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| Dossiers documentaires > Le Tour de France 1957 : Nantes ville-départ | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Au lendemain du Tour 1956, Nantes pose sa candidature pour devenir, l’année suivante, ville-départ du 44ème Tour de France. En effet, à partir de 1951, le départ n’est plus donné depuis la capitale mais depuis des villes de province voire de l’étranger : Metz (1951) ; Brest (1952) ; Strasbourg (1953) ; Amsterdam (1954) ; Le Havre (1955) et Reims (1955). En réalité, les organisateurs avaient déjà essayé cette solution en 1926 avec la ville d’Evian. A l’époque, il s’agissait pour eux de dynamiser le Tour : « Au lieu de lancer ses coureurs à l’assaut des Pyrénées après leur avoir imposé le parcours d’un ruban de route allant de Paris à Bayonne en passant par Le Havre, Cherbourg, Brest, Nantes, Les Sables d’Olonne, Bordeaux, il les a tout d’abord conviés à exercer leurs talents dans les Alpes, dans le Jura, dans les Vosges et sur les dures voies pavées du Nord. On se plaignait naguère du peu d’intérêt qu’offrait le Tour avant les étapes des Pyrénées et on disait que les coureurs ne faisaient rien pour se débarrasser les uns les autres avant Bayonne : en les faisant partir d’Evian, on leur a donné l’occasion de se distancer dès le début de la course, laquelle, de ce fait, devrait être beaucoup plus disputée et surtout l’être dès le début » (Le Phare de la Loire du 21 juin 1926). En août 1956, M. Wermelinger, organisateur du Tour, rencontre la municipalité nantaise pour engager les premiers pourparlers. La date du 27 juin est déjà avancée et l’on parle, pour cette première étape, d’un parcours Nantes-Le Mans ou Nantes-Rennes. La décision se précise lorsqu’au cours du conseil municipal du 9 novembre, les élus acceptent les clauses du cahier des charges. M. Auzanet, adjoint aux Sports chargé de suivre le dossier, en présente le fonds : « En 1948 et en 1953, l’arrivée à Nantes d’une étape du Tour de France cycliste avait rencontré près des sportifs nantais un accueil enthousiaste. Nous avons voulu à nouveau donner à notre population la possibilité de revoir les vedettes du cyclisme dont la renommée est mondiale, en même temps que nous avons pensé à favoriser notre commerce local qui profiterait au maximum de la présence de nombreux services du Tour de France cycliste ». |
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Il est décidé de confier l’organisation du départ et de toutes les manifestations accessoires au Comité des Fêtes de Nantes, présidé par M. Delrue. Afin de l’aider dans sa tâche, on lui associe deux membres de l’Administration municipale ainsi que plusieurs fonctionnaires chargés notamment du contrôle financier, des représentants des sociétés cyclistes nantaises et de la presse locale. |
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Le cahier des charges est définitivement adopté trois semaines plus tard. Celui-ci repose sur cinq critères : A-
Conditions financières B-
Caravane publicitaire C-
Organisation technique D-
Cérémonie de départ E-
Publicité Le
15 février 1957, la Ville reçoit du Commissariat général
du Tour de France le rapport d’étape fixant les clauses d’organisation.
En 14 pages, tous les points techniques sont abordés : |
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dispositions pour le départ |
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b)
Cérémonial de départ c)
Départ réel |
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Parcs de stationnements des véhicules - Signalisation
Le
point d’orgue des cérémonies est naturellement la
réunion de gala au Vélodrome Petit-Breton accompagnée
de la présentation des coureurs. |
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A
l’arrivée, le podium est formé par Koblet, Godeau
et French. Suite à la course, le public peut enfin découvrir
et applaudir les vedettes du Tour. Chaque coureur est présenté
individuellement tandis que chaque équipe, nationale ou régionale,
accomplit un tour d’honneur. |
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En fin de soirée, les vedettes de la caravane publicitaire, dont les célèbres « Frères Jacques », font entendre leur tour de chant habituel. Le lendemain, des spectacles sont offerts par la caravane du Tour sur la place Neptune et sur l’Ile Gloriette. De son côté, la Presse est reçue par le Comité Inter-professionnel des Vins d’origine du Pays Nantais. Une réception est réservée aux journalistes au château de Clisson qui sont invités ensuite à visiter les selliers privés pour y déguster les crus locaux et les mets régionaux. Dans
le programme des festivités, on peut noter également un
événement unique destiné aux philatélistes.
En effet, pour la première fois, Nantes se voit attribuer le cachet
spécial illustré de ville-départ. Ce cachet sera
apposé notamment sur une série de cartes postales éditées
par les organisateurs qui ont fait appel à l’artiste Charles
Blanc : « L’organisation philatélique met cette carte
en vente au prix de 100 francs les 27 et 28 juin à la « Hutte
Nantaise », place du Pilori, seul point de vente choisi à
Nantes pour la diffusion des ces souvenirs officiels. En même temps,
le jeu complet des 23 cartes, portant chacune le cachet spécial
des 22 étapes est mis en souscription au prix de 2.000 francs,
prix comprenant l’envoi sous pli recommandé. Cette année,
pour la première fois, deux villes étrangères viennent
également apposer leur cachet sur les souvenirs du Tour : Charleroi
et Barcelone. Ce fait nouveau et le tirage très limité des
jeux complets de souvenirs doit assurer un très grand succès
à leur souscription » (La Résistance de l’Ouest,
22-23 juin 1957). |
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Le départ du Tour devant le Château des Ducs «
En choisissant la « Duchesse Anne » et le château comme
cadre de départ, on a fait preuve d’un goût excellent
puisqu’on donne ainsi la toile de fond rêvée à
la Télévision, au cinéma ou à la photo, en
même temps que l’on met en valeur un beau site nantais »
(L’Éclair, jeudi 27 juin 1957). |
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La
première étape mène le peloton à Granville
où André Darrigade, échappé avec 9 autres
concurrents, décroche le maillot jaune. Au terme des 22 étapes,
c’est Jacques Anquetil qui obtient la victoire finale. Pour une
première participation, il signe son arrivée dans le peloton
« d’un coup de maître ». |
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Le droit à l’information : la guerre à l’image |
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Si
la presse locale permet de découvrir le départ du Tour France
depuis Nantes, elle met parfois l’accent sur des événements
inattendus. C’est le cas en particulier du conflit qui oppose les
Organisateurs du Tour aux responsables de la Télévision
française.A la Une du Journal la Résistance de l’Ouest
des 22-23 juin 1957, un titre fait sensation : Le Tour de France cycliste
ne sera pas télévisé… à la suite d’un
désaccord entre la R.T.F. et les organisateurs : « La Radiodiffusion-Télévision française a le regret de faire connaître qu’elle ne retransmettra pas cette année le Tour de France en télévision. Contrairement à ce qui a pu être publié à ce sujet, le différend qui l’oppose aux organisateurs du Tour ne porte pas sur une question d’argent, mais sur une question de principe : celle du droit à l’information déjà soulevé, on s’en souvient, à l’occasion des Jeux Olympiques de Melbourne par l’ensemble des télévisions mondiales et des agences de presse filmée. |
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La
R.T.F. pense qu’en matière de télévision, elle
doit être traitée par les fédérations, organisateurs,
clubs, groupements, etc… comme elle l’est en matière
de radiodiffusion sonore et comme le sont toutes les formes de presse
écrite et photographique. Elle estime que dans le cas présent,
le public a le droit d’être informé d’une manifestation
publique utilisant de façon privilégiée le réseau
routier national, aussi rapidement et complètement qu’il
l’est par le moyen de la presse écrite ou radiophonique.
La R.T.F. n’a demandé aux organisateurs du Tour de France
que l’accès à l’information, et n’admet
pas d’avoir à payer un droit pour faire suivre l’événement
par ses reporters cameramen. |
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