La société d'artistes

Les faillites répétitives des directeurs laissent fréquemment la troupe d'artistes à l’abandon au beau milieu d’une saison. Dans l’impossibilité de s’engager ailleurs en cours de campagne théâtrale et confrontés au chômage, les artistes décident le plus souvent, en accord avec la mairie, de se constituer en société afin de terminer la saison. Ils reprennent à leur compte l’exploitation théâtrale dans les mêmes termes que le directeur démissionnaire. C'est alors la société d'artistes dans son intégralité qui s'engage financièrement, et non plus uniquement le directeur. En 1848, les artistes acceptent même de ne recevoir comme appointement qu’un minimum alimentaire de 100 francs « sans distinction de genre ni d’emploi » afin de maintenir financièrement le théâtre.

Ce mode d'exploitation par une société d'artistes a lieu à de nombreuses reprises : c’est le cas en 1797, 1798 (Sévin), 1812, 1817 (Brice puis Jausserand), 1822-1823, 1827 et 1829-1830 (Mainvielle), 1831-1832 (Charles, Roche et Dumonthier), en partie en 1839 (Roux), 1843-1844 (Vautrin), 1848 (Roche), 1869 (Solié), 1870 (Barbe et Léon), 1874-1875 (Frespech, Longpré et Francis), 1886-1888 (Paravey), 1890 et finalement en 1896 (Nerval).

Projet de société des artistes de la saison 1829-1830

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