.univ-nantes.fr
http://www.ghcaraïbe.org
http://www.hipponantes-courses.com


 

FAMILLE LAURIOL

La famille Lauriol serait originaire de Carcassonne dans le Languedoc. Cependant, les liens entre les Lauriol languedociens, guadeloupéens, bretons et nantais, ne sont pas encore clairement établis. Si l’on retient l’hypothèse d’une origine commune, les liens commencèrent probablement à se distendre vers la fin du XVIIe siècle.

Premières mentions des Lauriol aux Antilles en 1692 ou François réside. Il y sert le roi comme capitaine de la Compagnie de la lieutenance colonelle du régiment de Saint-Pierre en Martinique et commandant de la partie française de l’île Saint Martin (au moins de 1717 à 1731).

Celui-ci aura trois enfants dont deux fils Thomas I (1693 Fort-Royal, Martinique-1745 Trois Rivières, Guadeloupe) et Charles (1700 Le Mouillage, Martinique -1755 Basse-Terre) qui s’installent à la Guadeloupe voisine et y fondent une lignée qui va subsister jusqu’à la fin du XIXe. Charles est établi à Basse-Terre. Tous les deux sont négociants et il est possible qu’ils possèdent une exploitation.

Thomas II, fils du précédent, (1727 Trois-Rivières, Guadeloupe – 1792 Saint-Malo) est à l’origine de la branche bretonne de la famille. Il s’implante en Bretagne entre 1752, date à laquelle il suit sa tante maternelle mariée avec le chevalier Moro de La Fauvelière, originaire de Combourg, et 1769, date de son mariage à Dol de Bretagne. Entre 1773 et 1777 il est cité comme capitaine, commandant le quartier des Trois-Rivières en Guadeloupe.

Thomas III, son fil né le 23 avril 1770 à Loutehel (Ille et Vilaine), s’établi à Nantes. D’abord capitaine dans la marine, et prisonnier de guerre à Plymouth il est libéré le 27 décembre 1799. Il est nommé capitaine au long cours à Saint-Malo le 2 ventôse an VIII. La guerre qui bouleverse les données maritimes et son mariage le 20 prairial an VIII le poussent à se reconvertir. Son épouse Jeanne-Françoise Duquesne lui apporte un double héritage : administratif et bourgeois du côté paternel, terrien du côté maternel. Sa mère, Jeanne-Victoire Audren de Kéryven appartient à l’une des familles nobles les plus en vue du Léon. Son père, Denis, reçu docteur en médecine à Reims exerce à Morlaix. Il y devient membre du conseil municipal en 1792, maire en 1795, président de l’administration municipale en 1797 et sous préfet en septembre 1800. Thomas III devient alors sous l’Empire percepteur des contributions à Morlaix. Il est aussi signalé comme mandataire général et spécial de l’armateur Jean Despécher Jeune. En 1810 il effectue son dernier commandement effectif dans la marine. Et en 1815 Thomas III arrive à Nantes où il devient percepteur des contributions et capitaine au long cours. En 1820 il débute dans l’armement et dispose d’un mandataire : son beau-frère, le commis négociant Victor Duquesne. Il arme alors son premier navire, La Confiance, brick de 208 tonneaux, construit à Nantes, vendu après une campagne en 1822 à Bourbon. En 1820 et 1821 il est nommé juge suppléant au Tribunal de Commerce. En 1821 il apparaît comme assureur particulier de navires pour des sommes de 3000 à 4000 francs. Il détient ¼ dans un brick de 162 tonneaux baptisé « Gaston ». En 1822 il est inscrit comme négociant Quai de la fosse. En 1822 et 1823 il est nommé juge au Tribunal de Commerce, et membre de la Chambre de Commerce. Enfin en 1825 on trouve mention de la construction à Nantes de son premier grand navire, le « Quos-Ego », qui effectuera 35 campagnes, commandé par 10 capitaines de 1825 à 1859. Il acquiert aussi le « Courrier du Golfe » qu’il rebaptise l’Arpenteur, commandé par son fils Gabriel. Thomas III décède le 23 novembre 1831.

>>> Fratrie :

Denis :
Né le 28 germinal an IX, (18 avril 1801), à Morlaix.
Décédé le 7 janvier 1866, à Nantes (1E 1188).
Marié le 14 mars 1832 à Jeanne Geneviève Manuelle Bourgeois, à Nantes (1 E 570) (Gabriel est cité comme témoin, négociant, demeurant rue de la Fosse).
Capitaine au long cours et propriétaire (liste électorale 1 K 5 a/ 1 K 5 b).
Membre de la Commission Administrative de la Société des Régates Nantaises.
Membre de la Chambre de Commerce de Nantes (Le Breton 25 septembre 1838 pour l’élection et mention dans Le Breton 8 décembre 1838).

Jean Victor
Né le 4 brumaire an XIII, (26 octobre 1804), à Nantes (1 E 606).
Décédé le 9 janvier 1854, à Nantes (1 E 964).
Marié le 12 novembre 1836 à Marie Mathilde Aglaé Garnier, à Nantes (1 E 606)
(Gabriel témoin du mariage, négociant, demeurant Quai de l’île Gloriette).
Négociant (recensement 1 F 90 a / 1 F 90 b, liste électorale 1 K 5 a/ 1 K 5 b).
Participe à la Société avec Gabriel jusqu’à son décès.
Membre de la Commission Commerciale : lettre au maire Ferdinand Favre pour le dégrèvement en faveur des sucres exotiques (Lettre du 7 novembre 1838 parue dans Le Breton le 15 novembre 1838).
Démissionne de sa fonction au Tribunal de Commerce (mention dans Le Breton 10 novembre 1838)

Joséphine Virginie
Née le 6 novembre 1809, à Saint Pol-de-Léon, Finistère.
Mariée à Nantes le 19 juillet 1831 à Joseph Emile Sageran, ancien officier de marine, propriétaire, domicilié de droit à Clairac (Lot-et-Garonne), et de fait à Nantes, rue Gloriette, maison Métois (1 E 560).
(Gabriel témoin du mariage, commis négociant, demeure quai de la Fosse chez son père)
Décédée en 1869 (Clairac ?).
Le 8 juin 1833, Marie Virginie Marre veuve de Joseph Lauriol fait donation entre vifs à sa nièce de la propriété "Tenue Fabré" dite autrefois "le Mocq Bailly" ou "le Petit Château Gaillard", à Nantes, 64 rue de la Bastille ». Celle-ci consiste en « une maison de maître, les fondations d'une autre maison, trois borderies et leurs logements, terrasse, plusieurs jardins, bosquets, pièce d'eau, terres labourables, prés et autres." En échange sa nièce doit « laisser à la mère de sa tante la jouissance pendant sa vie des deux chambres qu'elle habite dans la dite campagne, et de lui servir jusqu'à son décès une rente annuelle et viagère de 2.000 francs, payable par semestre à la Saint-Jean et à Noël, en espèces métalliques d'or ou d'argent. »

Joseph Jean Marie Louis :
Né le 30 mars 1811 à Saint Pol de Léon.
Marié à Marie Zélie Maureau.
Décédé à Saint-Molf (Loire-Atlantique)
Marin de 1826 à 1844, la navigation de commerce le conduit à Cayenne (1827), Bourbon, Maurice, aux Indes (1829 et 1844), à la Nouvelle Orléans (1844). Tous ces voyages au départ de Nantes et souvent sur des navires de son frère Gabriel pour le commerce du sucre.
Nommé Capitaine au long cours le 3 mai 1845 à Lorient.
Propriétaire à Saint-Molf en 1866.

Hippolyte Amédée
Né le 15 février 1813 à Morlaix.
Décédé le 12 juillet 1891, à Trois Rivières (Guadeloupe), enterré dans le cimetière familial de l’exploitation.
Marié à Etiennette Aure Antonia Augustor.
Cultivateur aux Abymes, commune de Guadeloupe et négociant à Pointe-à-Pitre.
Installé en Guadeloupe en 1831 à la mort de son père. En 1837 il achète la propriété de la Sapotille, caféière au quartier des Trois-Rivières. L’exploitation est décrite en ces termes : « des bâtiments et ustensiles d’une valeur de 9 475 F, les terres comprenaient onze carrés et demi, les plantations 3 200 pieds de café, un carré un quart de manioc soit 15 barils de farine. Récolte du café estimée à 750 F. 23 esclaves travaillaient sur l’exploitation. Valeur totale de 37 360 soit une petite exploitation ». Dans "Antoine Fuët, corsaire d'empire", André Nègre décrit, en 1963, La Sapotille où Fuët et sa jeune épouse passe leur lune de miel au XIXe siècle (pp. 173-174) : « C'est encore une très belle demeure, avec de grandes dépendances (...). Devant la façade, trois énormes manguiers multi-centenaires portent les cicatrices des bancs qui, autrefois, étaient fixés dans leurs flancs (…) L'admirable panorama qu'on a sur l'archipel voisin des Saintes, dont certaines falaises paraissent améthyste et dont l'émeraude des collines enferme, dans des pinces d'un littoral très découpé, les nappes bleues d'un Océan qui devient ici Caraïbe.» Le cimetière se trouve au pied des manguiers.

Auguste
Né à Nantes le 8 janvier 1819 (acte de naissance 1 E 449).
Décédé à Nantes le 23 octobre 1819 (acte de décès 1 E 455).

>>> Descendance :

Son unique fils Gabriel Théodore né à Nantes le 13 octobre 1851 décède à l’âge de 3 ans et demi le 04 juin 1855 (acte de naissance 1 E 891 / acte de décès 1 E 983).

Lucie née à Nantes le 31 juillet 1853, mariée à Emile Arsène Planteau de Maroussem, industriel belge (acte de naissance 1 E 931 n°248).

Hélène Mathilde née à Nantes le 08 octobre 1854, mariée à Albert François Marie Cartenson, docteur en médecine à Paris (acte de naissance 1 E 950 n°386).

Hélène Constance née à Nantes le 2 août 1861 et décédée le 10 octobre 1861 (acte de naissance 1 E 1084 / acte de décès 1 E 1093).

Alice née à Nantes le 23 décembre1862 et décédée le 30 novembre 1942, mariée à Achille Say le 21 août 1888 (acte de naissance 1 E 1103 n°472 / acte de décès 1 E 2662 n°520).