Un public encadré

Arrêté contre les cannes et les bâtons, 1820, I1 carton 52 dossier 2

Les entrées dans la salle de spectacle sont règlementées. Voici quelques extraits des polices de la salle de l'an III, de 1806 et 1832 (cote 1 BA in 8°1).

Les règlements de la police des spectacles sont également extrêmement précis sur la circulation à l'extérieur du théâtre. Les cochers doivent déposer "les personnes en voiture au pied du grand escalier du perron de la salle, et [prennent] rang immédiatement dans la rue Molière, en s'y rendant par la rue Corneille". Interdiction formelle de stationner sur la place Graslin. À l'heure de la sortie du spectacle, "le cocher le plus avancé dont le maître ne serait pas prêt à partir, sera obligé de défiler par la place Graslin, pour aller prendre son rang à la queue de la file."

Tout trouble du public est naturellement exclu. Les représentations ont systématiquement lieu en présence de commissaires de police et de gardes. Chaque séance fait l'objet d'un rapport du commissaire de service. L'ensemble de ces rapports journaliers de police sont conservés dans le fonds 2 R pour la période 1896-1909 (2 R 664 à 676).

Extrait d'un rapport de service du commissaire de police, 1898, 2 R 666, extrait

Autre sujet d'inquiétude récurrent pour les autorités : les prostituées. Plusieurs règlements restreints leur accès à certains places dans le théâtre : "les filles publiques et femmes portées sur les registres des Commissaires de police à la colonne des suspects et gens sans aveu, comme "favorisant la débauche", ne pourront occuper, dans l'enceinte des deux Spectacles de cette Commune, que les six premières secondes loges à gauche en entrant, et leur enjoint de s'y comporter avec décence, sous peine d'être arrêtées sur-le-champ, et punies suivant toute la rigueur de la Loi" (arrêté du 26 nivôse an IV).

Cinquante ans plus tard, des spectateurs se plaignent au premier adjoint de "ces demoiselles [qui] ont envahi toutes les baignoires, faisant des couloirs des lieux de rendez-vous ; [...] ces nymphes enhardies par le succès, [qui] font aujourd'hui l'ornement des premières loges" (26 janvier 1855, idem), voisinage peu moral pour leurs femmes et filles.

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