L'administration

Portrait du directeur Georges Tournié, 2 R 675

Le théâtre municipal de Nantes est subventionné par la mairie. Bien que ce ne soit pas une obligation - comme le rappelle le décret impérial de 1864, le Grand Théâtre bénéficiera toujours, excepté entre 1870 et 1875, d'une aide financière de la ville.

Dans les premières années du XIXème siècle, alors qu'elle peine à rembourser l'emprunt fait pour reconstruire le Grand Théâtre, la municipalité rechigne à voter la subvention théâtrale ; le ministère de l'Intérieur passe systématiquement outre et alloue 15 000 francs au directeur. Le montant oscille entre 15 et 30 000 francs jusqu'aux années 1840. En 1842, lorsque la ville souhaite remplacer la subvention numéraire par des avantages en nature (prise en charge des frais de gaz et des salaires des machinistes, du peintre décorateur et du concierge), c'est l'émeute lors de l'ouverture de la saison ; le conseil municipal finit par céder.

La question du montant de la subvention est récurrente jusqu'à la Première Guerre mondiale ; nombre de directeurs renoncent au poste faute d'argent pour terminer la saison. En 1887, le directeur Louis Paravey écrira dans sa lettre de démission :

"À mon entrée en fonctions, j’ai trouvé deux théâtres [Graslin et Renaissance] manquant presque de tout, même du nécessaire. Il m’a fallu tout reconstituer. Grâce à la coopération et au dévouement de mes trois chefs de service, le régisseur, le costumier et le chef machiniste, j’ai pu à force de soins arriver à donner aux ouvrages que j’ai montés une interprétation digne d’une grande ville. Malgré la supériorité des recettes de cette année sur celles des années précédentes, j’arrive à la fin de la saison lyrique avec un déficit considérable. […] Le maximum des recettes étant obtenu, je ne puis avec la subvention restreinte dont je dispose courir au devant d’une perte certaine. Si la subvention était encore de 120 000 francs soit 20 000 francs de plus pour chacune de mes saisons lyriques, j’aurais, non l’espoir de réaliser un bénéfice, mais la quasi-certitude de ne pas perdre d’avantage, tout en faisant aussi bien.

Différents modes d'exploitation théâtrale existent :

Entre la Révolution et la Première Guerre mondiale, ce sont plus de soixante dix directions qui se succèdent à la tête du Grand Théâtre de Nantes. L'ensemble des dossiers des directeurs sont conservés : ils renferment des documents relatifs aussi bien à l'administration du théâtre (lettres de candidatures, arrêtés de nomination, correspondance, pièces judiciaires en cas de litige) qu'à la gestion de la troupe (tableaux de troupe, contrats d'engagement, procès-verbaux des scrutins des débuts, certificats médicaux, états des paiements), aux représentations (rapports de police journaliers) ainsi que les pièces comptables.

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