Placée sous la responsabilité du chef de bataillon Roland Jehan, l’exposition était située dans deux salles différentes : la salle d’accueil des groupes et la salle dite des Trois Cheminées.
Dans le premier espace, deux pôles d’intérêt pouvaient retenir le public :
- Le film réalisé par l’adjudant-chef Dian ;
- Trois vitrines regroupant d’abord des objets prêtés par des Nantais ; l’aviation durant la Première Guerre mondiale et enfin la tenue et les décorations du général Audibert, officier supérieur durant la Première Guerre mondiale, résistant pendant la Deuxième Guerre mondiale (arrêté et déporté à Buchenwald) puis député en 1945-1946.
Dans cette salle des Trois Cheminées, une exposition didactique était répartie en quatre séquences :
- Les évolutions du casernement militaire à Nantes ;
- La conscription et la vie des unités stationnées à Nantes jusqu’à la Première Guerre mondiale ;
- La Seconde Guerre mondiale, les centres d’instructions et les états-majors ;
- Les projections extérieures et le rôle de la réserve.
Les visiteurs découvraient sur place des panneaux explicatifs, des mannequins en tenues d’époque et plusieurs vitrines présentant des documents originaux et des objets militaires.
Quelques pièces exceptionnelles étaient présentées. Il s’agissait notamment de deux dessins originaux du Château des Ducs réalisés en 1700 et 1714, les deux drapeaux du 65ème régiment d’infanterie et du 3ème régiment de dragons et, enfin, les deux décorations reçues par la Ville de Nantes en janvier 1945, des mains du général De Gaulle : l’Ordre des Compagnons de la Libération et la Croix de Guerre.
L’exposition a été inaugurée le 21 mai 2010 par le général de corps d’armée Marengo, commandant la place de Nantes, et par M. Jean-Marc Ayrault, député-maire de Nantes. Entre le 22 mai et le 4 juin, ce sont plus de 2.500 personnes qui se sont déplacées. Pour aiguiser la curiosité du public, un questionnaire avait été élaboré autour du thème de l’armée à Nantes. Toutes les réponses se trouvaient naturellement dans les vitrines, sur les panneaux ou encore dans le film.
Parmi ces nombreux visiteurs, il faut noter le déplacement du général d’armée Elrick Irastorza, chef d’état-major de l’armée de terre, le 29 mai 2010, venu présider la dernière prise d’armes à Nantes - cours Saint-André – marquant la dissolution du 22ème bataillon d’infanterie de marine et le départ définitif des militaires de la garnison nantaise.


Arthur III de Richemond

Né au château de Suscinio, à proximité de Vannes, le 24 août 1393
Décédé à Nantes le 26 décembre 1458
Fils de Jean IV, duc de Bretagne, et de Jeanne de Navarre

En 1414, Charles VI, roi de France, fait appel aux services d’Arthur pour combattre les Anglais. Après le siège d’Arras, les troupes d’Arthur se dirigent vers Paris en octobre 1414. Devenu propriétaire des terres de Jean II l’Archevêque, favorable aux Anglais, il doit guerroyer pour prendre possession de son bien.
En août 1415, les troupes d’Henry V débarquent en Normandie. Engagé dans la bataille, Arthur de Richemont, blessé, est fait prisonnier à Azincourt en octobre 1415. Il reste enfermé en Angleterre pendant 5 ans. En 1420, il est transféré à la Tour de Londres avant de quitter l’Angleterre en septembre 1420. Toujours prisonnier, il assiste à la prise de Meaux et à l’entrée triomphale d’Henry V à Paris. La mort du roi d’Angleterre permet à Arthur de retrouver sa liberté.
En avril 1423, il négocie les termes de son mariage avec la duchesse de Guyenne, veuve du dauphin Louis et sœur du duc de Bourgogne, Philippe le Bon.
Suite à la défaite française de Verneuil, il est nommé connétable de France par Charles VII le 7 mars 1425.. Les sièges de Saint-James de Beuvron et des Bas-Courtils près du Mont-Saint-Michel, se soldent, pour Arthur, par deux échecs. Il perd sa pension de connétable et doit se contenter de mener des batailles sans grande ampleur militaire autour de Parthenay et de Fontenay-le-Comte. Mais l’avancée des Anglais sur Laval, Le Mans et Orléans joue en sa faveur. Il rejoint les troupes de Jeanne d’Arc à Beaugency. A la tête des troupes françaises, il bat les Anglais à Patay.
Entre 1429 et 1457, il chasse les Anglais de Normandie et d’une partie de la Guyenne et de Gascogne.
En 1434, il lève les sièges de Laon et de Beauvais. En 1435, ses troupes s’installent à Saint-Denis. Dans l’optique de reprendre Paris, Charles VII le nomme, le 8 mars 1436, lieutenant général pour l’Ile-de-France, la Normandie, la Champagne et la Brie.
Le 15 avril 1436, les Anglais capitulent. En 1442, il remporte une nouvelle victoire en Guyenne et Gascogne. Suite à son deuxième mariage avec Jeanne d’Albret, il retourne en Bretagne. Il se marie une troisième fois en 1445 avec Catherine de Luxembourg.
La mort de son neveu Pierre II, duc de Bretagne, le 22 septembre 1457, fait d’Arthur de Richemont le nouveau duc de Bretagne. Il conserve ce titre jusqu’au 26 décembre 1458, jour de son décès.


Pierre Jacques Etienne CAMBRONNE

Baptisé à Nantes le 26 décembre 1770
Décédé à Nantes le 29 janvier 1842

Le 2 janvier 1781, Pierre Cambonne entre au collège des Oratoriens où il suit ses études jusqu'à l’âge de 18 ans. Employé dans un commerce de drap à Guérande, il s'engage le 26 septembre 1791 dans le 1er bataillon des Volontaires de Loire-Inférieure. Il quitte l'armée en décembre 1792 avant de réintégrer "la Légion Nantaise" en juin 1793. Nommé sergent, il combat pour la pacification de la Vendée avant de gravir tous les grades de la hiérarchie militaire. Devenu capitaine, il s'embarque pour l'expédition d'Irlande en 1796. Il rejoint l'armée des Alpes où il se distingue à la bataille de Zurick en 1799. Colonel à Iéna, puis major en 1811, et enfin général en 1813, il participe successivement aux campagnes d'Espagne et de Russie avec la Grande Armée. En 1814, il devient major de la Garde impériale puis, suite à l'abdication de Napoléon, commandant militaire de l'Ile d'Elbe. Il débarque avec l'Empereur en 1815 avant d'être fait prisonnier par les Anglais à Waterloo en juin 1815.
Accusé de conspiration, il est jugé le 16 avril 1816 par le Conseil de guerre. Cambronne est acquitté à l'unanimité et considéré comme réformé sans traitement. Louis XVIII le nomme gouverneur de Lille en 1820. De retour dans sa ville natale, il meurt à Nantes en 1842. Six ans plus tard, la Ville inaugure une statue sur le cours qui porte aujourd'hui son nom.

> Décorations et titres
Dans la Légion d'Honneur : membre le 14 juin 1804 ; officier le 16 janvier 1807 ; commandeur le 6 avril 1813 ; Grand Officier le 1er avril 1815
Pair de France le 2 juin 1815
Chevalier de l'ordre civil et militaire de Saint-Louis le 17 août 1822
Baron d'Empire le 4 juin 1810
Comte d'Empire le 1er avril 1815
Vicomte le 17 août 1822

> Sources
Notice sur le général Cambronne à l’occasion de l’inauguration de sa statue sur le cours Napoléon à Nantes, docteur Priou, Busseuil, Nantes, 1848, 5 pages (BG br 427)
Cambronne, sa vie civile, politique et militaire, Léon Brunschwicg, Imprimerie Vier, Nantes, 1894, 386 pages (BG in 8° 164)


Emile Henry MELLINET

Né à Nantes le 1er juin 1798
Décédé à Nantes le 20 janvier 1894

Il entre en service en 1813 et devient, à l’âge de 15 ans, lieutenant dans les gardes nationales de la Loire-Inférieure. En 1814, il est nommé sous-lieutenant dans l’armée active au sein du 88ème régiment d’infanterie de ligne. Durant les deux campagnes de France, il est d’abord blessé lors de la bataille de Paris le 30 mars 1814, puis au blocus de Metz le 14 juillet 1815.
En 1823, il participe à la campagne d’Espagne où il reçoit une nouvelle blessure lors du siège de Saint-Sébastien.
Le 6 février 1828, il passe dans la Garde royale avant d’être licencié avec le brevet de capitaine. Il est placé dans le 14ème régiment d’infanterie légère le 16 décembre 1830 puis est nommé chef de bataillon au 35ème régiment d’infanterie de ligne le 27 août 1839. En 1840, il prend le commandement du 3ème bataillon de chasseurs à pied.
Entre 1841 et 1851, il enchaîne 11 campagnes en Afrique. Promu lieutenant-colonel au 41ème régiment d’infanterie le 16 octobre 1842, il passe le 15 mars 1846 au 1er régiment de la Légion étrangère avec le grade de colonel. Durant cette année 1846, il fonde Sidi-bel-Abbès et y commande la subdivision à partir du 1er janvier 1848.
Général de brigade le 2 décembre 1850, il commande, à partir du 15 février 1851, la 2ème brigade d’infanterie à Lyon. Le 23 novembre 1851, on lui ajoute le commandement de la 1ère subdivision de la 6ème division militaire.
Le 22 mai 1855, il est appelé au commandement provisoire de la division d’infanterie de la Garde impériale à l’Armée d’Orient. Un mois plus tard, il est nommé général de division. Pendant la campagne de Crimée, il participe à la bataille de Malakoff en 1855. Il y est blessé le 8 septembre 1855, touché à la joue.
De retour en France, il devient inspecteur du 1er arrondissement d’infanterie, puis inspecteur des troupes de la division actives et des dépôts de la division active. Mais dès 1859 il repart en campagne, en Italie. Il participe à la bataille de Magenta et aux affaires de Ponte-Nuevo, Ponte-Vecchio et Buffalora. En 1863, il est placé dans la section de réserve et est nommé commandant supérieur des Gardes nationales de la Seine le 23 octobre 1863.
Napoléon III le nomme au Sénat le 15 mars 1865, il démissionne de son commandement des Gardes nationales le 15 septembre 1869. Il garde son portefeuille de sénateur jusqu’en 18... L’Empereur le nomme ensuite Grand Maître du Grand Orient de France (1865-1870) en remplacement du général Magnan (à Nantes, il faisait partie de la loge « Mars et les Arts »).
Les obsèques du général Mellinet ont lieu le mercredi 23 janvier 1894 en l’église Notre-Dame-de-Bon-Port. Il est inhumé au cimetière Miséricorde de Nantes.

> Décorations françaises
Légion d’Honneur : Chevalier le 8 août 1847 ; Commandeur le 7 janvier 1852 ; Grand-officier le 16 juin 1856 ; Grand Croix le 17 juin 1859, suite à la bataille de Magenta.
Médaille de Sainte-Hélène
Médailles commémoratives de Crimée et d’Italie
Officier de l’Instruction publique

> Sources
A la mémoire du maréchal de Mac Mahon et du général Mellinet : discours prononcé à la cathédrale de Nantes, le 17 mars 1894 par le chanoine Gouraud, Société française de secours aux blessés militaires des armées de terre et mer, Mellinet, Nantes, 1894, 31 pages (1 BA br 173)
Des lieux de mémoire : les quinze cimetières de Nantes par BELLANGER (André), KAHN (Claude), LANDAIS (Jean), Ouest Editions, Nantes, 1990, 233 pages (BG in 8° 569)


Marie-Alphonse BEDEAU

Né à Vertou le 19 août 1804
Décédé à Nantes le 29 octobre 1863

Alphonse Bedeau entre au collège de La Flèche en 1817 puis à l'École militaire de Saint-Cyr le 29 octobre 1820. Il en sort le 1er octobre 1822 avec le grade de sous-lieutenant d'état-major.
Le 1er octobre 1828, il est nommé lieutenant aide-major puis capitaine le 12 juillet 1931.
Il participe aux campagnes de Belgique de 1831 et 1832 où il est décoré le 16 janvier 1833.
En 1836, il devient chef de bataillon à la Légion étrangère et part pour l'Algérie. Promu lieutenant-colonel le 11 novembre 1837, il participe aux expéditions de Sétif, octobre 1838 et mai 1839).
Le 4 décembre 1839, il obtient le grade de colonel. Lors de l'expédition de Cherchell, il est blessé à deux reprises.
Le 27 mai 1841, il est nommé maréchal de camp et mis à la disposition du gouverneur général de l'Algérie.
Suite à la bataille d'Isly, en 1844, il est nommé lieutenant général (16 juillet 1844) puis commandant supérieur de la province de Constantine. Il participe encore à l'expédition de Bougie en 1847.
Avec le départ du général Bugeaud, il est nommé gouverneur général d'Algérie par intérim (29 juin - 6 octobre 1847) puis il est remplacé par le duc d'Aumale.
De retour en France, il commande en février 1848 des troupes chargées de rétablir l'ordre. Il accepte de devenir le représentant de la Loire-Inférieure à l'Assemblée constituante (23 avril 1848). Il en devient vice-président. Il est ministre des Affaires étrangères du 29 juin au 17 juillet 1848. Le 13 mai 1849, il est élu député de la Seine.
Opposé au coup d'État du 2 décembre 1851, il est arrêté et mis à la retraite. Il se retire en Belgique avant de revenir à Nantes en 1859, suite à son amnistie générale.
Il consacre la fin de sa vie aux pratiques de la religion et aux œuvres d'assistance et de charité.
Il s'éteint à l'âge de 59 ans, en son domicile, rue Sully. Ses obsèques ont lieu le 30 octobre : un office est célébré à l'église Saint-Clément avant que le corps du défunt ne soit emmené au cimetière de la Bouteillerie.

> Décoration et titres
Dans la Légion d'Honneur : chevalier en 1833 ; officier en 1840 ; commandeur en 1842 ; Grand Officier le 8 août 1847.

> Sources
Des lieux de mémoire : les quinze cimetières de Nantes par BELLANGER (André) ; KAHN (Claude) ; LANDAIS (Jean), Ouest Editions, Nantes, 1990, 233 pages (BG in 8° 569)
Général Marie-Alphonse Bedeau, article de TROCHU (Xavier) dans Les Annales de Nantes et du Pays nantais, revue de la société académique de Nantes et de la Loire-Atlantique - devient NEPTUNA au n° 300 (1PER100), 4ème trimestre 2007, n°302, p.32 et 33 (1 PER 100/302)


Christophe Louis Léon JUCHAULT de LAMORICIERE

Né à Nantes le 5 février 1806
Décédé à Prouzel le 10 septembre 1865

Élève à l'école Polytechnique de 1824 à 1826, il intègre l'école d'application de Metz pour en sortir dans le Génie. Lieutenant puis capitaine en 1830, il participe à l'expédition d'Alger. En 1833, il devient chef de bataillon des zouaves, corps nouvellement créé. Connaissant la langue arabe, il est placé à l’Institution de bureaux arabes. En octobre 1835, il combat le lieutenant Abd el-Kader et prend la ville de Constantine. Devenu lieutenant-colonel en décembre 1835, il est promu colonel en novembre 1837. Le 21 juin 1840 il est nommé maréchal de camp et obtient le commandement de la division militaire d’Oran. Il est promu général de division le 9 avril 1843. En 1845, Bugeaud lui confie le gouvernement intérimaire de la colonie.
De retour en France, il entre dans la vie politique. Il devient député de la Sarthe en 1846. En mars 1848, il est nommé membre de la commission de Défense nationale. Il accepte le poste de ministre de la Guerre en 1848 (juin-décembre 1848) et obtient plusieurs fois la vice-présidence de l’Assemblée législative. Durant cette période, il participe à l’écrasement des journées insurrectionnelles de juin 1848.
Opposé au prince président, il est arrêté après le coup d'état du 2 décembre 1851 et enfermé à Ham. Banni, il est exilé à Bruxelles. En avril 1860, il prend le commandement des troupes pontificales à Rome. Jugée dangereuse par les généraux italiens, son armée est anéantie à Castelfidardo.
Il décède dans son château de Prouzel, près d'Amiens (Somme), à l'âge de 59 ans.

Son cénotaphe, inauguré le 29 octobre 1879, se trouve dans la cathédrale de Nantes.

> Décorations
Commandeur de la Légion d'Honneur en 1844

> Sources
Oraison funèbre du général de la Moricière prononcée dans la cathédrale de Nantes le mardi 17 octobre 1865 par l’évêque d’Orléans, Paris Ch. Douniol Libraire – Orléans A. Blanchard Libraire, 1865, 55 pages (BG br 794)
Histoire du tombeau du général de la Moricière élevé dans la cathédrale de Nantes, artcile de J.-B. Russon dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Inférieure, année 1942, pages 4-11 (1 PER 98/82)
Le général de la Moricière à Nantes et en Anjou, article de G. Halgan dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Inférieure, année 1947, pages 8-16 (1 PER 98/86)
Le mausolée du général Lamoricière, article de Jane-Marcelle Delahaye, dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de la Loire-Inférieure, année 1974, pages 145-165 (1 PER 98/113)
Le monument du général de Lamoricière à Nantes, article d’Antoinette Le Normand-Romain, dans 303 La revue des Pays de la Loire, 3ème trimestre 1988, pages 76-88 (1 PER 81/18)

Archives municipales de Nantes - 2010